CHAPITRE VI
Des changemens amenés dans nos tissus , et notamment dans le canal digestif, par la putréfaction , et que l’on serait tenté de confondre avec des lésions pathologiques.
Avant de comparer dans les principaux organes les altérations qui se sont produites sous l’influence de la vie, à celles qui succèdent aux'réactions chimiques, il nous paraît convenable de traiter la question d’une manière, générale. Les altérations éprouvées par nos organes du vivant de l’individu, peuvent être de deux ordres : ou la partie a été le siège d’une modification morbide dans le travail nutritif , ou elle a été soumise brusquement à une violence venant du dehors, ou à l’action de quelque substance désorganisatriçe. Exa-. minons séparément chacun de ces points.
A. Modifications morbides dans le travail nutritif,.
Sous ce titre, nous croyons /pouvoir ranger les six ^Itérations suivantes :
z° Formation d’une nouvelle substance dans l’ècor. nomie animale. Quelquefois cette substance n’a point d’analogue ; telles sont la matière tuberculeuse ?t le tissu.
squirrheux, le tissu encéphaloïde , etc. ; dans d autres cas, elle a son analogue , mais elle occupe une place où on ne devrait pas la trouver , comme lorsqu’une ' lame cartilagineuse ou osseuse existe dans une adhérence des plèvres, quand il se forme, des kystes fibreux, séreux, etc. Il n’est pas besoin d’être très-versé dans l’étude de la putréfaction, pour affirmer qu’en aucun cas de semblables modifications de structure et d’aspect ne peuvent être le résultat de réactions chimiques, sans l’intermédiaire de la vie.
Sécrétion de pus. Ce pus est tantôt épanché dans une cavité, tantôt réuni dans une poche du tissu cellulaire, quelquefois infiltré, mais presque toujours reconnaissable, lorsqu’il n’est pas trituré avec la substance de l’organe, à sa couleur blanche jaunâtre, à ses globules, à la manière dont il se comporte avec l’eau, etc. La putréfaction ne donne jamais lieu à la formation d’une substance semblable : dans un degré avancé de la décomposition putride, il est vrai, on voit couler des parties devenues diffluentes, un liquide diversement coloré; mais alors l’altération est générale, et jamais ce liquide ne présente tous les caractères du pus.
Matière concrescible organisable. Cette matière est tantôt suspendue dans une sérosité lactescente, tantôt collée à la membrane qui l’a sécrétée ; elle peut être pénétrée où non de vaisseaux de nouvelle formation , et sa présence dans les. membranes séreuses ou ailleurs ne peut jamais être attribuée à la putréfaction.
a° Changement survenu dans la cohésion des parties . Tantôt ces parties deviennent plus dures, change-
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nient que n’opère presque jamais la décomposition putride, qui tend sans cesse à dissocier et à séparer les élémens des êtres organisés et à fournir des produits nouveaux, ordinairement liquides ou gazeux. Plus souvent la partie malade est ramollie, et, il faut l’avouer, c’est ici le point le plus difficile de la question que nous examinons. Il est à la vérité des organes, l’axe cérébro-spinal, par exemple, où l’on peut souvent distinguer le produit d’une action vitale de celui de la putréfaction ; mais le problème offre ailleurs tant de difficultés, qu’après avoir rassemblé et rapproché les documens fournis par les auteurs qui se sont le plus occupés d’anatomie pathologique , on hésite encore à se prononcer : on voit bien que nous voulons surtout parler du ramollissement des membranes muquéuses, quoique ce ne soit pas le seul tissu dans lequel il soit difficile détablir la distinction dont il s’agit : combien de fois, par exemple, n’a-t-on pas trouvé sur les cadavres d’individus récemment morts, la rate presque diffluente, ou le foie plus mou que de coutume, et comment distinguer souvent ce défaut de cohésion de celui que les mêmes organes éprouvent à mesure qu’ils se pourrissent ?.... On pourrait établir plus facilement cette distinction , si les parties malades, en se ramollissant, acquéraient une pesanteur spécifique plus grande et devenaient moins souples, comme cela arrive aux poumons hépatisés, à la rate, etc., qui ont été enflammés ; car jamais la putréfaction ne produit cet ensemble de ehangemens.
3 ° A Itération de couleurs. Lorsque le sang a été retenu
mécaniquement dans une partie du vivant de l'individu, ou qu’il y a été appelé par une action vitale , il colore encore cette partie après la mort. Il est souvent difficile de décider si la coloration est le résultat d’une stase ou d’un mouvement fluxionnaire ; mais fort heureusement cette question ne nous touche presque pas, puisque nous avons pour but unique de rechercher si la coloration a eu lieu ou non pendant la vie. Nous ne devons pas négliger cependant de signaler les traces de l’inflammation ; car toutes les fois que nous pourrons en reconnaître les caractères, nous éprouverons moins d’incertitude sur la ,cause de la coloration. Un excellent moyen de distinguer souvent les colorations rouges qui ont lieu avant la mort de celles qui sont le produit de la décomposition putride , consiste à examiner si le sang qui colore la partie est ou non contenu dans les vaisseaux de l’organe. Dans le premier cas, la couleur se montrera disposée en arborisations, qui suivront les divisions et les subdivisions du système vasculaire, et on ne pourra guère refuser d’admettre, en général, que tel était l’état de la partie lorsqu’elle a été surprise par la mort ; dans le second cas , ce sera une espèce de teinture plus ou moins foncée, sans apparence de ramifications. Si à ces caractères se joignent les inductions que l’on peut tirer du voisinage de parties très-abreuvées de sang y comme celui de la rate pour la grosse extrémité de î’estomae, celui du foie pour la face supérieure de l’estomac, etc., il y aura de fortes présomptions en faveur de l’opinion que la couleur est cadavérique. ( Y. plus loin à la page %45 des
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expériences à l’appui de cette assertion ). Nous disons de fortes présomptions , parce qu’il est impossible de considérer la distinction que nous venons d’établir comme infaillible : en effet, d’une part, les rougeurs inflammatoires n’ont pas toujours l’aspect arborisé, puisqu’on les voit piquetées, ou sous forme de plaques dans lesquelles il y a souvent une sorte de combinaison du sang avec le parenchyme, combinaison que les expériences de Kalten-Brunner ont mise hors de doute; d’une autre part, il peut arriver qu’à une certaine époque de la putréfaction, le sang liquéfié soit chassé dans les divisions vasculaires, par suite du ballonnement du ventre et du refoulernent du diaphragme : à la vérité, ce phénomène est assez rare.
Outre la coloration rouge dont il s’agit ici, il existe beaucoup d’autres teintes que nous examinerons en parlant du cerveau et du canal digestif.
4 ° Emphysème. Lorsque l’emphysème est général et qu’il n’existe aucune solution de continuité du poumon, de la plèvre ou de la trachée-artère, il ne peut guère dépendre que de la putréfaction. S’il est partiel, il peut devoir son origine à une maladie ; ainsi on a vu sur le vivant l’air sortir avec un léger sifflement d’un phlegmon qu’on venait d’ouvrir à la paroi antérieure de l’abdomen, et cependant l’intestin n’était pas dans la tumeur qui n’occupait que la paroi abdominale. Dans une fracture de la jambe avec plaie, il survint un emphysème considérable ; dans les abcès stercoraux urineux, il y a souvent des gaz. Les lésions concomitantes pourront suffire dans ces cas pour faire
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distinguer ce dégagement de gaz de ceux qui sont le résultat de la putréfaction. Le problème est plus difficile à résoudre lorsque l’emphysème est sous-muqueux [F. canal digestif, page 25 y ).
5 ° Gangrène. Quelque similitude qu’il puisse y avoir, dans certains cas, entre la gangrène et les produits de la putréfaction, il est difficile de se méprendre quand la gangrène est sèche, et même toutes les fois qu’il y a escarre ; dans les autres cas, la circonscription plus ou moins marquée du mal, l’âspect particulier de la partie gangrénée, l’état des vaisseaux qui s’y rendent, et qui sont obturés par des caillots un peu desséchés, aideront à établir la distinction.
6 ° Ulcération. La peau, par le seul fait de la putréfaction des cadavres dans l’eau, dans la matière des fosses d’aisance, etc., peut être le siège de corrosions qu’il serait souvent difficile de distinguer des ulcères; de pareilles ulcérations et même des perforations se remarquent quelquefois dans le canal digestif ( F. peau et canal digestif).
B. Violences brusques venant du dehors . Ces violences peuvent occasionner des plaies , des déchirures , des fractures, des ecchymoses et des épanchemens de sang ; la putréfaction ne produit rien qui ressemble aux fractures, aux déchirures ni aux plaies : ces dernières , en effet, ne sauraient être confondues avec les corrosions de la peau que détermine à la longue la putréfaction dans l’eau et dans la fosse d’aisance. Quant aux ecchymoses et aux épanchemens de sang,
on jugera qu’ils sont cadavériques, en ayant égard à leur situation, à l’uniformité de la couleur de la partie ecchymosée, à l’odeur qu’exhalera le corps, et à l’état de dissolution de toutes les parties; à la vérité, ce dernier caractère, pris isolément, serait insuffisant pour établir la distinction dont il s’agit, parce qu’il pourrait arriver que les ecchymoses eussent été faites pendant la vie , et que le cadavre ne fût examiné que lorsqu’il serait déjà pourri. Les parties contuses peuvent également, à la suite de ces violences, être converties en une espèce de bouillie, ce qui a lieu aussi par la putréfaction ; mais en général ce phénomène est plus circonscrit dans le cas, de violence extérieure*
Examinons maintenant dans chacun des principaux organes ou appareils quelles sont les lésions faites pendant là vie, que l’oh pourrait confondre avec les résultats de la décomposition putride.
