CHAPITRE V
De la marche comparée de la putréfaction dans k terre, dans l’eau, dans ies fosses d’aisance et dans le fumier.
Ce chapitre peut être envisagé sous un double rapport : d’une part, on compare les cbangemens qu’éprouvent les divers tissus dans l’un et l’autre de ces milieux, pour en faire ressortir les différences, et établir en quelque sorte le caractère distinctif de chacun de çes modes de putréfaction : c’est ce que nous avons.
fait dans les quatre résumés placés à la fin des quatre chapitres qui précèdent ; d’un-autre côté , on s’attache à déterminer l’influence de ces mêmes milieux sur h marche plus ou moins rapide de la putréfaction : c’est ce qui nous paraît devoir faire l’objet de cet article. Un pareil problème, pour être résolu, exige que l’on soumette des parties d’un même cadavre à l’action de ces milieux en même temps et dans le même emplacement, afin d’annuler les autres conditions pouvant exercer quelque influence sur la marche de la décomposition putride, et d’être sûr que la différence dans la marche doit réellement être attribuée au milieu dans lequel le cadavre est plongé. Nous avons agi sur des parties d’un même fœtus, et nous avons pensé que le travail offrirait plus d’intérêt en examinant encore la marche de la putréfaction dans l’air atmosphérique.
Voici les détails de ces expériences.
Dans l’air atmosphérique. L’avant-bras et la main d’un fœtus mort la veille ont été mis en contact avec l’air atmosphérique le 6 mai 1828, à 10 heures du matin : la température a varié dans la journée de 14° à 1 <f thermomètre centigrade (1). Le 7 mai, les ongles et le pouce sont livides; point d’odeur. 8 mai, teinte vio-
(1) Température depuis le 7 mai jusqu’au i 3 juin inclusi-. vement : 7 mai, de 16 0 à 21 0 ; le 8, de i 4 ° à i 5 ° ; le 9, de 12 0 . à i 3 °; le 10, de i 3 ° à i 4 °; le 11, de u° à i 5 °; le 12 , de i3°à i 4 °; le i 3 , de i 4 ° à i 5 °; le 14, de n° à 12 0 ; le i 5 , de 11° à. i2°; le 16, i 5 °; le 17 , de i 5 °à 160; le 18, de i 4 ° à i 5 °; le i9> de i2° à r 3 o; le20, 179; le 21, de i 4 ° à i 5 °; le 22 ,de i 3 °
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lacée générale; odeur à peine sensible, g mai, couleur verte livide, notamment aux articulations; l’épiderme commence à se détacher et à être soulevé par une petite quantité de sérosité; l’odeur n’est bien manifeste que dans la plaie faite à la partie supérieure de l’avantbras pour détacher celui-ci du bras, io mai, la teinte verte est plus prononcée; l’épiderme s’enlève en totalité ; le membre exhale une odeur fétide ; la plaie est sèche, ii mai, les ongles sont presque noirs; la peau est tachetée de plaques brunes, violettes, vertes, roses ; on remarque déjà des larves assez grosses : odeur toujours forte. 12 mai, le ramollissement est tellement sensible, que la surface palmaire contiguë à la table est aplatie; elle est assez humide; sa couleur est verte jaunâtre; la surface.dorsale qui est en contact avec l’air est sèche, d’un rouge fonce : odeur fétide, surtout dans les parties ramollies; larves plus grosses. 13 mai, les teintes verte et rouge sont plus prononcées ; cette dernière annonce que la dessiccation de la portion dorsale ne tardera pas à être complète. 14 mai, la teinte verte domine. i5 mai, la portion palmaire commence à se dessécher; les muscles conservent leur couleur rouge ; l’odeur est forte et différente de celle qui s’était mani-
i 5 0 ; le 23 , de 12° à i 3 <> ; le 24, i 4 <> ; le 25 , i 4 ° ; le 28, io° à 12°; le 29, de i 4 ° à 16°; le 3 i, de i 5 ° à 180; le I er juin, 20°; 2, idem; o, de i 5 °à 18 0 '; 5 , i 5 ° ; 6, i 4 oî 7, ï 3 °; 9 , i 5 °; 11, de i 3 ° à i 4 °; i 3 , de 12° à i 4 °.
