‹ Traités de législation civile et pénale;Chapitre 229 sur 299 · PEINES CAPITALES · texte numérisé non relu

PEINES CAPITALES

\va moyen qiii tient de si près à rhonneiu-, il faut une attention scnxpuleuse à la position particulière des individus.

Peines capitales.

Plus on examine la peine de mort, plus on est porté à adopter l'opinion de Beccaria. Ce sujet est si bien discuté dans son ouvrage, qu'on peut se dispenser de le traiter après lui. Ceux qui veident voir d'un coup d'œil tout ce qu'on peut dire pour et contre n'ont qu'à parcourir la table des qualités qu'on doit chercher dans les peines. ( Voyez ch. vi. )

D'où peut venir la fui-eur avec laquelle on a prodigué cette peine ? C'est im eifet du ressentiment qui se porte d'abord vers la plus grande rigueur, et d'une paresse d'esprit qui fait trouver dans la destruction rapide des coupables le grand avantage de n'y plus penser. La mort ! toujoiu's la mort ! cela ne demande ni méditation de génie, ni résistance aux passions. Il ne faut que s'abandonner pour aller jusque-là d'un seul trait.

Dira-t-on que la mort est nécessaire poiir ôter à im assassin le pouvoii- de réitérer ses crimes ? Mais il faudi-ait, par la même raison, faire péiii' les fi'énétiques, les enragés, dont la société a tout à craindi'e. Si on peut s'assui'er de ceux-ci, poiu-quoi ne poiu'rait-on pas s'assurer des autres ? Dira-t-on que la mort est la seule peine qui puisse l'emporter sur certaines tentations de commettre un homocide ? Mais ces tentations ne peuvent venir que d'inimitié ou de cupidité. Ces deux passions ne doivent-elles pas par leur propre nature redouter l'humiliation, l'indigence, et la captivité plus que la mort ?

J'étonnerais les lecteiu's si je leur exposais le code pénal d'xme nation célèbre par son himianité et par ses lumières. On s'attendrait à y trouver la plus grande proportion entre les déhts et les peines : on y verrait cette proportion continuellement oubliée ou renversée, et la peine de mort prodiguée pour les délits les moins graves. Qu'en anive-t-il? la douceur du caractère national étant en contradiction avec les lois, ce sont les mœurs qui triomphent, ce sont les lois qui sont éludées : on multiplie les pardons, on ferme les yeux sur les délits, on se rend trop difficile sur les témoignages; et les jurés, pour éviter im excès de sévérité, tombent souvent dans im excès d'indulgence. De là résidte im système pénal incohérent, contradictoire, imissant la violence à la faiblesse, dépendant de Thumeur d'un juge, variant de circuit en cii'cuit, quelquefois sanguinaii-e, quelquefois mû.

Les législateurs anglais n'ont point adopté ce genre de peine si bon à tant d'égards, remprisonnement joint au travail. Au heu

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