Altérations de la peau . Parmi les nombreuses affections dont la peau peut êtrede siège, il n’y a que les ecchymoses , la gangrène et certaines ulcérations que l’on puisse être quelquefois tenté de considérer comme un effet de la putréfaction. Ce que nous avons dit ailleurs sur les ecchymoses et sur la gangrène, nous paraît suffisant pour établir la distinction, et nous dispense par conséquent d’y revenir ( V. pag. ayy du tome I er et 221 de ce volume ), Quant aux ulcérations , on ne pourrait guère se méprendre que pour les cadavres qui se sont pourris dans l’eau et dans les fosses d’aisance; en effet, on remarque alors, mais à une
époque déjà avancée, des corrosions, des pertes de substance quelquefois assez considérables, simulant jusqu’à un certain point certains ulcères. Il suffira cependant, pour éviter toute erreur, de se rappeler la description que nous avons donnée de ces corrosions en parlant de la putréfaction dans l’eau, ainsi que l’état dans lequel se trouvent déjà, par suite des progrès de la putréfaction, les divers tissus et organes de l’économie.
Lésions des muscles . Nous ne connaissons aucune lésion vitale des muscles, excepté le ramollissement , qui pùisse être confondue avec les changemens occasionnés par la décomposition putride dans ces organes. Le ramollissement pathologique dont il s’agit n’est pas aussi commun qu’ont bien voulu le dire plusieurs observateurs ; cependant il existe dans certaines affections aiguës et chroniques , et il est impossible de le distinguer de celui que détermine la putréfaction ; là coloration du tissu musculaire ne fournit aucun caractère à cet égard, parce quelle varie beaucoup dans l’un et dans l’autre de ces ramolMssemens.
Altérations de Vaxe cérébro-spinal et de ses annexes. Le décollement du péricrdœ peut aussi bien reconnaître pour cause la putréfaction, qu’une forte contusion; mais dans ce dernier cas il est ordinairement borné à la partie frappée. Si le décollement est consécutif à l’inflammation, on trouve déjà une matière puriforme entre l’os et les parties molles : l’os est altéré. Nous ferons à peu près les mêmes remarques pour la
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dure-mère, en ajoutant que, dans le cas où elle est brusquement décollée, il y a du sang épanché entre elle et les os.
Les épanchemens de sang dans la cavité de l’arachnoïde, dans la substance cérébrale ou dans les ventricules , ne sont jamais le résultat de la putréfaction. Quant aux épanchemens séreux, rien ne prouve quils ne puissent, dans certains cas, reconnaître pour cause la décomposition putride aussi bien qu’une lésion vitale; mais on se rappellera, avant de les attribuer à la putréfaction, que les ventricules cérébraux, le canal rachidien et les aréoles de la pie-mère cérébrale, renferment habituellement, dans l’état de santé, un liquide séreux indiqué par Cotugno , et étudié depuis par M. Magendie ( V. page 287 du tome I er ). Du reste, il serait difficile, pour ne pas dire impossible, d’assigner au juste l’origine d’un liquide séreux qui se trouverait dans-les organes dont nous parlons, s’il n’y avait d’ailleurs aucune autre traee de lésion vitale, ét si ee liquide était peu abondant : l’observation prouve en effet que l’épanchement dépendant d’une cause pathologique est en général beaucoup plus considérable que les autres.
Encéphale. Cerveau et cervelet. L’ endurcissement de la substance cérébrale, que l’on observe surtout chez les aliénés, et dans lequel le cerveau offre quelquefois une teinte rouge (induration rouge de M. Lallemand), n’est jamais produit par la putréfaction. Il en est de même de toutes les productions accidentelles avec ou
sans analogue, dont nous ne nous occuperons par conséquent pas.
Ramollissement du cerveau et du cervelet. Ce ramollissement peut succéder à une maladie ou à la décomposition putride, et il importe d’autant plus que nous cherchions à reconnaître quelle est son origine, que plusieurs de ses caractères sont souvent les mêmes, comme on pourra en juger, en examinant successivement le degré, le lieu, la couleur, l’odeur et l’étendue de l’altération. Degré. Dans la maladie comme dans la putréfaction, on a observé tous les degrés intermédiaires, depuis la diminution légère de. cohésion jusqu’àl’état diffluént. Lieu. .Sur quarante-six observations citées par M. Lallemand, le ramollissement a occupé trente-trois fois la substance grise, ou des parties dans lesquelles elle prédomine : or , c’est aussi la substance grise qui sé ramollit le plus promptement après, la mort. Couleur. Dans l’observation 3 e de M. Lallemand, la couleur de la partie ramollie était rosée; dans la 2 e et la 9 e , amaranthe; dans la 5 e , d’un rouge foncé; et dans la 6 e j d’un violet lie devin. Ces remarques ont été faites principalement sur la substance grise ramollie ; car la substance blanche moins vasculaire devient pâle, jaune citron , verdâtre, etc., et se colore rarement en rouge. Des nuances exactement semblables se remarquent dans les cerveaux ramollis par suite 3e la putréfaction. Le ramollissement vital offre cependant quelquefois deux aspects qui lui sont propres : celui qui résulte de la formation de petits épanchemens sanguins au milieu de la partie ramollie, et
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celui qui provient de la trituration du pus avec la substance cérébrale, et dans lequel, plus tard, le pusse réunit en un foyer. Odeur. On remarque quelquefois dans des parties diffluentes, par suite de leur altération morbide, une odeur excessivement fétide ; mais on sait que de tous les organes, celui qui répand l’odeur la plus infecte en se pourrissant, est le cerveau ; à la vérité, les personnes habituées à ces sortes de recherches peuvent, dans certains cas, distinguer l’odeur cadavérique de celle qui se développe pendant la vie, pourvu que la partie ramollie par la maladie n’ait déjà subi un commencement de décomposition putride, ce qui arrive promptement après la mort; car alors il y a confusion, mélange dèsdeux odeurs, et impossibilité de rien distinguer ; on voit donc combien le caractère dont nous parlons est peu propre à nous éclairer dans là recherche qui nous occupe. Etendue du ramollissement. Le ramollissement cadavérique étant éprouvé par toutes les parties du cerveau ét du cervelet à la fois, ce qui n’a presque jamais lieu dans le ramollissement vital, il est évident que de tous les caractères, celui-ci est le plus important, et que la circonscription de l’altération sera toujours le meilleur moyen d’établir la différence entre les deux espèces.
Pour faire des applications justes du principe dont nous parlons, il est nécessaire de se rappeler que toutes les parties de l’axe cérébro-spinal n’ont pas la même consistance. Chez l’adulte, la moelle est plus molle que l’encéphale, le cervelet plus mou que le cerveau, la protubérance annulaire plus ferme que toutes les au-
très parties ; le trigône cérébral et la cloison des ventricules paraissent offrir un peu moins de consistance que les lobes. Chez l’enfant, la moelle est plus dure que le cerveau , et beaucoup plus résistante que chez l’adulte ; ©ii peut la dépouiller de la pie-mèrè aÿeC un peu de soin, ce qu’on ne peut faire chez l’adulte sans que la moelle s’échappe. Le cervëau est plus ferme chez les vieillards que chez les jeunes sujets.
Mais , dira-t-on, le Caractère tiré dé Xétendue du ramollissement , quoique infiniment supérieur aux autres, n’êst-il pas lui-même susceptible d’induire quelquefois en erreur P Nous ne sommes pas éloignés de le croire d’après les considérations suivantes :
i°. Quoique excessivement rare , le ramollissement vital général a été observé quelquefois chez l’adulte ; il est plus commun chez l’enfant naissant : on sait que sur trente cas de ramollissement pultacé de la pulpe cérébrale, dix fois M. Billard a vu ce ramollissement envahir la totalité du cerveau et de la moelle épinière.
2 °. Le ramollissement cadavérique ne commence pas au même instant dans toutes les parties; le trigône cérébral, la cloison et les parois dès ventricules cérébraux paraissent être les premières parties qui l’éprouvent : à la rigueur, il serait donc possible que l’on prît cette altération circonscrite pour le résultat d’une lésion vitale.
3°. Quand le cerveau est généralement ramolli, mais à un degré peu considérable, on ne peut pas toujours attribuer cela à la putréfaction, car nous n’avons
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point de mesure ou de terme pour exprimer la consistance naturelle de l’encéphale. Chez deux femmes mortes à la même heure et ouvertes en même temps à la Maternité, il y avait une différence si considérable dans la consistance des deux cerveauxqu’il fallait admettre que le cerveau d’une de ces femmes était trop mou, ou que celui de l’autre était trop dur ; à la vérité, on pourrait encore expliquer cela en disant que la putréfaction avait commencé plus tôt chez l’une que chez l’autre. M. Louis croit qu’un certain degré de mollesse de tout l'encéphale peut être un état maladif; l’observation des deux femmes de la Maternité s’accorderait avec cette idée ; il cite même les troubles des fonctions du système nerveux qui ont accompagné le ramollissement général.
Ces remarques sont de nature à rendre circonspects lés experts qui auraient à juger une semblable question , surtout dans les cas où le ramollissement général ou partiel serait peu prononcé.