Ce travail avait déjà été publié par l’un de nous en 1823’ ( Y. Leçons de médecine légale, V e édition ).
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festée dans les premiers jours. 16 mai, rien de remarquable. Deux ou trois jours après, la dessiccation a fait de tels progrès, que l’on n’observe plus aucun phénomène de putréfaction.
Si, au lieu d’agir ainsi, on place là même partie du fœtus au-dessus d’un baquet contenant de l’eau, à quelques pouces de ce liquide, la décomposition putride marche avec beaucoup plus de rapidité, parce que la matière animale est plongée dans une atmosphère plus humide.
L’avant-bras et la main de l’autre côté du même fœtus ont été exposés à l’air, après avoir été profondément incisés dans trois endroits : la putréfaction a marché beaucoup plus rapidement, comme le prouvent les détails suivans. Le 7 mai, odeur légère. 8 mai, plaies de la face dorsale légèrement desséchées, répandant une odeur déjà fétide; leurs bords sont d’un roüge violacé; plaie de la face palmaire contiguë à la table, humide, beaucoup plus fétide; ses bords sont verdâtres, g mai , l’odeur de cette dernière plaie est très-désagréable, bords livides; les plaies de là face dorsale commencent à se dessécher et ne répandent presque plus d’odeur, io mai , l’épiderme qui avoisine la plaie de la face palmaire se détache en totalité; on voit des larves nombreuses et déjà très-grosses; les autres plaies sont desséchées. 11 mai, le fond de la plaie de la face palmaire est brun, l’odeur très-fétide. 12 mai, la plaie de la face palmaire est d’un gris verdâtre; les muscles sont en partie rongés, les os sont dénudés, les larves très» volumineuses, la jpeau rouge et sèche, l’odeur très.-
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Fétide. i3 mai, les larves sont arrivées jusqu’aux plaies de la face dorsale. 14 mai, les muscles sont détruits; la peau enveloppe le radius et le cubitus à la manière d’une écorce sèche. 16 mai, on ne voit plus qu’un étui de peau desséchée rempli de larves.
Le 6 mai, on a exposé à l’air deux fœtus à terme morts la veille : l’un d’eux avait le thorax et l’abdomen ouverts; mais les viscères de ces cavités étaient couverts en grande partie par la peau. Fœtus ouvert, 7 niai, depuis l’ombilic jusqu’au pubis, le lambeau de peau est tacheté de vert; les viscères offrent l’odeur qui leur est propre. 8 mai, le lambeau est uniformément vert ; cette couleur s’étend jusqu’aux clavicules; la portion des viscères non recouverte se dessèche; les portions couvertes sont humides et commencent à exhaler une odeur putride. 9 mai, le lambeau est d’un vert plus foncé ; son épiderme se détache; dessiccation complète de la portion des viscères qui est en contact avec l’air; odeur plus forte de ceux qui sont recouverts; on voit un nombre prodigieux de larves, io mai, le lambeau se dessèche ; les larves sont encore plus nombreuses ; l’odeur est très-prononcée. 11 mai, lambeau rongé jusqu’à la peau ; celle-ci est sèche etraceornie ; les poumons, le cœur et le canal digestif sont presque entièrement dévorés par les larves; odeur ammoniacale très-pénétrante; toutes les parties exposées à l’air sont noires. 12 mai, la peau du ventre était détachée, les muscles abdominaux détruits, et les viscères réduits à quelques lambeaux noirâtres d’une odeur excessivement fétide.
