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m’ait plus édifié, qui m’ait donné plus de vues nouvelles, qui m’ait mieux fait sentir la grandeur du Christ et de l’Évangile, qui m’ait mieux appris à respecter et à aimer les hommes.
Il y a dans la simplicité apparente de Channing une connaissance profonde du cœur humain , et une véritable passion pour Dieu et pour l’humanité. Cette passion si pure et si vive vous gagne et vous enflamme avant même qu’on en ait conscience.
Channing est un des meilleurs guides qu’on puisse choisir pour ranimer en notre cœur ce qui n’est Je plus souvent qu’une cendre éteinte. En rendant au Christianisme sa dignité véritable, en appelant notre raison non moins que notre cœur à éprouver l’Évangile, il nous ramène à la religion par une voie nouvelle , et la fait triompher de notre oubli et quelquefois de nos dédains. .Il nous rend le respect de l’Évangile , et du respect à l’obéissance il n’y a qu’un pas. Que de gens croiraient si les difficultés du Christianisme n’effrayaient leur esprit! Qu’ils lisent Channing, et plus d’un peut être répétera avec lui que le Christianisme est une religion raisonnable et la perfection même de la raison.
Au moment de finir, je ne puis résister au désir de citer un dernier discours où se peint dans toute sa pureté cette Ame délicate et tendre. CYsi
au retour d’une longue absence, d’un voyage en Europe, où Channing était venu rétablir sa santé affaiblie, qu’il adressait à son troupeau les paroles suivantes :
Août 1823 (1). Grâce à la bonté de notre Père céleste, il m’est de nouveau permis de vous parler; laissez-moi ouvrir celte nouvelle période de mon ministère, en payant mon tribut de gratitude à Celui en qui toutes nos œuvres doivent commencer et finir. A Dieu, mon créateur et mon sauveur, mon guide sur les mers sans route, mon ami chez les étrangers, mon gardien au milieu des périls, ma force dans la maladie; à Dieu, qui m'a permis de voir ses œuvres glorieuses, et qui m’a ramené sain et sauf dans ma chère patrie I
A Dieu, qui m’a corrigé et consolé, qui a porté la paix dans mon cœur blessé (2) et qui m’a gardé tant d’amis!
A Dieu, qui a entendu ma prière, qui m’a ramené au milieu d’un troupeau qui m’aime, qui m’a rendu à l’Église qu’il avait confiée à mes soins 1
A Dieu, dont la bonté gratuite, infatigable, infaillible, surpasse toute raison humaine, dont l’amour est la plus douce des bénédictions, dont la providence est notre appui perpétuel, dont la grâce est notre espoir certain !
Je voudrais le remercier de la seule façon qui soit permise à une créature, en rendant témoignageà sa bonté, pn me consacrant à son service avec joie, confiance, reconnaissance, dévouement absolu.
Dans celte maison consacrée a l’honneur de Dieu, en
(1' Memoir, p. 220.
(2) En son absence il avait perdu un de se9 entants.
présence de son peuple, je renouvelle ma promesse de me dévouer tout entier à lui; vie, pensée, facultés, actions, influence, je lui donne tout ce que je tiens de lui. Que mes lèvres chantent ses louanges, que ce cœur brûle de son amour, que cette force s’use à faire sa volonté 1 Puissé-je le servir mieux que je n’ai fait jusqu’à présent, avec des intentions plusdroites et plus simples, avec une âme mieux pénétrée de ses perfections, avec un succès digne de sa cause l Je connais ma faiblesse, et je ne puis oublier quels froids services je lui ai trop souvent offerts. Mais les récents décrets de la Providence , la leçon de dépendance que j’ai apprise dans la maladie et dans l'affliction, et enfin sa bonté qui m’a conservé et ramené ici, produiront, je l’espère, quelque chose de mieux qu’une impression passagère; j’en garderai une profonde et tendre reconnaissance, et le ferme propos défaire mon devoir. Ce mystérieux mélange de Lien et de mal dans notre condition présente a pour objet , nous le savons, de nous tirer à Dieu, de briser notre sommeil spirituel, d’adoucir notre endurcissement; l’effet du repentir et de la reconnaissance, du chagrin et do la joie, c’est de changer nos faibles convictions en principes énergiques.