Ramollissement de là moelle épinière. Cette partie dé l’appareil cérébro-spinal est celle qui se ramollit le plus promptement après la mort, ainsi que l’avait déjà réconnu depuis long-temps Pourfour-Petit. Pour bien connaître la structure de cette partie, dit cet auteur, il faut la disséquer le même jour ou tout au plus tard le lendemain de la mort des sujets; si l’on attend davantage , elle devient si molle qu’il n’est plus possible d’y travailler : la même chose arrive si On ne l’étudie pas immédiatement après qu’on l’a tirée du canal des vertèbres. La substance blanche se ramollit beaucoup
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plus lentement que la grise; il n’est pas rare de rencontrer celle-ci humide et presque diffluente, lorsque l’autre conserve encore sa consistance normale. (F", les recherches du docteur Calmeil dans le Journal des progrès , annéè 1828, vol. xi et Xii. )
Il n’est guère possible de confondre le ramollissement putride de la moelle, avec celui qui est le résultat d'unephlegmasie, parce que dans ce dernier casilpourra y avoir injection des vaisseaux environnans, et que la portion ramollie offrira une teinte rosée plus ou moins ponctuée de rouge ; quelquefois aussi la moelle sera réduite à la consistance du pus liquide; ajoutons enfin que le ramollissement vital sera circonscrit, tandis que l’autre occupera toute l’étendue de l’organe. Ce dernier caractère est à peu près le seul qui puisse servir à distinguer le ramollissement cadavérique de celui que MM. îtostan et Récamier considèrent comme étant indépendant de l’inflammation, et produit par une altération particulière de la substance nerveuse de la moelle épinière.
Lésions des organes de la circulation et de la respiration. Péricardite. Il est évident, pour quiconque a observé quelques cas de péricardite, qu’il est impossible de confondreles phénomènes cadavériques dont le péricarde est le siège, avec les lésions que l’on y remarque, lorsqu’il est enflammé; en effet, dans ce dernier cas, le plus ordinairement le cœur et le péricarde, ou seulement l’un d’eux , sont tapissés par une fausse membrane tantôt molle et offrant un aspect comme aréole,
tantôt hérissée d’aspérités, tantôt épaisse, de consistance et de couleur de chair; quelquefois il existe des adhérences au moyen de concrétions albumineuses qui s’étendent comme des brides; quelquefois il y a des ossifications; enfin le plus souvent il y a, en outre, épanchement d’une plus ou moins grande quantité d’un liquide séreux, sanguinolent, séro-sanguinolent, purulent ou séro-purulent, transparent ou troublé par des flocons albumineux. Rien de pareil ne s’observe lorsque le péricarde se pourrit, comme on peut s’en convaincre en lisant ce qui a été dit à la pag£ aq 5 du tome I er . Il peut toutefois exister dans la cavité du péricarde un épanchement séreux ou séro-sanguinolent , reconnaissant uniquement pour cause la putréfaction; mais outre que cet épanchement est ordinairement peu considérable, il n’est accompagné d’aucune des altérations que l’on remarque dans l’inflammation du péricarde.
Car dite. Parmi les affections nombreuses dont le Cœur peut être le siège, la cardite, ou l’inflammation de sa membrane interne, est surtout celle dont les traces pourraient en imposer jusqu’à un certain point, à un observateur peu attentif, et les faire regarder comme des phénomènes cadavériques; en effet, dans l’un et l’autre cas, la surface interne du cœur est plus ou moins rouge, et quelquefois, la substance charnue de l’organe est aussi ramollie et aussi rouge que dans la putréfaction avancée; mais alors, s’il y a eu phlegmasie, le tissu du cœur est gorgé de sang, et les portions de
îa membrane interne qui constituent les valvules des orifices aurieulo-ventriculaires et artériels, sont boursoufflées et notablement tuméfiées, sans qu’il y ait emphysème, ce que l’on ne remarque pas dans les cas de simple putréfaction; souvent aussi la cardite s’accompagne de production de matière couenneuse qui se dépose à la face interne du cœur.
Dans certains cas aussi, il existe des ecchymoses dans le tissu du cœur des cadavres que l’on exhume quelque temps après la mort; nous en avons trouvé une fois dans la valvule tricuspide qui étaient semblables à celles que l’on remarque dans l’intérieur de cet organe, à la suite de certains empoisonnemens ; si ces ecchymoses sont véritablemènt'le produit d’une imbibition cadavérique, il serait difficile, pour ne pas dire impossible, Hé les distinguer de celles qui se manifestent pendant la vie; mais par cela seul que nous ne les avons observées qu’une fois, et qu’il est bien avéré aujourd’hui que des maladies autres que l’empoisonnement peuvent les occasionner, nous sommes portés à croire qu’elles ne constituent pas un phénomène cadavérique, et quelles dépendent d’une de ces.maladies.
Enfin le cœur peut être affecté d’un ramollissement pathologique , quelquefois très-considérable, qu’il s’agira de distinguer de celui que détermine la putréfaction. Tout en admettant que souvent les pathologistes'ont regardé comme produits par une lésion vitale des ramol- . lissemens du cœur qui n’étaient que l’effet d’une putréfaction commençante, nous conviendrons que cet or-
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gane peut être rampili, indépendamment de cette décomposition putride, surtout après les agonies lentes,les attaques d’étouffement çhez les sujets qui ont des dilatations du cœur, etc. Si, en même temps qu’il y a ramollissement, la substance du cœur est pâle, blanchâtre, ou d’une teinte jaunâtre analogue à celle des feuilles mortes les plus pâles, ces phénomènes ne sont point cadavériques, soit que cette teinte soit générale, soit, comme cela arrive plus souvent, quelle soit bornée au ventricule gauche et à la cloison interventriculaire, ou qu’on trouve, eàet là des points rouges, assez consistans, au milieu d’une substance d’ailleurs très-fortement ramollie et de couleur jaunâtre. Mais si le ramollissement coïncide avec une couleur violette foncée, surtout à l’intérieur des ventricules et des oreillettes, il est difficile, pour ne pas dire impossible, de décider s’il est cadavérique ou non, à moins qu’il n’y ait en même temps amincissement des parois des ventricules, comme cela a été presque toujours observé par les pathologistes, qui ont considéré le défaut de consistance du cœur comme une lésion vitale; alors évidemment cet état n’est pas cadavérique : toutefois, nous le répéterons encore, il est probable que cette dernière variété de ramollissement qui, dans les saisons chaudes, se manifeste peu de temps après la mort, a été souvent regardée comme le résultat d’une lésion vitale, tandis qu’elle était déjà un produit de la putréfaction.
Vaisseaux sanguins. Déjà nous avons dit à la page 298 du tome l e f, que l’intérieur des vaisseaux sanguins était
quelquefois coloré en rouge, peu d’heures après la mort, et que cette rougeur était un phénomène cadavérique, résultat évident d’une imbibition. D’une autre part, on a pu voir que presque toujours, dans les ouvertures de cadavres que nous avons faites long-temps après l’inhumation, nous avons aussi trouvé ces vaisseaux d’un roüge plus ou moins vif. Comment distinguer la rougeur cadavérique des artères et des veines de celle qui reconnaît pour cause une phlegmasie de ces vaisseaux?Si, comme cela a déjà été observé, l’inflammation ne laisse d’autres traces qu’une rougeur, il nous paraît difficile, pour ne pas dire impossible, d’établir une distinction, à moins que le cadavre qui fait le sujet de l’observation n’ait été ouvert très-peu de temps après la mort; car alors tout porterait à croire que la coloration est vitale et non cadavérique, cette dernière ne se manifestant qu’au bout d’un certain temps, lorsque le sang a imbibé les tissus ; la rougeur dans les points où des caillots fibrineux reposaient sur les parois, déposerait en faveur d’une phlegmasie, parce que, comme l’ont remarqué MM. Rigot et Trousseau, ces caillots ne colorent jamais les tissus sous-jacens , par imbibition. Si, au lieu d’une simple rougeur, le vaisseau ainsi coloré était en outre le siège d’ulcérations , de fausses membranes, d’épanchemens de lymphe ou de pus, s’il était épaissi, etc., on ne pourrait pius élever de doute sur l’existence d’une phlegmasie, car la putréfaction ne produit jamais rien de pareil.
Bronchite. On s’attend bien qu’il ne doit être aucunement question ici de ces bronchites dans lesquelles
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la membrane muqueuse trachéo-bronchique conserve sa couleur pâle, s’ulcère ou s’épaissit notablement, et encore moins de celles qui sont suivies de perforation de la trachée-artère,* aucun de ces états en effet ne saurait être simulé par la putréfaction. Il n’en est pas de même de l’inflammation, surtout chronique, des bronches, dans laquelle la membrane muqueuse, plus ou moins ramollie, offre une couleur rouge, livide, violacée ou brunâtre, sans apparence d’ulcérations; car ces teintes et ce ramollissement peuvent aussi bien reconnaître pour cause la décomposition putride; à la vérité, le ramollissement inflammatoire de la membrane muqueuse des bronches est un phénomène assez rare. Il faudra alors se rappeler, pour établir la distinction, que, dans la bronchite, la coloration rouge est quelquefois sous forme d’injection fine ou de petits points rouges; qu’on l’observe surtout à la fin de la trachéeartère, dans les premières divisions des bronches et dans les plus petites ramifications, et qu’il n’est pas rare de la voir bornée aux bronches d’un seul lobe, notamment du supérieur; que souvent la rougeur, loin d’être générale, n’existe que sous forme de bandes ou de plaques isolées, dans les intervalles desquelles la membrane muqueuse conserve sa couleur blanche et son aspect naturel; qu’il est beaucoup de cas enfin où l’on trouve, en même temps qu’une bronchite,des tubercules, pulmonaires. La présence- dans un des tuyaux bronchiques d’un mucus plus ou moins tenace fermant comme un bouchon le conduit aérien, ne laisserait aucun doute sur l’existence d’une phlegmasie.