Fœtus non ouvert. 7 mai, à partir de l’ombilic jus-
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qu’au pubis, la couleur de la peau est verte; l’abdomen est ballonné ; le thorax paraît dans l’état naturel. 8 mai s abdomen plus ballonné et vert dans une plus grande étendue; on voit sur chaque côté du thorax une plaque verte ; la région du sternum est incolore ; odeur cadavéreuse légèrement fétide. 9 mai, la teinte verte est plus foncée et s’étend un peu sur le sternum et sur les mamelons ; l’abdomen est plus ballonné ; l’épiderme 11e se détache pas encore. 10 mai, odeur un peu plus fétide, couleur d’un vert brunâtre ; la région du sternum n’est guère plus colorée ; l’épiderme ne se détache que difficilement et par petits lambeaux. 11 mai, on fait l’ouverture du cadavre ; les intestins, l’estomac et tous les autres viscères offrènt la couleur et l’odeur qu’ils auraient présentées si l’ouverture eût été faite le 5 mai.
Dans l’eau stagnante. La jambe et le pied du fœtus mort le 5 mai ( voyez page 202 ) ont été mis dans l’eau de puits, le 6 mai, à 10 heures du matin. Le 7 mai, le membre, qui jusqu’alors avait été incolore, présentait 1 une teinte rougeâtre. 8 mai, la couleur est légèrement violacée, g mai, idem. 10 mai, odeur à peine sensible; l’épiderme se détache par petits lambeaux sous la pointe des pinces; couleur toujours violacée. 11 mai) on éprouve plus de facilité à détacher l’épiderme ; l’odeur est déjà manifeste, mais différente de celle qu’exhalent les matières qui se pourrissent à l’air. 12 mai, ces deux caractères sont plus sensibles. i 3 mai, couleur rouge marbrée. i4 mai, l’eau est trouble, rougeâtre, et répand une odeur forte, désagréable ; l’épiderme sê i
détache plus facilement. i 5 mai , la. peau résiste à la pointe des pinces ; les propriétés physiques des muscles ne paraissent point altérées. lôtnai, couleur du membre blanchâtre, excepté à la malléole interne qui est verdâtre ; on enlève la totalité de l’épiderme de la jambe, tandis que celui du pied résiste; l’odeur est moins sensible, ly mai, la malléole n’est plus verte; l'épiderme du pied se détache en totalité. 18 mai, couleur grise brune sans aucune trace de lividité ; point de changement dans l’odeur ni dans la consistance ; on voit sept ou huit mouches dans l’eau, qui est trouble, légèrement fétide et colorée en rouge brun, ly mai, supernatation du pied ; dégagement assez considérable de gaz aux environs des vaisseaux tibiaux postérieurs,; odeur un peu plus prononcée : l’eau présente à sa surface une pellicule, qui n’offre point l’aspect huileux. 20 mai, point de changement appréciable. 21, idem.
22 mai , couleur de café au lait tirant sur le vert ; le derme est corrodé; on y voit des ulcérations assez larges, semblables aux chancres vénériens, et dont les bords sont fort mous ; le ramollissement du membre est très-marqué; l’odeur est forte et sui generis; la graisse et les muscles présentent leur couleur naturelle.
23 mai, les corrosions sont plus larges ; la couleur est verte. 24 mai, la peau se déchire facilement, et on voit alors qu’elle est rose, et que la couleur verte n est que superficielle; les corrosions sont un peu plus larges. a5 mai, ramollissement croissant; la graisse paraît complètement saponifiée. 28 mai, peau d un vert olive, très-ramollie au pied et à la partie interne de la
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jambe. 2 g mai , les muscles sont tellement-ramollis qu’ils sortent sous forme de putrilage parles trous de la peau, lorsqu’on presse celle-H. 3i mai , le membre conserve encoresa forme. Z juin, le membre, encore entier, semble réduit à une écorcè de graisse sous-cutanée, solide et saponifiée, couverte eh quelques points de derme aminci; les os sont presque dénudés, et le putrilage musculaire s’écoule par les fistules cutanées, 6 juin , les épiphyses se détachent; le membre tend à Se séparer au niveau de l’articulation du pied, i3 juin, le membre a pour ainsi dire conservé sa forme; toutefois , le pied ne tient plus que par quelques tendons et par quelques ligamens; les parties charnues, réduites en une sorte de putrilage, ont abandonné les os, qui sont encore renfermés dans une sorte d’étui formé par une çouche. de graisse sapoiiifiéei
