‹ Traités de législation civile et pénale; ouvrage extrait des manuscrits de Jérémie BenthamChapitre 46 sur 125 · FAUSSES MANIERES DE RAISONNER · texte numérisé non relu

FAUSSES MANIERES DE RAISONNER

que tant de lois contradictoires ou féroces ou absurdes, dans un état perpétuel de changement, soient toujours la raison humaine ? Il me semble que la raison , loin d'être la loi , est souvent en opposition avec elle.

Ce premier chapitre de Montesquieu a produit bien du galimatias. On s'est creusé l'esprit pour chercher des mystères métaphysiques où il n'y en a point. Beccaria lui-même s'est laissé entraîner par cette notion obscure des rapports. Interroger un homme pour savoir s'il est innocent ou coupable, c'est le forcer, dit-il, de s'accuser lui-même. Ce procédé le choque, et pourquoi? parce que, selon lui , c'est confondre tous les rapports \ Que veut dire cela.^ — Jouir, souffrir , faire jouir, faire souffrir, voilà des expressions dont je connais le sens ; mais suivre des rapports et confondre des rapports, c'est ce que je n'entends point du tout. Ces termes abstraits n'excitent en moi aucune idée , ne réveillent aucun sentiment. Je suis d'une indifférence absolue sur les rapports; —lesplaistrs et les peines, voilà ce qui m'intéresse.

Rousseau n'a pas été content de cette définition de Montesquieu : il a donné la sienne , qu'il annonce comme une grande découverte : La loi, dit-il, est Vexpression de la volonté générale. Il n'y a donc

* Ch. xii : de la Question.

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