DE RECONNAÎTRE ET RETROUVER LES INDIVIDUS
Il y a deux choses à observer sur cet objet, c'est que la police ne doit pas être minutieuse et inquiète au point d'exposer les sujets à se trouver en faute ou à être vexés en leui" imposant des règles difficiles et nombreuses. Des précautions nécessaires à certaines époques de danger ou de trouble ne doivent pas être prolongées dans un temps calme, comme le régime de la maladie ne doit pas être suivi dans un état de santé. La seconde observation, c'est qu'il faut prendi-e garde à ne pas choquer l'esprit national. Tel peuple ne pomTait pas supporter la police de tel autre. Dans la capitale du Japon, chacun est obKgé de porter son nom sur son habit. Cette mesure peut paraître utile, indifférente ou tyrannique, selon la tournure des préjugés publies.
Les habits caractéristiques ont im rapport à ce but. Ceux qui distinguent le sexe sont un moyen de police aussi doux que salutaire. Ceux qui seivent à signaler les militaires, les gens de mer, le clergé, ont plus d'iin objet, mais le principal est la subordination. Dans les universités anglaises, les élèves ont un costume particidier qui ne les gêne que quand ils ont envie de sortir des règles prescrites. Dans les écoles de charité, on fait porter aux écoHers une robe imifoiine, et même une plaque numérotée.
Il est fâcheux que les noms propres des indi\idus soient sm- un pied si ii-régulier. Ces distinctions, inventées dans l'enfance des sociétés, pour subvenir aux besoins d'un hameau, ne remplissent qu'imparfaitement leur- objet dans ime grande nation. Il y a bien des inconvénients attachés à cette confusion nominale. Le plus grand de tous c'est que l'indice qui ne porte que siu* un nom est vague, le soupçon est ballotté entre une multitude de personnes, et le danger de l'innocence peut devenir la ressource du crime.
On pourrait procéder à une nomenclature nouvelle, de manière que dans toute une nation chaque iadi\idu aurait im nom propre Cjui ne serait porté que par lui seid. Dans l'état actuel, les embarras du changement surpasseraient peut-être ses avantages ; mais il serait bon de prévenir ce désordre dans une colonie naissante*.
C'est im usage assez commun parmi les marins anglais que d'imprimer leur nom de famille et leur nom de baptême sur le poignet, en caractères bien tracés et indélébiles. On le fait pour être reconnu en cas de naufrage.
* Voici une idée du plan général. La dénomination entière pourrait contenii' les parties suivantes: 1° Un seul nom de famille, essentiel pour identifier les races. 2° Un seul nom de baptême ou prénominal. .3° Le lieu et la date de la naissance. Cette dénomination composée serait répétée en entier dans toutes les affaires légales. La manière de l'abréger pour l'usage ordinaire dépend du génie des langues.