ET LA LÉGISLATION, J
peler ici la classification la plus ordinaire des devoirs moraux.
La morale particulière règle les actions de rhomme , soit dans la partie de sa conduite où il est seul intéressé, soit dans celle qui peut affecter les intérêts d'autres individus. Ce qui l'intéresse lui seul compose une classe d'actions qu'on appelle (improprement peut-être) devoirs envers soimême , et la qualité manifestée par l'accomplissement de ces devoirs reçoit le nom de prudence. I.a partie de sa conduite relative aux autres compose une classe d'actions qu'on appelle devoirs envers autrui. Or, il y a deux manières de consulter le bonheur des autres, l'une négative, en s'abstenant de le diminuer, l'autre positive, en travaillant à l'augmenter : la première constitue la probité, la seconde constitue la bienfaisance.
La morale, sur ces trois points, a besoin du secours des lois, mais non pas au même degré ni de la même manière.
I. Les règles de la prudence se suffiront presque toujours à elles-mêmes. Si un homme manque à ses propres intérêts , ce n'est pas sa volonté qui est en défaut, c'est son intelligence; s'il se fait du mal , ce ne peut être que par erreur. La crainte de se nuire est un motif réprimant assez fort; il serait inutile d'y ajouter la crainte d'une peine artificielle.