Nous ajouterons encore que, dans les colorations cadavériques des bronches, la couleur de celles-ci est beaucoup plus intense dans les portions les plus déclives du poumon où le sang s’est accumulé.
Laryngite. Jamais la putréfa ction ne détermine l’épaississement ni le boursoufflement de la membrane muqueuse du larynx, pas plus que des végétations, des fongosités, etc., des fausses membranes, des pustules ou des boutons rouges, des abcès, des tubercules, des ulcérations et des conduits fistuleux : or, la laryngite amène souvent ces désordres. Ce ne sera donc, comme pour la bronchite, que lorsque la phlegmasie n’aura donné lieu qu’à une rougeur et à un ramollissement delà membrane muqueuse; que l’on pourra supposer que l’état de cette tunique est plutôt un effet de la décomposition putride que d’une laryngite. Or, ces cas sont rares, et lorsqu’ils se présenteront, on établira la distinction à l’aide de quelques-unes des données indiquées, en parlant de la bronchite et de l’angine eouenneuse.
Angine couenneuse. Il est impossible d’attribuer à la putréfaction ces fausses membranes que l’on remarque dans Xangine couenneuse , et qui occupent, dans la plupart des cas, les fosses nasales, le pharynx, le voile du palais, la luette, les amygdales, le larynx, la trachéeartère et quelquefois les bronches ; mais il peut arriver qu’à l’ouverture des cadavres d’individus qui ont succombé à cette affection, on n’aperçoive aucune trace de pseudo-membrane dans ces parties, tandis que la tunique muqueuse du pharynx, de la luette, du voile
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du palais, sont d’un rouge livide : daris ce cas, on pourrait être induit en erreur, en faisant dépendre de la putréfaction ce qui est le résultat d’une angine couenneuse, dont les fausses membranes ont été probablement rejetées par l’expectoration. On se rappellera alors qu’en général, dans l’angine couenneuse, la rougeur de la membrane muqueuse décroît du pharynx à la trachée-artère, que les follicules muqueux du pharynx sont quelquefois très-développés et les ganglions cervicaux souvent rouges et volumineux : on n’observe rien de pareil quand la rougeur est cadavérique.
Pneumonie. Parmi les lésions pathologiques, dont les poumons peuvent être le siège, il n’y a que l’engouement, ou le premier degré de leur inflammation, et-la gangrène, que l’on puissè confondre avec l’état que la putréfaction détermine dans ces organes; en effet, les ramollissemens rouge et gris, l’induration rouge, grise et noire (mélanose), les tubercules, les granulations, les abcès, la matière encéphaloïde, l’apoplexie pulmonaire, etc., sont tellement caractérisés, et tellement distincts des altérations cadavériques, qu’il est impossible de commettre à cet égard la moindre méprise.
Relativement à Xengouement, déjà nous avons vu à la page 289 du tome I er , que peu de temps après la mort, aussitôt que le cadavre est refroidi, la portion des poumons qui estlaplus déclive est le siège d’une congestion sanguine, simulant assez bien l’engouement qui constitue le premier degré de la pneumonie. Plus tard, le cadavre se putréfiant, et le sang contenu dans les pou-
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nions devenant plus liquide et spumeux, la ressemblance entre l’état de ces organes et de ceux qui ont subi un premier degré d’inflammation, est encore plus grande, en sorte qu’il est difficile de dire si l’engouement est cadavérique ou non. L’expert chargé de juger cette question se rappellera, i° qu’il est assez commun, à la suite d’un engouement pathologique, de trouver réunis dans un même poumon les trois degrés de la pneumonie aiguë : ainsi, tandis que telle partie du poumon est simplement engouée, telle autre a déjà éprouvé le ramollissement (hépatisation) rouge et même gris; ce qui dépend, ou de ce que l’inflammation n’a pas marché avec la même rapidité dans tous les points, ou bien de ce qu’elle ne les a envahis que successivement : or, il suffit de constater qu’il y a hépatisation, pour être autorisé à regarder la congestion comme dépendant d’une lésion vitale; 2° que dans le plus grand nombre de cas de pneumonie, il y a en même temps pleurésie, et alors on trouve une injection plus ou moins vive, des concrétions albumineuses, ou un léger épanchement séreux, purulent ou sanguin dans la plèvre qui correspond au poumon enflammé, ce qui n’a jamais lieu par suite de la simple décomposition putride; 3 ° que c’est ordinairement dans les parties les plus déclives au moment du refroidissement du corps, si l’agonie n’a pas été longue, que l’on remarque l’engouement produit par la putréfaction. La rougeur plus ou moins intense de la membrane interne des bronches, qui accompagne constamment l’inflammation des poumons, ne pourrait pas servir ici de caractère distinc-
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tif, parce que les bronches des cadavres qui se pourrissent se colorent également en rouge dans les portions du poumon où le sang s’est accumulé.
La gangrène non circonscrite des poumons, celle qui se montre sous la forme de taches ou de points bruns ou livides, offre quelque ressemblance au premier abord avec certaines congestions cadavériques; mais en détachant une partie de l’organe èt en l’agitant dans l’eau, on lui enlevera le sang et la couleur brune, et on lui fera reprendre son état naturel, si l’altération n’est pas vitale ; d’ailleurs, il se dégage une odeur toute particulière dans le cas de gangrène. Quant à la gangrène circonscrite , il n’est guère possible de la con- - fondre avec l’engouement cadavérique, parce qu’il existe alors Une-escarre autour de laquelle s’établit un travail de suppuration.
Pleurésie. Cette inflammation laisse ordinairement après la mort des traces qui ne permettent pas de la confondre avec les altérations que la putréfaction développe dans la plèvre; la présence des fausses membranes, l’aspect du tissu malade qui peut être rouge, la nature du liquide épanché qui est Souvent limpide et troublé par des flocons albumineux, et quelquefois opaque, bourbeux et différemment coloré, sont des caractères suffisans de la pleurésie. Mais il arrive dans certains cas que le liquide épanché dans les cavités des plèvres est séreux, incolore et transparent, séro-sanguinolent ou sanguin, sans contenir la moindre apparence de flocons albumineux ; alors il serait difficile de décider si l’épanchement a eu lieu pendant la vie, où s’il est
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le résultat d’une transsudation opérée après la mort, à moins qu’il n’y eût sur la plèvre des traces évidentes de phlegmasie.
Lésions du canal digestif .\ Estomac et intestins. Parmi les altérations nombreuses dont ces organes peuvent être le siège pendant la vie, il en est un certain nombre qu’il est impossible de regarder comme étant le résultat de la putréfaction ; nous citerons le squirre, le cancer, l’hyperthrophie de la tunique musculaire de l’estomac, l’état mamelonné de la membrane muqueuse de ce viscère, si bien décrit par M. Louis, enfin l’état exanthémateux des intestins, sous forme de plaques ovalaires ou de boutons isolés rouges, gris, etc., qui constitue une véritable tuméfaction inflammatoire dés follicules intestinaux. Il en est an contraire d’autres dont les caractères anatomiques sont tels, qu’on serait souvent tenté de les prendre pour des produits de la décomposition putride; c’est de celles-ci que nous devons spécialement nous occuper. Pour procéder avec ordre, nous distinguerons les altérations gastro-intestinales sans solution de continuité , de celles qui ont lieu avec perte de substance.
§. I er . Altérations gastro-intestinales sans solution de continuité. Ces altérations peuvent se rapporter aux colorations et à la consistance des membranes, notamment de la muqueuse, aux matières contenues dans le canal digestif, et à Xemphysème sous-muqueux.
A. Colorations. Les nuances__rosées qui s’observent à l’estomac et aü duodénum après la mort qui surprend au moment des digestions, dépendent d’un état'
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vital, et témoignent de l’afflux du sang, appelé par une excitation physiologique.
Les plaques jaunâtres qu’offrent quélquefois lès intestins grêles semblent au contraire devoir être considérées comme un effet de l’imbibition cadavérique; ce qui prouve en faveur de cette opinion, c’est que la teinte jaunâtre, quand elle affecte les valvules conniventes, ne se voit le plus souvent qu’à leurs bords libres, seules parties, vu limbrication, qui plongent dans les mucosités jaunâtres qui occupent cette portion du tube digestif.
Il en est de même de la teinte verte communiquée par le méconium au gros intestin des enfans nouveau-nés; la totalité des parois en est pénétrée.
Il est moins facile de déterminer quelle est la nature de plusieurs autres colorations. Pour parvenir à distinguer celles qui appartiennent à une modification opérée pendant la vie de celles qui ne sont qu’un effet cadavérique; examinons-les successivement, en adoptant les divers états établis par le docteur Billard d’Angers ( De la membrane muqueuse gastro-intestinale. Paris, i 8 a 5 ). Les colorations qui dépendent d’une lésion vitale peuvent être inflammatoires ou le résultat de simples congestions mécaniques, par stase du sang arrêté dans les vaisseaux lors d’obstacles à la circulation , soit dans les poumons, soit dans le cœur, etc. Les unes et les autres de ces colorations affectent des dispositions variées : ainsi on reconnaît la teinte rouge ramiforme, capilliforme, pointillée, striée, par plaques, et diffuse; la teinte brime et violacée, uniforme et par
plaques; la teinte ardoisée , uniforme, striée et pointillée; la teinte noire ou mélanique; la teinte grise .
