PEINES AFFLICTIVES
grandeur ce qui leur manquait en justesse. Il faut dépenser moins de peines contre les délits qui attaquent les biens, afin de pouvoir en dépenser davantage contre les délits qui attaquent la personne. Les premiers sont susceptibles de dédommagement, les autres n'en admettent pas du même genre. Le mal des délits contre la propriété pourrait se réduire à peu de chose, au moyen des caisses d'assurances ; tandis que tout l'or du Potose ne saurait rappeler à la vie une personne assassiaée, ni calmer les terreurs répandues par le crime. Mais la question n'est pas si un code pénal est plus ou moins sévère: c'est une mauvaise manière d'envisager le sujet. Tout se réduit à juger si la sévérité de ce code est nécessaire ou ne l'est pas.
n serait cruel d'exposer même des coupables à des souffrances inutiles ; ce qui serait une conséquence des peines trop sévères : mais ne serait-il pas encore plus cruel de laisser souffiiir les innocents ? et tel est pourtant le résultat des peines, si elles sont trop douces pour être efficaces.
Concluons que la variété des peines est ime des perfections d'un code pénal, et que plus la recherche de ces moyens répugne à une âme sensible, plus il faut que le législateiu' soit pénétré d'humanité pour remporter cette victoire sur lui-même. Sangrado, qui ne savait ordonner que la saignée, était-il plus doux qu'un Boerhaave, qui consultait toute la nature pour découvrir de nouveaux remèdes ?