Dans ïeau renouvelée deux Jois par jour. La jambe et le pied de l’autre côté du même fœtus.ont été mis, le 6 mai , dans l’eau de puits, que l’on a renouvelée deux fois par jour, ÿ mai, point de changement. 8 mai, idem, g mai , couleur légèrement violacée; point d’odeur. 10 mai, pied légèrement verdâtre ; l’épiderme qui le recouvre se détache plus facilement que celui dé la jambe, 11 mai, idem . 12 mai, on voit à la surface de l’èau et du membre une multitude de bulles de gaz ; odeur à peine sensible ; même couleur. i3 mai, l’épiderme se détache facilement à la partie interne du membre ; odeur marquée, nullement désagréable ; bulles de gaz et couleur comme hier. 14 mai, ces caractères sont un peu plus prononcés. i5 mai, la peau résiste à la pointe des
pinces; point de changement sensible dans les muscles. 1 6, couleur blanche; tâche verdâtre à la malléole interne; même odeur. 17, l’épiderme du pied se détache en totalité; la malléole est toujours verte. 18, bulles gazeuses sur les points qui sont encore recouverts d’épiderme ; celui-ci s’enlève facilement sur la région antérieure et supérieure du tibia; supernatation de la partie supérieure de la jambe ; couleur d’un blanc mat $ mélangée de gris-brun. 19, l’épiderme est complètement enlevé; on dégage des gaz par l’expression du membre : l’eau est fétide, recouverte d’une pellicule d’un blanc sale, légèrement colorée en jaune, d’apparence huileuse; l’odeur du membre est moins sensible que celle du liquide. 20 mai, supernatation complète. 21, le membre est d’un blanc laiteux; la peau ne se' déchire pas encore. 22 mai, couleur idem; derme bien ramolli, offrant à sa surface une multitude de points ulcérés, très-rapprochés, moins larges et plus nombreux que dans l’expérience précédente. 23 mai, corrosion et ramollissement beaucoup plus évidens et plus étendus que dans le sujet de l’observation précédente; la peau est tellement ramollie dans toutes les parties corrodées y qu’on peut l’enlever en grattant légèrement avec le scalpel. 24, ces caractères sont plus prononcés ; membre d’un blanc sale; odeur un peu plus forte; muscles rouges et légèrement ramollis. 25, les muscles sont déjà réduits en un putrilage rosé. 28 mai, corrosion portée au point que les ulcères sont de la largeur d’une pièce de deux francs ; il suffit de presser un peu le membre pour faire sortir les nmseles sous forme de
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putrilage; couleur d’un blanc rosé; le ramollissement est évidemment plus marqué que dans l’expérience précédente. 29 mai, les os sont en grande partie dénudés; les chairs sont presque complètement détachées; séparation du cinquième os du métatarse. 31 mai, les chairs sont ramollies, au point que le membre ne conserve plus sa forme; on n’en trouve que des lambeaux; la graisse semble se saponifier; l’odeur est.semblable à celle du savon de graisse. 3 juin , la dénudation des os est complète ; les muscles sont remplacés par un putrilage rougeâtre. 6 juin, les épiphysesse détachent; il ne reste plus que des ligamens, des tendons et quelques morceaux de graisse qui paraît saponifiée. i3 juin, on ne voit plus que les os qui sont en partie désunis, et deux lambeaux de graisse entièrement saponifiée.
Après avoir examiné comparativement les effets de l’eau stagnante et de l’eau renouvelée deux fois par jour sur les parties d’un même foetus, nous avons voulu connaître l’action de l’eau sur des cadavres entiers :Tun de ces cadavres a été laissé pendant vingtdeux jours dans de l’eau de puits que l’on n’a point renouvelée; l’autre, au contraire, a été mis dans de l’eau qui a été renouvelée jour et nuit, pendant le même espace de temps. Il résulte de ces expériences, que l’altération que les corps éprouvent dans l’eau a lieu beaucoup plus rapidement dans l’eau renouvelée que dans l’eau stagnante.
Dans Veau dé fasses d'aisance. La cuisse du foetus mort le 5 mai a été mise dans un seau rempli d’eau de fosses d’aisance, le 6 mai, à dix heures du matin.