Teinte rouge, a. Ramiforme inflammatoire. Elle consiste dans l’injection dé petits rameaux vasculaires qui ne tiennent a aucun tronc principal, et.présentent, 'par l’élégance de leur disposition, un aspect agréable à la vue. Cette espèce de rougeur peut également être passive, et se trouver .dans fl état sain du canal digestif; mais alors toujours les ramifications procéderont d’un tronc veineux, et seront ordinairement bleuâtres : le canal intestinal des vieillards, comme nous l’avons déjà dit, présente fréquemment cette injection à l’état normal.
b. Capilliforme. Cette teinté diffère de la précédente en ce que le réseau vasculaire est infiniment plus serré; il consiste dans l’entrelacement inextricable de vaisseaux si déliés, que leur assemblage constitue une surface qu’on pourrait au premier coup d’œil prendre pour une plaque uniforme. Cette rougeur peut être inflammatoire ou passive ; cette dernière se rencontre dans les mêmes circonstances que l’injection ramiforme passive.
c. Pointillée. Le sang est épanché dans le tissu muqueux sous forme de petits points rouges disséminés de là même manière que le piqueté du ; cérveau qu’on dit sablé; la membrane muqueuse présente alors, pour nous servir d’une comparaison de M. Lallemand, un aspect analogue à celui d’une feuille de papier blanc, sur laquelle on aurait disséminé une poudre rouge; eette rougeur est le résultat de l’inflamiUation, mais
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elle n’est jamais passive dans le sens attaché à ce mot. Elle peut être déterminée sur le cadavre par le grattage de la membrane muqueuse; les petits vaisseaux alors sont déchirés , et la pression de l’instrument exprime le sang par les orifices artificiellement produits.
d. Striée inflammatoire . Gette rougeur consiste en bandes plus ou moins larges, étendues le plus souvent sur les parties saillantes de la surface muqueuse, telles que les plis de l’estomac et les valvules conniventes de l’intestin grêle.
e. Par plaques. Les matières les plus irritantes, les
poisons les plus violens déterminent quelquefois des plaques inflammatoires d’un rouge plus ou moins vif et uniforme. D’autres causes peuvent aussi développer une pareille lésion; dans certains cas, outre ces plaques, on remarque une arborisation vasculaire. i
f. Diffuse . Gette rougeur occupe des espaces variables en étendue; résultat ordinaire d’une inflammation interne, elle est souvent accompagnée d’érosions et d’ulcérations. Il existe une autre rougeur, non inflammatoire^ dont le tube intestinal est le siège chez les individus atteints depuis long-temps d’une lésion organique du cœur ou des gros vaisseaux. Quelquefois aussi la membrane se colore en rouge dans toute son étendue par son contact avec du sang épanché dans l’intérieur du canal digestif ou avec des médieamens colorés.
Teinte brune et violacée a. Uniforme. D’après le docteur Billard, elle â pour cause l’inflammation dans
les neuf dixièmes des cas au moins ; les poisons irritans la déterminent souvent, b. Striée. Ce sont les marbrures de la membrane muqueuse de l’estomac qui ont été signalées dans les livres d’anatomie ; elles sont considérées par le même auteur comme pouvant être les traces d’une inflammation ancienne, etmême d’une inflammation actuelle peu intense, entretenue par une cause irritante quelconque : elles sont ordinairement brunâtres et semées sur un fond de couleur naturëlle.
Teinte ardoisée. Cette coloration, regardée par le docteur Billard comme appartenant à d’inflammation chronique, et comme étant produite par du sang altéré et épanché dans le tissu muqueux, se présente sous l’apparence pointillée , et uniformément répandue sur une surface plus ou moins grande.
Teinte noire ou mélanique. La inélanose sé montre lë plus ordinairement sous forme de plaques plus ou moins étendues sur le eahal digestif, soit du côté de sa tunique péritonéale, soit à sa face interne ; quelquefois elle est sous formé de taches semblables à des pétéchies , ou de points ou de stries. Il est probable qu’en général elle provient d’une altération morbide du sang; et s’il n’est pas démontré quelle reconnaisse pour cause une phlegmasie du tube digestif, toujours est-il qu’elle ne se rencontre presque jamais à la face interne des intestins , sans que la membrane muqueuse ne soit en même temps dans un état d’inflammation chronique évident. Ici c’est la corrosion des glandes intestinales avec toutes les traces d’une dysenterie ancienne, ou des ulcérations grises qui environnent les points noirs;
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plus loin c’est une rougeur foncée, avec épaississement de la membrane muqueuse. Certains poisons , et notamment l’acide sulfurique concentré, oecasionent dans le canal digestif une altération ayant des rapports avec la mélanose.
Teinte grise. Indépendamment des colorations déjà citées, M. Louis indique dans ses recherches sur les affections typhoïdes, une teinte grise de la membrane muqueuse qu'il n’a rencontrée que dans l’intestin grêle, et dans le gros intestin, d’un certain ordre de sujets, de ceüx qui ont succombé à une époque plus ou moins éloignée du début (i).
Les diverses teintes dont nous venons de parler peuvent-elles être confondues avec les. rougeurs qui se développent après la mort? Les considérations et les expériences suivantes nous paraissent propres à résoudre cette question.
i°. MM. Bigot et Trousseau ont fait voir que Finjection du canal digestif est un phénomène invariable de la stase du sang dans les anses déclives de ce canal, et que dans certains cas le sang distend à la fois les troncs, les rameaux, les ramuseules veineux, colore
(i) On remarque encore dans certaines fièvres graves, notamment dans celles que l’on désigne sous le nom d’ataxoadynamiques, des colorations plus ou moins analogues à cëlles que nous avons notées; mais elles sont ordinairement accompagnées d’un état eiânthémàtéüx, d’ulcérations, de perforations etc., lésions qui ne permettent pas de les considérer comme étant le résultat de la putréfaction.
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les villosités, et transsude à la surface de la membrane muqueuse, sans qu’il y ait eu inflammation de l’intestin, et par le fait seul de la stase du sang dans les parties déclives. ( Archives générales de médecine, tome 12 e .) Cette injection peut amener une coloration diffuse à aspect arborisé, ou des rougeurs circonscrites sous forme de points, de stries, de taches, etc.
2 °. Différentes matières putrides qui se développent dans l’intestin , donnent lieu à des stries rouges , qui correspondent presque toujours aux valvules,cônniventes, et qui ont leur siège au-dessous de la membrane séreuse.
3°. Tous les médecins qui ont' ouvert des cadavres pendant des étés très-chauds, savent que trente ou quarante heures après la mort, chez certains sujets, les membranes de l’estomac sont déjà imbibées de sang et uniformément rouges, surtout dans l’extrémité splénique; quelquefois cependant la rougeur,-au lieu d’être diffuse, est sous forme de taches, de striés ou de bandes le long du trajet des vaisseaux.
Expérience i re . Une chienne de moyenne taille fut empoisonnée le 3o janvier i83o avec une once d’acide sulfurique étendu de quatre onces d’eau; elle mourut le lendemain à neuf heures du matin. On la mit dans une bière en sapin mince que l’on entoura de paille. Le i3 février suivant, la terre étant dégelée,la boîte fut inhumée dans un des coins du jardin de la Faculté de Médecine de Paris; la fosse était creusée à trois pieds de profondeur.
Examen du cadavre , le 6 mai i83o, trois mois six
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jours après le commencement de l’expérience. L’estomac contient une quantité notable d’un liquide noir, épais, dans lequel on peut démontrer aisément la présence de l’acide sulfurique* L’intérieur de ce viscère étant lavé, présente à l’intérieur un grand nombre de vaisseaux-volumineux gorgés de sang noir coagulé; on remarque en outre, entre ces gros vaisseaux, une injection capillaire imitant une arborisation très-fine. La membrane muqueuse est d’un rouge,brun, ni ulcérée ni épaissie, mais assez résistante ; les tuniques museu*. leuse et séreuse sont également rouges.
Expérience 2 e . La même expérience ayant été répétée sur un autre chien avec la même dose d’acide sulfurique étendu de huit onces d’eau, et l’ouverture du cadavre ayant également été faite le 6 mai, on a vu que l’estomac renfermait une petite quantité d’un liquide rosé, et que la membrane muqueuse, d’un gris rosé, parsemée çà et là de plaques rouges, détruite dans quelques points, et très-ramollie dans tous les autres, était le siège d’une arborisation vasculaire très-fine, interrompue dans plusieurs endroits, et manquant là où la membrane muqueuse n’existait plus ; les petits vaisseaux qui constituaient cette injection étaient noirs; la teinte générale de l’intérieur de cét estomac ressemblait assez à celle du même viscère d’un des chiens pendus et enterrés le même jour ( ■voyez expérience 4 e ); mais chez ce dernier il n’y avait aucune apparence d’arborisation.
Expérience 3 e . Un chien empoisonné, le 3o janvier ï83o, par l’acide hydrochlorique étendu de quatre
fois son poids d’eau, et mort le surlendemain, fut inhumé et exhumé comme les précédens. L’estomac renfermait une petite quantité d’une matière trèsépaisse et noire; la membrane muqueuse, notablement épaissie et facile à déchirer, était d’un vert foncé parsemé de taches noires qui étaient autant d’ulcères intéressant cette membrane, et même la tunique musculeuse : il n’y avait aucune trace d’arborisation.
