‹ Traités des exhumations juridiquesChapitre 16 sur 18 · ARTICLE V · texte numérisé non relu

ARTICLE V

. Réfutation des auteurs qui'ont considéré les exhumations juridiques non-seulement comme inutiles, mais encore comme pouvant induire quelquefois les experts en erreur.

Nous insisterons à peine dans cet article sur Futilité des exhumations juridiques ; tout ce qui vient, d’être dit dans cette section sur la possibilité de reconnaître long-temps, après la mort qu’il y a eu empoisonnement, infanticide, contusion, plaie, etc., répond suffisamment à ceux des médecins qui, n’ayant pas bien médité sur ce sujet, ont cependant contesté cette utilité. Les faits sont tellement.probans, qu’il serait absurde de ne pas les adopter. Déjà nous avons établi ailleurs {J^dyez tome I er y page i ; i ) que les émanations dégagées par un cadavre enterré depuis un ou plusieurs mois dans une fosse particulière, étaient loin d’être aussi nuisibles qu’on aurait bien voulu le dire. Voyons dpnc, pour ne rien laisser à désirer sur ce point, si réellement les exhumations juridiques peuvent induire quelquefois les experts en erreur. Il est évident que les auteurs qui ont émis une pareille assertion ont pensé que les médecins pourraient être tentés de prendre des altérations produites par la putréfaction, pour des lésions vitales, et attribuer à une violence extérieure ce qui était le résultat de la décomposition putride. Mais à moins de supposer que l’expert chargé de l’ouver-

384 TRAITÉ DES EXHUMATIONS JURIDIQUES, ture du corps soit entièrement étranger au sujet, et notamment à ce que nous avons établi dans le chapitre sixième, où nous croyons avoir approfondi la matière, on doit admettre qu’il pourra distinguer , dans la plupart des circonstances, les altérations cadavériques de celles qui ne le sont pas, et que dans les cas douteux il mettra dans ses conclusions cette sage réserve tant recommandée par les médecins légistes. Celui-là serait certainement blâmable, qui, lors d’une exhumation tardive, à l’occasion d’une suspicion d’empoisonnement , par exemple, établirait dans un rapport juridique que cet empoisonnement apu avoir lieu,par cela seul que l’estomac et les intestins sont rouges et plus ou moins injectés : ne sait-on pas en effet que cette altération peut ne reconnaître pour cause que la putréfaction ? Encore une fois , les erreurs qui pourraient être commises dans les cas dont il s’agit, seront toujours le fait de l’ignorance ou de l’irréflexion avec laquelle on aura conclu.

TABLE DES MATIÈRES

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