7 mai, rien de remarquable. 8 mai, couleur légèrement violacée , surtout à la partie interne et postérieure, g mai, l’épiderpie commence à s’enlever par une forte pression des pinces; couleur idem, io mai , tout est dans le même état, n, idem. 12, l’épiderme se détache un peu plus facilement. i 3 , idem. i 5 , la peau résiste bien ; la structure des muscles n’est pas changée; le membre nettoyé exhale l’odeur de l’eau de là fosse.
16 mai, on voit quelques parties violacées encore recouvertes d’épiderme ; la majeure partie est jaune et dépouillée d’épiderme ; léger ramollissement des muscles.
17 mai, la teinte violacée a moins d’étendue; la couleur de la peau ressemble à eelle du café au lait. 18 , l’épiderme se détache de plus en plus; il se dégage des gaz par les extrémités incisées du membre. 1 g, lavée et mise dans l’eau de puits, la cuisse surnage; dégagement de gaz par une légère pression^ la peau commence à se ramollir ; la graisse qui est à découvert sur les plaies offre l’aspect du savon ramolli. 22 mai, la peau se sépare plus facilement de la graisse; le reste est dans le même état. 23 , on n’aperçoit aucune trace de corrosion, comme cela a déjà lieu pour les membres qui sont en contact avec l’eau de puits; les muscles sont plus ramollis que la peau ; celle-ci est d’un jaune légèrement orangé, et se détache lorsqu’on la racle avec le scalpel. 25 mai, ramollissement de la tête du fémur; la peau est évidemment amincie. 28 mai, les muscles sont bien ramollis; la peau n’offre aucune trace de corrosion, mais elle s’enlève très-facilement ; la graisse sous-cutanée , d’une couleur rosée dans cer-
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tains endroits, paraît saponifiée, 29, idem. 3 i, la peau est entièrement détachée; le ramollissement des muscles , quoique considérable, est moins prononcé que sur la portion de cadavre qui est en contact avec l’eau non renouvelée. 3 juin, les cartilages sont sensiblement ramollis ; la graisse paraît bien saponifiée. 6 juin , les muscles, encore d’une couleur jaune rosée, sont plus ramollis; la graisse est complètement saponifiée et moins cohérente. i 3 juin, on ne trouve que quelques lambeaux de tissu savorleux qui se détachent des muscles encore roses et très-ram ollis.
Dans du fumier. L’autre cuisse du fœtus mort le 5 mai a "été placée dans du fumier, le 6 mai, à dix heures du matin. 7 mai, rien de remarquable. 8 , odeur forte, surtout aux extrémités incisées. 9, couleur mélangée de rose et de vert; l’épiderme se détache; l’odeur de putréfaction est très-prononcée. 10, l’épiderme est complètement enlevé ; couleur verdâtre dans la partie du membre qui regarde en haut , et aurore dans la partie opposée ; la peau n’est pas sensiblement ramollie. 11, couleur aurore plus généralement répandue; les muscles commencent à se ramollir dans les environs des plaies. 12, léger ramollissement de la peau; odeur forte ammoniacale ; muscles d’un gris rougeâtre. i 3 , ces caractères sont un peu plus prononcés, i 4 , couleur orangée ;' odeur très-fétide ; on déchire assez facilement la peau. 16, les muscles sont réduits à une sorte de putrilage dans les parties découvertes, quoiqu’ils conservent encore leur couleur rouge. 17, odeur très-fétide, ramollissement beaucoup plus considérable
ai3
des muscles. 19, peau d’un rouge orangé, en partie desséehée à sa surface externe, et dure comme du cuir; muscles réduits en lambeaux et en putrilage grisâtre; fémur dénudé. 22, il ne reste que la peau dont la couleur orangée est moins foncée; elle est plus humide et plus, ramollie en dedans qu’à sa surface externe. 23 -, les. portions de peau humide se détachent facilement en raclant avec le scalpel, 28. mai, on ne trouve que des lambeaux de peau.