Expérience 4 e . Un chien de moyenne taille, à jeun, ayant été pendu le 3o janvier i83o, fut inhumé et exhumé comme les précédens. Quelques minutes avant la mort, on avait fait une fracture à la cuisse gauche.^ La membrane muqueuse de l’estomac, très ; lisse, était diversement colorée en violet sale, en rougeâtre, en rouge pâle et en gris; on y remarquait quelques ramifications rougeâtres qui, au premier abord, semblaient être de gros vaisseaux injectés, mais qui, examinés avec soin, furent reconnus pour être le résultat d’une imbibition des parois vasculaires et de la membrane muqueuse, sans aucune trace d'arborisation. Cette tunique était amincie, ramollie et facile à séparer. La membrane musculeuse était grisâtre.
La cuisse fracturée était: plus ramollie que l’autre ; mais il n’y avait aucune trace d’ecchymose ni d’autre caractère pouvant servir à faire reconnaître si la blessure aurait été faite pendant la vie. La putréfaction de ce cadavre avait marché beaucoup plus vite que celle des autres, en raison de la solution de continuité dont nous parlons.
Expérience 5 e - Un autre chien ayant été soumis à la
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même expérience, excepté que la cuisse n avait pas été fracturée, l’estomac était à peu près dans le même état; toutefois, il n’était point le siège des ramifications rom geâtres mentionnées plus haut , et sa membrane interne offrait, outre les Colorations déjà notées, quelques plaques assez larges d’un vert olive. ^ ^
Les faits qui précèdent nous permettent de répondre à la question que nous avons posée plus haut, que les diverses teintes rouges, brune, violacée , ardoisée et noire , peuvent être confondues avec les colorations qui se développent après la mort. A la vérité, nous croyons que les teintes rouges, ramiforme ,capilliforme , .pointillés et striée, ne sont pas. souvent le résultat de l’hypostase ni de la transsudation du sang : d’abord, parce que nous ne les avons jamais, rencontrées, dans nos recherches sur les exhumations, et ensuite parce que, dans les expériences tentées sur les chiens, pour résoudre le problème, nous n’avons jamais observé d’injection -vasculaire t de véritable arborisation dans l’esr tomac de ceux qui n’avaient, pas été empoisonnés; tandis que ceux dont ce viscère avait été enflammé par une substance vénéneuse, en offraient constamment; et, à cet égard, la différence était très-remarquable, même au bout de trois mois. Quoi qu’il en soit, on pourra presque toujours reconnaître si les teintes rouges dont nous parions sont un phénomène cadavérique, parce qu’elles occuperont les parties les plus déclives de l’estomac et des intestins;
Quant à la rougeur par plaques, celle qui est le résultat de la putréfaction des cadavres qui sont dans la
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terre est souvent jaunâtre et même aurore ; loin d’être bornée à la membrane muqueuse, elle s’étend à toutes les tuniques qui forment les parois de l’estomac, et elle est merne plus marquée à l’extérieur de l’organe qu a l’intérieur, ce qui n’a pas ordinairement lieu dans le cas d’inflammation gastro-intestinale ; quelquefois aussi les plaqués dont il s’agit sont produites par l’imbibition cadavérique au voisinage du foie et de la rate ; tuais alors la coloration occupe la membrane péritonéale, et elle est si nettement circonscrite dans les points où se faisait le contact, qu’il n’y a pas possibilité de commettre d erreurs à ce sujet : d’ailleurs, la membrane muqueuse dé l’estomac ne pourra être colorée par les liquides du foie ou de la rate, qu’autant que-toute l’épaisseur des parois aura été colorée préalablement.
Si; à l’exemple de M. Billard , nous rattachons aux rougeurs inflammatoires par plaques les ecchymoses delà membrane muqueuse ^c’est-à-dire les épanchemens sanguins, circonscrits, provenant d’une equse mécanique, nous verrons quelles occupent la portion la plus déclive du tube digestif, qu’elles eo-existent avec unfeiîîje-etion générale des.vaisseaux abdominaux, et souvent avec une exsudation sanguine dans la partie ecehymosée.. Si la putréfaction développe quelque chose d’analogue, ce ne doit être que fort rarement, puisque nous ne l’avons jamais observé. Nous en dirons autant des pétéchies de, la membrane muqueuse gastro - intestinale, véritables exhal ations san guines, bien décrites par Stoll, par MM. Mérat, Billard , etc. ;
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la décomposition putride ne produit jamais rien qui ressemble à cette lésion.
La rougeur diffuse et la teinte brune et violacée sont celles que l’on serait le plus tenté de regarder comme étant le résultat de la putréfaction, d’autant mieux qu’elles envahissent souvent les tuniques musculaire et séreuse. Les caractères indiqués à l’occasion delà rougeur par plaques pourront servir quelquefois à établir la distinction.
Quant à la teinte ardoisée, MM. Rigot et Trousseau pensent qu’elle pourrait aussi reconnaître une autre cause que l’inflammation, et provenir de phénomènes purement cadavériques, du développement, par exemple, du gaz acide hydrosulfurique, et de l’action de ce gaz Sur le sang des vaisseaux sous-muqueux. S’il en est ainsi, comment distinguer si cette teinte ardoisée générale est ou non le résultat d’une lésion vitale? C’est ce qu’il nous est impossible de dire. Nous ne mettrons pas la même réserve pour assigner une origine à ces plaques ardoisées, quelquefois verdâtres, plus ou moins étendues, que nous avons souvent trouvées aux environs du pylore, et qui nous paraissent être le résultat de la putréfaction ; en effet, la membrane muqueuse de ces parties n’est pas devenue plus épaisse; elle ne s’enlève pas plus facilement en larges lambeaux, et la plaque colorée est circonscrite ; tandis que la teinte ardoisée , que l’on remarque chez les individus qui ont succombé avec une gastrite chronique, n’affecte pas spécialement les environs du pylore, et n’est pas aussi bornée. D’ailleurs, si cette plaque était
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le résultat d’une phlegmasie chronique ou d’une congestion passive, pourquoi ne l’apercevrait-on pas peu de temps après la mort? Nous sommes portés à croire qu’elle est due au voisinage du foie , car elle intéresse toutes les membranes de cette partie de l’estomac,* et d’ailleurs, le foie prend une teinte analogue à mesure qu’il se pourrit dans la terre ; il renferme dans sa substance des matières d’un bleu foncé qui finissent par devenir liquides, et qui doivent nécessairement s’épancher à l’extérieur de l’estomac.
Pour ce qui concerne la teinte noire ou mélanique , il pourrait arriver , par suite de la putréfaction, que les parties de l’estomac qui sont en contact avec la rate, et surtout avec le foie, offrissent une coloration noire qui en imposât au premier abord, et fît croire à l’existence d’une mélanose ; cette teinte noire ne se manifesterait que lorsque les liquides, dont le foie et la rate sont imprégnés,. auraient acquis eux-mêmes cette couleur; et alors on pourrait juger si la coloration est cadavérique, parce qu’elle serait bornée aux parties touchées par ces organes, ou seulement par l’un d’eux. Les traces d’inflammation chronique, jointes à une coloration noire qui ne serait pas circonscrite aux portions qui ont été en contact avec ces mêmes organes, serait au contraire un indice certain de la présence de la mélanose.
B. Consistance. Les considérations relatives aux diverses altérations de cet ordrè ont un rapport immé^ diat avec le sujet qui nous,occupe. Les ramollissement que Ton observe dans les tissus du canal digestif des ca%
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davres que Von ouvre avant ou après l'inhumation , sontils le résultat d'une lésion 'vitale ou le produit de la putréfaction? Telle est la question importante que nous devons nous efforcer de résoudre.
Signalons cf’abord une première difficulté, qu’il faudrait surmonter avant de chercher à donner une solution du problème. Parmi les médecins qui se sont le plus occupés de cette matière, M. Louis regarde le ramollissement pultacé de l’estomac, qui a fait l’objet de son mémoire, comme étant souvent le résultat d’unë maladie éprouvée par ce viscère pendant la vie. M. Cruveilher, au contraire, considère ce même ramollissement comme étant toujours un effet de-la putréfaction. D’après M. Cârswell, le plus grand nombre des ramoliissemens de l’estomac sont dus à une action chimique qu’ont exercée sur les viscères, après la mort , les sucs digestifs. Il est évident que tant qu’on ne sera pas d’accord sur ce premier point, il sera impossible d’établir les caractères propres à distinguer le ramollissement cadavérique de l’autre, puisque pour tel auteur un ramollissement sera le produit de la putréfaction, tandis que pour tel autre il sera le résultat d’une affection morbide.
En attendant que de nouvelles recherches aient fixé sur ce point les opinions des savans, voici les différences établies par MM. Cruveilher et Cârswell entre ces deux sortes de ramollissement.
i°. Le ramollissement gélatiniforme ou vital , dit M. Cruveilher, a lieu presque toujours chez les enfans, à la suite d’une maladie dont les signes varient suivant
son siège, mais sont bien déterminés : on l’observe l’hiver comme l’été. L’estomac ou l’intestin ramolli n’ont pas besoin de contenir de liquide; il a été trouvé chez un sujet ouvert douze heures après la mort. — Le ramollissementpultacé se remarque chez les adultes, à la suite de toutes, les maladies aiguës ou chroniques; aucun symptôme ne l’indique pendant la vie ; il survient presque toujours pendant l’été ; en hiver, on le voit aussi sur des cadavres ouverts quarante - huit heures après la mort, et il est nécessaire qu’il y ait une certaine quantité de liquide.
