‹ Traités de législation civile et pénale;Chapitre 50 sur 299 · DES LIMITES QTTI SÊPAKENT LA MORALE ET LA LÉGISLATION · texte numérisé non relu

DES LIMITES QTTI SÊPAKENT LA MORALE ET LA LÉGISLATION

La morale, en général, est l'art de diriger les actions des hommes de manière à produii'e la jjlus grande somme possible de bonheur.

La législation doit avoii' précisément le même objet.

Mais quoique ces deux arts, ou ces deux sciences, aient le même but, elles diffèrent beaucoup quant à l'étendue. Toutes les actions, ( soit publiques, soit privées, sont du ressort de la morale. C'est un guide qui peut mener rindi^ddu, comme par la main, dans tous les détails de sa vie, dans toutes ses relations avec ses semblables. La législation ne le peut pas, et si elle le pouvait, elle ne devrait pas exercer une intervention continuelle et directe sur la conduite des hommes. La morale prescrit à chaque individu de faire tout ce qui est à l'avantage de la communauté, y compris son avantage personnel ; mais U y a bien des actes utiles à la communauté que la législation ne doit pas commander. Il y a de même bien des actes nuisibles qu'elle ne doit pas défendi-e, quoique la morale le fasse. La législation, en im mot, a bien le même centre que la morale, mais elle n'a pas la même circonférence.

n y a deux raisons de cette différence : 1° La législation ne peut influer directement sur la conduite des hommes que par des peines ; or ces peines sont autant de maux, qui ne sont justiciables qu'autant qu'il en résulte une plus grande somme de bien. Mais dans plusieurs cas où l'on voudrait renforcer iin précepte moral pai* ime peine, le mal de la faute serait moins grand que le mal de la peine : les moyens nécessaires pour faire exécuter la loi seraient de natiire à répandre dans la société im degré d'alarme plus nuisible que le mal qu'on voudrait prévenir.

2° La législation est souvent arrêtée par le danger d'envelopper l'innocent en cherchant à punir le coupable. D'où vient ce danger?

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