Fiction n'est pas raison
J'entends par fiction un fait notoirement faux, sur lequel on raisonne comme s'il était vrai.
Le célèbre Cocceiji, rédacteur du Code Frédéric, fournit un exemple de cette manière de raisonner au sujet des testamens. Après bien des ambages sur le droit naturel, il approuve que le législateur laisse aux individus le pouvoir de tester. Pourquoi? — C^est que Vhéritier et le défunt ne sont qu^une même et seule personne , et par conséquent l'héritier doit continuer à jouir du droit de propriété du défunt. (Cod. Fréd. , part. II, 1. Jio, p. j56.)I1 est vrai qu'il présente ailleurs quelques argumens qui tiennent un peu au principe de l'wtilité , mais c'est dans la préface , lorsqu'il ne faisait que préluder. La raison sérieuse, la raison judiciaire , c'est l'identité du vivant avec le mort.
Les juristes anglais, pour justifier en certains cas la confiscation des biens, se sont servis d'un