2 °. Le ramollissement gélaiimjorme n’occupe pas toujours l’extrémité splénique dejVestomac; on le trouve aussi à sa paroi antérieure, près du cardia, à l’œsophage , dans l’intestin'grêle et dans les divers points du gros intestin. Le ramollissement pultacé occupe; toujours la grosse extrémité de l’estomac. Le bord libre des plis que forme la membrane muqueuse, est détruit , : et l’estomac est quelquefois bariolé de bandes blanches qui toutes correspondent à ces plis.
3°. Dans le ramollissement gélatiniforme , non-seulement la membrane muqueuse est envahie, mais la tunique albuginée, la membranemusculaire : il y a épaississement des parois qui ont acquis, dans certains cas , jusqu’à quatre fois l’épaisseur naturelle. M. Cruveilher dit avoir vu une fois F estomac perforé ; il y avait en outre un épanchement et des traces non équivoques d’un travaiL morbide tout autour. Dans le ramollissement pultacé , la membrane albuginée résiste d’ordinaire ; la tunique muqueuse seule est convertie en une
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pulpe brunâtre ; les parois du viscère ne sont pas épaissies : on n’a jamais observé de perforation bienjprononcée.
Le ramollissement gélatiniforme , ajoute M. Cruveilher,offre le même aspect que celui que donne aux tissus l’action d’un acide peu étendu, ou d’un alcali; lorsque ces tissus ont été saisis, racornis par un acide, plongez-les dans l’eau, vous aurez une altération toutà-fait semblable à celle qui constitue le ramollissement gélatiniforme ; et il y a si peu putréfaction, que les tissus ramollis n’exhalent aucune odeur et peuvent être facilement conservés (Note inédite).
Le docteur Carswell différencie ainsi les ramollissemens pathologiques et cadavériques : i° Dans le ramollissement pathologique , la membrane muqueuse est souvent rouge, et qu’elle soit rouge ou blanche, toujours elle est plus ou moins opaque et ressemble à de la crème épaisse, mêlée de farine ; ce ramollissement peut exister dans toutes les parties de l’organe, et ■làoù les sucs gastriques n’ont pu évidemment séjourner; les bords de la partie altérée ne sont pas libres, adhèrent aux organes voisins, et offrent des vestiges d’actions rtiorbides. 2° Dans le ramollissement cadavérique ou par dissolution chimique , la membrane muqueuse est pâle, transparente, et a une consistance gélatiniforme; le siège de cette altération est au point le plus déclive de l’organe, là où les sucs gastriques naturellement s’accumulent dans le grand cul-de-sac; les bords des parties ramollies sont libres, sans adhérence aux organes voisins; on n’observe dans leur voisinage aucuns
vestiges d’actions morbides ; il n’y a pas eu d’épanchenient ; enfin le sang contenu dans les vaisseaux de la partie altérée est noir ou brun ( Archives générales de Médecine , tome xxm e ).
Terminons tout ce qui se rapporte au ramollissement du canal digestif par l’exposition dé ce que nous avons remarqué dans les diverses exhumations que nous avons faites : on croira peut-être qu’en examinant des cadavres enterrés depuis plusieurs mois, nous avons dû trouver le ramollissement dont nous parlons porté au dernier degré, puisque souvent il est trèsconsidérable dès le lendemain de la mort. Loin de là, nous n’avons jamais vu les parois de l’estomac assez ramollies pour être près de se détruire; jamais nous n’avons observé le ramollissement sous forme de bandes qui se produit lorsque la membrane muqueuse est plissée; presque toujours il occupait la grosse extrémité de l’estomac, et les parties ramollies présentaient cette variété de colorations que l’on remarquait sur la membrane muqueuse; en un mot, ce ramollissement nous paraissait offrir, à très-peu de chose près, les caractères assignés par M. Gruveilher à celui qu’il nomme puîtacé ; seulement il existait à un degré peu marqué.
G. Matières contenues dans le canal digestif. Les matières qui doivent faire le sujet de cet article sont les gaz, les mucosités, la bile, le sang et un liquide brunâtre.
Il est difficile, pour ne pas dire impossible, de déterminer si les gaz que l’on trouve dans le tube digestif se sont dégagés après la mort ou pendant la vie ; les
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maladies aiguës dans lesquelles ce phénomène a lien sont à la vérité très-peu nombreuses, ce qui pourrait mettre jusqu’à un certain point sur la voie; on ne la guère observé que dans la péritonite, l’affection typhoïde et l’occlusion des voies digestives.
Mucosités et bile. Les mucosités abondantes qu’on rencontre quelquefois dans le tube digestif sont évidemment le résultat d’une sécrétion pendant la vie. Quand elles sont très-épaisses, très-consistantes, elles annoncent une phlegmasie de la membrane muqueuse, puisque dans toutes les affections catarrhales, le coryza, la bronchite, etc., leur opacité et leur consistance sont toujours en raison de l’irritation inflammatoire. Il est des cas où ces mucosités sont purulentes et sous forme d’un pus épais presque louable, Rien, dans ce que nous avons vu, ne nous porte à croire que la putréfaction puisse développer quelque chose de semblable ; cependant il ne serait pas impossible qu’à une certaine époque, quand le ramollissement de la membrane muqueuse est à son comble, les miicositésnaturellement existantes dans le canal digestif des cadavres, en se mêlant aux produits de ce ramollissement, offrissent l’aspect purulent dont nous venons de parler. On doit sentir combien il serait difficile alors d’établir la distinction.
La bile, mêlée aux mucosités, l est le plus souvent pendant la vie ; cependant on sait que l’imbibition cadavérique peut donner lieu àsa pénétration de dehors en dedans. Si sa consistance est augmentée , si elle est poisseuse , on devra la regarder comme altérée par un
travail phlegmasiqiie, surtout si elle adhère fortement à la membrane muqueuse , qui offre elle-même une couleur rouge.
Sang. C’est ici que les phénomènes vitaux et cadavériques peuvent être aisément confondus. Il est incontestable quedans certaines dysenteries, dansles dernières périodes de la fièvre typhoïde 1 , dans la fièvre jaune, du sang plus ou moins pur peut se trouver dans le canal intestinal. Il n’est pas rare, de voir dans des portions enflammées de l’intestin un liquide rougeâtre qui paraît dû à un mélange de sang et de mucus : le cœur et. l’intestin grêle en contiennent le plus souvent. M. Andral a vu, au milieu des ascarides, cette espèce de mucosité sanguine qui n’existait qu’autour d’eux. En injectant du sublimé corrosif dans le tissu cellulaire d’un chien, M. Smith a trouvé la membrane muqueuse gastrique recouverte par une abondante exhalation sanguine:
D’une autre part, les observations sur les phénomènes cadavériques prouvent que l’exhalation sanguine , ou plutôt l’éeoulement du sang hors des vaisseaux , peut avoir lieu par simple compression de gaz. développés par la putréfaction; à la vérité, ce phénomène doit être excessivement rare, puisque nous ne l’avons jamais observé.
D. Emphysème sous-muqueux. Non-seulement il est des observateurs qui admettent que l’emphysème sousmuqueux peut arriver pendant la vie ( V. les diverses observations publiées par MM. J. Cloquet, Aristide Bosc, etc., dans les Bulletins de J la Faculté de Méde -
TRAITÉ
cine, t. 7 e , et clans plusieurs autres recueils ) ; mais il en est qui le regardent comme une preuve d’inflammation; telle est l’opinion de M. Scoutetten. Quoiqu’il en soit , toujours est-il que l’on rencontre quelquefois ce dégagement de gaz dans l’épaisseur des parois intestinales ou de l’estomac, quand on ouvre.les cadavres peu d’heures après l'a mort et avant que la putréfaction ne se soit manifestée; mais c’est surtout dans le canal digestif des corps qui ont séjourné pendant quelque temps dans la terre, dans l’eau, etc., qu’on la remarque: alors la membrane muqueuse est soulevée, amincie, flexible ,.et forme des bulles quelquefois fort grosses et crépitantes au toucher. Qu’on 11e pensé pas cependant que cet emphysème soit un effet constant de la putréfaction; car il est aisé de voir que dans les ouvertures que nous avons décrites, il n’a pas toujours existé. 11 n’y a aucun moyen de juger , long-temps après la mort, si l’emphysème sous-muqueux, est le résultat d’une lésion vitale, ou s’il s’est développé après la mort.
§., II. A Itérations gastro-intestinales avec perte- de substance . On sait que dans ces derniers temps le docteur Carswell a fait revivre l’ancienne opinion de Hunter, d’Adams, d’Allan Burns , etc., qui admettaient la dissolution de la membrane muqueuse de l’estomac par le suc gastriqué, surtout dans des cas de mort subite : des expériences ingénieuses, faites sur les animaux, ont porté ce médecin à penser que le plus grand nombre des érosions et des perforations du canal digestif étaient dues à l’action chimique qu’ont exercée sur ces viscères, après la mort, les sucs digestifs. Quelque
contestée que puisse être cette manière devoir, il n’en résulte pas moins de tout ce qui est connu sur ce point, et notamment de celles des recherches de M. Carswell sur lesquelles tout le monde est d’accord, que des érosions et des perforations de l’estomac et des intestins peuvent reconnaître pour cause l’action chimique du suc gastrique après la mort. Ajouteronsnous à ces deux genres d'érosions et de perforations, les unes vitales, les autres produites par le suc;gastrique après la mort, un troisième genre, qui comprendrait les érosions et les perforations occasionnes par la putréfaction, et qui se manifesteraient plus .ou moins long-temps après l’inhumation dans les tubes digestifs qui n’en offraient aucun vestige au moment de la mort? Saris doute, rien ne s’oppose à ce que l’on admette ce troisième genre d’altération ; mais nous né Croyons pas qu’il soit commun, car nous ne l’avons observé r qu’une fois, ;et tout porte à- croire qu’alors les perforations des intestins avaienfr'été produites par desjyers. Nous nous .bornerons :donc à dire que les érosions 1 et des perforationsndm rcanal- îdigestif sont vitales ou cadavériques, Jsans décider, dans un cas d’exhumation juridi que. \.si eeà' demièrès sbiïtjdues ou non à l’action du sue gastriqueet nous renverrons à ce que nous avons dit à la page a 5 i , à roccasion du ramollissement, pour- reconnaître si elles existaient avant la mort.