Dam la terre. Le bras du foetus mort le 5 mai a été enveloppé de terre,Je 6 mai, à dix heures du matin; on a arrosé de temps à autre; cependant le terrain n’a jamais été sensiblement, humide. 7, rien de remarquable. 9 , l’odeur ne se fait sentir que dans les plaies. 10, l’épiderme commence à se détacher, et alors on voit que la peau est rose; point de ramollissement; légère odeur de putréfaction. xi, épiderme entièrement détaché; odeur nauséeuse; couleur mélangée de vert et de rose. 12, la plaie est d’un rouge gris; la peau n’est pas; encore ramollie. i 3 , couleur, orangée de la peau, qui commence à se ramollir; odeur fétide. 1.4, on déchire la peaumais moins facilement que celle de la portion qui est placée dans du fumier. i 5 , la graisse ne présente plus l’aspect granuleux et vésiculeux qu’elle offre chez le fœtus ; elle ressemble déjà au gras des cadavres; le ramollissement de la peau est plus marqué ; la structure des muscles n’est point changée» 1 6, idem. 17, la peau, d’une couleur rose jaunâtre, se déchire très-facilement; odeur très-fétide; graisse rosée s’étendant comme de la cire molle sous.
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une légère pression ;' muscles légèrement ramollis, sans changement apparent dans leur structure. 19, la peau se déchire plus facilement ; la graisse d écouverte a l’aspect homogène du savon légèrement ramolli; celle que l’on met à nu par le déeliirement de la peau, est encore jaune, vésiculeuse, et offre des füatnens cellulaires manifestes à l’œil nu ; les muscles sont ramollis et putrilagineux; l’odeur est très-fétide. 21, les tendons sont à nu ; le reste est dans le même état. z 3 , peau détruite dans une grande partie du membre ; là portion qui reste est d’un rouge orangé ; graisse saponifiée et blanche, excepté dans quelques points qui offrent une couleur jaune; muscles muges; odeur moins fétide. 3 i, peau entièrement détruite ; graisse rosée à sa surface et blanche dans l’intérieur; os dénudé; muscles en grande partie détruits ou sous forme d’un putrilage rosé; odeur semblable à celle de l’ognon défis. 6 juin, on ne découvre que du gras des cadavres formé aux dépens de la graisse qui s’est changée en acides margarique et oléique, et de l’ammoniaque provenant des muscles qui sont entièrement détruits.
Les expériences qui précèdent nous permettent de conclure, i° que la putréfaction marche beaucoup plus rapidement, tout étant égal d’ailleurs, dans le fumier que dans l’eau, dans la matière des fosses d’aisance et dans la terre ;-2° que de ces différens milieux, la terre est celui qui retarde le plus la putréfaction, si l’inhumation a eu lieu à la profondeur de quelques piedd, et que l’on n’ait pas arrosé le terrain; car si la matière animale n’avait été enterrée qu’à cinq ou six pouces
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de profondeur ? comme dans nos expériences, et que l’on eût arrosé, elle se serait pourrie aussi vite que dans l’eau stagnante ; 3 ° que dans la matière des fosses d’aisance, la putréfaction fait moins de progrès que dans l’eau, quoiqu’elle ait lieu plus rapidement que dans la terre; 4° qu’après le fumier, aucun de ces milieux ne favorise autant la décomposition que l’eau, surtout si elle est souvent renouvelée; 5 ° que l’air humide hâte encore plus que tout autre agent la putréfaction des matières animales (i) , tandis que celle-ci s’arrête au bout d’un certain temps, si l’atmosphère est sèche.
(i) On objectera peut-être que, par un temps très-chaud, lorsque la température de l’atmosphère marque 25 ° ou 26% R. les cadavres sont cuits et désorganisés 3 o ou 4 o heures après leur séjour dans le fumier, tandis qu’ils sont loin d’êtrescomplétement pourris si on ]es a laissés à l’air. Nous répondrons à cela que l’altération que le fumier fait éprouver dans ce cas aux cadavres, n’est pas à proprement parler une putréfaction, mais bien une coetion ; et en effet la température du centre du fumier cù repose le corps , s’élève de 45 ° à 5 o° R*