‹ Traités de législation civile et pénale; ouvrage extrait des manuscrits de Jérémie BenthamChapitre 50 sur 125 · FAUSSES MANIÈRES DE RAISONNER · texte numérisé non relu

FAUSSES MANIÈRES DE RAISONNER

raisonnement assez semblable à celui du chancelier du grand Frédéric. Ils ont imaginé une corîmption du sang qui arrête le cours de la succession légale : un homme a été puni de mort pour crime de haute trahison; le fils innocent n'est pas seulement privé des biens du père, mais il ne peut pas même hériter de son grand-père, parce que le canal par lequel les biens devaient passer a été souillé. Cette fiction d'un péché originel politique sert de base à tout ce point de droit. Mais pourquoi s'arrêter là? S'il y a corruption de sang, pourquoi ne détruit-on pas les vils rejetons d'une tige criminelle?

Dans le septième chapitre du premier livre, Blackstone, en parlant de l'autorité royale, s'est livré à toute la puérilité des fictions. Le roi a ses attributs , il est présent partout , il est tout parfait , il est immortel.

Ces paradoxes ridicules, fruits de la servilité, bien loin de donner des idées plus j.ustes sur les pi'érogatives de la royauté, ne servent qu'à éblouir, à égarer, à donner à la réalité même un air de fable et de prodige. Ce ne sont pas de simples traits d'esprit. 11 en fait la base de plusieurs raisonnemens. Il s'en sert pour expliquer des prérogatives royales qui pourraient être justifiées par de très bonnes raisons , sans s'apercevoir qu'on nuit à la meilleure cause lorsqu'on cherche à l'é-

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