Mes amis, joignez-vous à moi pour prier Dicu v afin qu’à scs autres bontés il ajoute le plus précieux de tous les présents, le don de son Esprit saint. Qu’il me fortifie contre ces penchants égoïstes qui asservissent les méchants et font murmurer les bons, afin que toute ma vie, armé d’une sainte ferveur, je puisse vous enflammer à mon tour. Ce n’est pas comme un simple individu, ce n’est pas pour soulager un cœur accablé que je vous parle si longuement de la bonté de Dieu. S’il ne ne s'agissait que de moi seul, je n’ouvrirais pas ainsi mon âme. Mais je
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sais que l’œuvre de ma vie c’est d’agir sur d’autres âmes, et d’agir par la sympathie non moins que par l’instruction, et je sais que vous êtes intéressés à l’expression et à 'accroissement de mon amour pour Dieu. Pour votre salut comme pour le mien, que Dieu m’accorde donc que cet amour soit vivant et qu’il grandisse 1
N’attendez pas de moi le récit de ce que j’ai vu et entendu pendant mon voyage ; mais je dirai que je n’ai rien vu qui obscurcisse les droits du Christianisme. Dans les écoles des philosophes , dans les gouvernements que j’ai visités, je n’ai point appris de nom plus grand que celui de Jésus, je n’ai point trouvé de nouveau système de religion, de nouvelles institutions pour améliorer le cœur, de nouvelles méthodes de salut, rien qui ébranle ma conviction de l’excellence infinie de l’Évangile. En ce point je reviens sans autre changement que d’être plus profondément convaincu du prix inestimable de notre foi. J’ai vu l’humanité dans des conditions différentes, mais partout j’ai trouvé les mêmes principes essentiels, le même besoin d’enseignement, de consolation, de rédemption. Sur d’autres points, mes impressions ont été corrigées ou effacées, mais jamais je n’ai pu soupçonner un seul moment que le Christianisme fût un préjugé héréditaire et local, jamais je ne l’ai vu s’affaiblir à mesure que je m’éloignais du ciel sous lequel je suis né. Comme le soleil, il brille au-dessus de toute la terre, sans que son éclat s’amoindrisse, c’est la véritable et la seule lumière du monde 1
Je reviens avec une èonviction qui plus que jamais m’attache à la promesse d’une rénovation morale, promesse que nous fait sa révélation. Moins que jamais j’attends quelque chose des révolutions, des changements
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politiques, «les luttes violentes, des hommes «l'État, des lois, en un mot des modifications extérieures de la société. Des institutions corrompues seront remplacées par «l’autres institutions qui ne vaudront pas mieux , et qui peut-être seront plus corrompues, aussi longtemps que la racine ou le principe de la corruption vivra dans le cœur des individus et des nations. Il n’y a de remède que dans une révolution morale, et cette révolution ne peut se faire que par le Christianisme et par le pouvoir divin qui l’accompagne. La voix 'du prophète qui annonce un monde plus pur et plus heureux, sous la sainte influence de Jésus, n’a jamais plus doucement résonné à mon oreille, ne m'a jamais donné plus de force, que depuis que j’ai pu observer l'humanité sur un plus grand théâtre; et je quitte toutes les bruyantes promesses des réformateurs pour aller à cette annonce certaine d’un jour plus beau pour l’humanité.
J’espère, mes amis, que je reviens avec un sentiment plus vif du poids et de la dignité de ma fonction. Ce n’est pas le langage de ma profession que je parle, c’est la conviction la plus profonde que j’exprime quand je déclare que les devoirs d’un ministre chrétien sont le« plus importants qu’on puisse imposer à un homme. En disant cela, je n’ affiche pas une prétention exclusive, car tous les hommes ont leur part de ce ministère. Chacun, suivant sa place et ses facultés, est appelé , comme le ministre, à servir la cause de la pure religion, et de la morale divine. La seule différence, c’est que le ministre est établi pour prendre un soin plus direct, plus intime de ce premier intérêt de l’humanité. A mes yeux, le ministère est devenu plus grand et plus solennel, parce que ie sens de plus en plus l’excellence de la religion à qui