Pour mieux mettre le lecteur à même de juger si les ulcérations que l’on peut rencontrer dans le canal digestif , sont le produit d’une action vitale, nous croyons
devoir rappeler sommairement les principaux caractères de ces lésions*
Les; ulcérations de la membrane muqueuse, dans les fièvres graves * affectent presque exclusivement les ' glandes de Brudner et de Peyer ; elles se trouvent généralement .sur le bord libre de l’intestin ; constamment il en est ainsi, quand ce sont les plaques de Peyer qui en sont le siège; des matières diverses, par leur aspect et leur consistance.* en remplissent le fond : tantôt ce sont de véritables escarres, ce que M. Bretonneau appelle des bourbillons; tantôt ce sont des masses molles, Colorées en jauné vif. Ces ulcérations ont une forme elliptique, et sont presque toujours parallèles à la longueur de l’intestin.
Les ulcérations tuberculeuses présentent le plus souvent, dans leur fond* des portions encore reconnaissables de. tubercules; elles occupent surtout le bord adhérent des intestins^. et leur direction est transversale. ’
Le;-gros 1 intestin présente aussi des ulcérations remarquables , sunfcoutcdans -èertainés dysenteriesj; quelquefois il ? est criblé d’ulcères très-petits et très-rapproebés*q.uÊlui donnent un aspect aréolaire; dans d’autres cas*'les ulcérations son t larges , leurs bords durs'et taillés à pie; ; elles offrent une teinte' d’un noir foncé* qui pourrait foiré croire au premier abord à rexistenee de la gangrène; mais il n’y a point d’odeur, et l’uleeration est assez ferme : son apparence est plutôt celle d’iin fond de cheminée couvert de stalactites de fumée*
DES EXHUMATIONS JURIDIQUES. l6l
Du reste, c’est dans les ouvrages de MM. Billard, Andral, Bretonneau, etc., qui ont traité, ce sujet ex professa, que l’on peut puiser les caractères des nombreuses variétés d’ulcérations intestinales. ~
Lésions du foie. Les abcès du foie, son ‘cancer tubercules, son induration, sa dégénération graissèusé(i), l’hyperthrophie de sa substance rongé qui constitue l’état granuleux, la cirrhose ou rhyperthrophie de la substance blanche , aucune de. ces lésions né peut être confondue avec l’état que détermine Ja putréfaction^ il n’en est pas de même du. ràmollifsèment que plusieurs médecins regardent comme pathologique , parce qu’on l’observé peu. d-heures après la mort et ayant le développement de la putréfaction. Ainsi on a vu, chez des sujetsqui avaient succombé à des fièvres typhoïdes, le foie ramolli , surtout dans le grand lobe, et facile à déchirer., .comme : on le remarque plusieurs semaines après la rmort sur les: cadavres déjà pourris ; quelquefois la couleur de ifôetréèganë était rouge, et alors il aurait été impassible de distinguer si le ramollissement était vital où cadavérique; le plus souvent, il est vrai, lë défaut de .consistance dont nous parlons s’accompagnait d’une pâleur
(i) On ne saurait confondre la dégénération graisseuse du foie avec l’état du même organe qui se serait converti én gras dés cadavres ; d’ailleurs, si le foie était transformé en savon, par suite de la décomposition putride qu’il aurait éprouvée, beaucoup d’autres organes , pour ne pas dire tous, le seraient également.
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ou d’une coloration jaune, qui n’est jamais le résultat de la décomposition putride.
Quant à Xhépatite, si la rougeur ou lé ramollissement du foie, sans une certaine quantité dé pus, peuvent être considérés conimë une preuve non équivoque de son inflammation, ce qui est loin d’être démontré, il faudra convenir :que dans les cas d’exhumation, où cet organe sera seulement rouge et ramolli, il y aura souvent impossibilité de constater cette inflammation, parce que, comme nous l’avons déjà dit, le propre de la putréfaction est de-déterminer aussi la coloration et le ramollissement dont il s agit.
Altérations de la rate. 11 en est de la rate comme du foie ; ôn ne peut guère comparer ces Organes putréfiés qu’aux mêmes organes: ayant éprouvé pendant la vie un ramollissement notable ; eh effet, plusieurs fois on a trduvé la rate ramollie dans toute son étendue, surtout chez des individus qui avaient succombé à des fièvres ataxo-adynamiques ; son tissu était si peu consistant, dans certains cas, que par la plus légère pression on la réduisait en bouillie couleur de lie dé vin ou noiré; à la vérité, presque toujours le ramollissement était accompagné de Xaugmentation de volume qui était quelquefois double, phénomène que nous n’avons jamais remarqué dans les rates ramollies et colorées par l’effet de la décomposition putride. Que si, par hasard, cette tuméfaction n’existait pas, comme cela paraît avoir été observé un petit nombre de fois chez des sujets qui n’étaient pas morts de fièvres ataxoadynamiques, il serait impossible de décider silera-
mollissement et la coloration sont cadavériques ou non. Mais est-il bien avéré que les ramollissements sâïïs augmentation de volume, que l’on a considérés comme pathologiques, le soient réellement ; et n’est-il pasprésumable qu’ils sont plutôt l’effet de la putréfaction: dé la rate , qui , chez certains individus et dans les ^saisons: chaudes et humides, se développe: avec une rapidité prodigieuse ?.... ' - mh.fddie
A Itérations des organes urinaires ; Qmàr fiouverture d:iin cadavre , dans -un cas d’exhumation juridique j on trouvé dirpusÿ des tumeurs de différente: hatuçe:| ou des tubercules: dans, les .reins*; apte le-pürénclïyMe dé ees organes soit transformé en uBe matièreldure^stefi veuse, osseuse, cartilagineuse ou molle :,: et comme spongieuse ou:graisseuse, on ne.sera pas tenté, dsattrb buer ces états à laputréfactiôh, màis'fbiçn-à uné lésiori vitale; Qu’au, contraire les reinsiscfient rodges, pl-ua inl jectés : qu’à: l'ordinaire., ramollis: et êdevolume, ordinaire :,r OiBserai souveMénd^arrasséspoiurpdétid^ suces altérations sont eadavériqu'es, pùisqiéêllesïpeuvéntietre le résultat deiaputréfactibn ÿ et:que^;d’uriô au tre part, ou les a constatées: chez deslndividusujui avaieiit succombé à des fièvres atâxo-adynamiquesÿià desrinfiammationS; dés reins^our.dé la vessie-,; à;des.affeetioris; caleulèuses ; des reins j etc., et qui avaient, été ouverts avant d’être pourris. A la: vérité ^souvent, .quand la mort a été ocçasionée par une néphrite .qui n!a déterminé que ce premier degréd’altéràtion, une réplé> tion sanguine des reins, ces organes'sont beaucoup plus volumineux, et laissent ruisseler du sang sous les
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doigts lorsqu’on les coupe; nous ajouterons encore qu’il est rare, pour peu que l’inflammation ait été intense* qu’on ne puisse, en comprimant les mamelons, faire suinter un liquide séro-purulenf, ce qui m’arrive jamais quand l’altération des reins est due à la décomposition putride. Quant au ramollissement des reins avec pâleur ou teinte grise de l’organe, il est impossible de le considérer comme un phénomène cadavérique* par cela meme qu’il y a décoloration.
: o i^essiè, Qn ne saurait considérer, nomme étant l’effet . de la putréfaction, ni l’épaississement* njl’ulcéfationvni lés abcès, ni la gangrène,ni les végétations, ni les polypes; ni le cancer f ni les kystes * ni les tumeurs graisseuses: de la vessie^ il n’y a guère que le ramolissement de cet organe, accompagné de là rougeur de la membrane interne, résultat d’une cystite, qui pourrait, à la rigueur * être pris pour teL Mais mou$''feÿûns-remarquer que dans l’inflammation de la vessie* souvent la rougeur, qui est vive et quelquefois très-intense, est sous forme de ramifications ou de plaques plus ou moins pointillées; que le . plus ordinairèment elle occupe les environs du col de la vessie, et que rarement la tunique muqueuse est ramollie ; tandis que lorsque les phénomènes sont cadavériques, l’intérieur de la vessie est de couleur rosée ou d’un, vert olive dans une assez grande partie de son étendue., et quelquefois la-tunique muqueuse est soulevée par des gaz et dans un état emphysémateux. .
SEGTIGM III.
Applications dçs données précédentes à la médecine légale.
Ütilîtèdes exhumations pour éclairer lés questions relatives - à" renipoisénhëmerit, aux 'blessures, à l’infanticide, a l'appréciation -du sexe ; de l’âge 5* dé la taille et de tout ce qui se rapporte à l'identité. .Réfutation des auteurs qui ont considéré les exhumations juridiques, non-seulement comme inutiles , mais encore comme pouvant induire quelquefois
les experts en erreur.