‹ Traités de législation civile et pénale;Chapitre 259 sur 299 · Contre l'empoisonnement · texte numérisé non relu

Contre l'empoisonnement

Donner des instmctions sur les diverses substances qui peuvent servii" à empoisonner, avec les moyens de les découvrir et la méthode de les guéiii'. Si de telles instmctions étaient répandues indistinctement dans la multitude, elles poiu'raicnt faire plus de mal que de bien : c'est un de ces cas particuliers où le savoir est plus dangereux qu'utile. Les moyens d'employer les poisons seraient plus sûrs que les moyens de les guérir. Le milieu convenable, c'est de limiter la circulation de ces instiuctions dans la classe des personnes qui peuvent en faire vm bon usage, tandis que leur état, leur caractère et leur éducation garantissent contre le danger de l'abus : tels sont les ministres de paroisses, et les praticiens de médecine. Dans cette

vue, les instructions devraient être en langue latine qu'ils sont censés connaître.

Mais poiir la connaissance de ces poisons qui se présentent sans qu'on les cherche, et que l'ignorance peut administrer innocemment, il faut la rendi-e aussi familière que possible. Il faudi'ait une étrange dépravation dans le caractère d'un peuple pour que la ciguë, qui se confond si aisément avec le persil, et le cuivre, qui est si sujet à se dissoudre des vaisseaux dont l'étamui'e est usée, ne fussent pas plus souvent administrés par méprise que par dessein. Dans ce cas, il y a plus à espérer qu'à craindre de la communication des lumières, quelque dangereuse qu'elle soit.

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