PEINES SIMPLEMENT RESTRICTIVES
Un crimiiiel, après avoir achevé son terme dans les prisons, ne doit point être rendu à la société sans précaution et sans épreuve. Le faire passer subitement d'un état de surveillance et de capti-sàté à une liberté illimitée, l'abandonner à toutes les tentations de l'isolement, de la misère, et d'une convoitise aiguisée par une longue privation, c'est un trait d'insouciance et d'inhumanité qui devrait enfin exciter l'attention des législatem's. Qu'ariive-t-U à Londres quand on vide les galères de la Tamise ? Ces malfaiteurs, dans le jubilé du crime, se ment sur cette grande ville comme des loups qui, après un long jeûne, se trouvent placés dans ime bergerie : et jusqu'à ce que tous ces brigands aient été ressaisis poirr de nouveaux délits, il n'y a point de sûi'eté dans les grandes routes, ni même la nuit dans les rueS de la métropole.
Peiiies pécuniaires.
Passons aux peines pécuniaires : elles ont le triple avantage d'être susceptibles de graduation, de remplir le but de la peine, et de servir au dédommagement. Mais il faut se souvenir qu'une peine pécuniaire, si la somme est déterminée, est souverainement inégale. Cette observation, dont la vérité fi-appc au jjremier instant, a été pourtant négligée par tous les législatoiu-s. Les amendes ont été déterminées sans aucun égard au profit du délit, au mal du délit, et aux facultés du délinquant. Aussi, c'est une bagatelle pour les uns et une ruine pour les autres. On se rappelle le trait de ce jeime insolent à Eome, qui donnait un soufflet aux passants, et leur présentait aussitôt l'écu fixé par la loi des douze tables. Yeut-on établir ime peine pécuniaire : qu'elle soit mesurée sm- la fortime du délinquant. Déterminez le rapport de l'amende, et non sa qualité absolue. Pour tel délit, telle quote-pai-t des biens, moyennant certaines modifications pom' prévenir les difficultés d'une exécution littérale de cette règle.
Peines simplement restrictives.
Il n'y a rien de plus ingénieux dans la législation pénale que le bannissement de la présowe. Cette i)eine suggérée par l'ancienne jiuisprudence française, et dont on trouve quelque trace dans le code danois, peut, avec quelques perfectionnements, offrir un excellent remède pour les délits produits par des inimitiés particulières dont le public en général n'a rien à craindi'c. Cette peine ménage un triomphe à l'opprimé siu' l'oppresseiu-, et rétablit de la manière la plus douce la prépondérance de l'innocence lésée sur la force insolente. D'ailleiu-s. elle pré\dent le renouvellement des querelles, et ôte à l'agressciu' le pouvoir- de nuire. Mais pour mettre en œuvre