DU TEMPÉRAMENT
et dans quelques cas auxquels se joignent des crises épileptiformes. On les reconnaît à ces signes : taille médiocre, peau jeaunâtre et comme sale, œil grand et ouvert, pupille dilatée, pouls fréquent ; alors tous les mouvements ont pour but la préhension de quelque aliment : dans ce cas l’intelligence et l’instinct, le regard et la main sont exclusivement portés vers les objets d’alimentation bons ou mauvais, délicats ou repoussants. Chez beaucoup de ces sujets, laparole, l’intelligence etlalocomotion sont presque nuis, tandis que d’autres parlent, fontpreuve de mémoire ; et que plusieurs n’ont de lenteur que dans leurs gestes, leur prononciation, leur allure : leurs fonctions d’assimilation et leurs digestions seules s’opérant rapidement. Les unset les autres doivent être mis à un régime tonique, mais sévèrement régulier ; il faut enlever de devant eux tout objet de convoitise, les faire mouvoir vite et longtemps, les exciter à parler le plus possible, et retrancher d’eux toute manifestation instinctive, autant que faire se pourra.
Les tempéraments où les appareils circulatoire etrespiratoire sontréduitsà leursplus faible expressionse remarquentfréquemment parmi les idiots et les enfants arriérés : poitrine étroite, cœur petit et placé un peu en avant vers le sternum, pouls irrégulier et peu sensible, veines presque partout invisibles, yeux décolorés, peau froide et moite, appétit médiocre, telles sont les apparences de bon nombre d’idiots, particulièrement de ceux qui présentent des signes extérieurs d’affections cérébrales, comme l’hydrocéphalie. Pour ceux-ci le régime tonique, en général, doit être mesuré avec moins de circonspection que pour les précédents ; la chaleur a besoin d’être rappelée à la surface, et aux extrémités surtout, par un bon système de vêtements, la circulation et la transpiration d’être activées par des frictions et des exercices sagement appropriés, et souvent localisés selon l’idiosyncrasie du sujet.
Le système nerveux, en général, étant le siège matériel de l’idiotie, et mon livre tout entier ayant pour objet direct les anomalies nerveuses que présente cette infirmité, il est inutile de m’appesantir ici sur les désordres nerveux dont le tempérament des idiots peut présen-
DE L’IDIOTIE
ter les symptômes; il suffira de faire remarquer l’erreur des parents et de quelques médecins qui, voyant un enfant, souvent fort jeune, en proie à une agitation nerveuse désordonnée, accusent une constitution où domine l’appareil nerveux; pour parler plus juste, ils devraient dire que cette dépense désordonnée d’activité nerveuse (qui n’est autre chose que le symptôme irréfragable d’une grande faiblesse), a lieu au détriment des fonctions intellectuelles et muscnlaires. Chez ces sortes de sujets, en effet, les facultés restent longtemps, pour ainsi dire, suspendues, et le système musculaire est tellement sacrifié que chez un grand nombre d’entre eux les menbres sont frappés d’émaciation, et les doigts secs et luisants comme des tuyaux de plume.
L’appareil locomoteur ne se montre’guère très actif chez l’idiot que par suite d’une éducation particulière dont on serait embarrassé de trouver beaucoup d’exemples; mais, en revanche, le système musculaire est souvent très développé, surtout dans les cas d’imbécillité produite par la masturbation, par un coup violent porté sur le crâne, et par les autres accidents qui ont, comme nous l’avons fait observer, l’imbécillité pour conséquence : ce que l’on ne doit pas confondre avec les symptômes de l’idiotie.
L’apareil génital, qui est presque toujours dominant chez le crétin, n’a, dans l’idiot, ni le même développement, ni le même degré d’excitabilité que dans l’imbécillité.
D’ailleurs, la manie solitaire est plus facile à surprendre chez ces derniers que chez les enfants ordinaires, parce que, tout rusés qu’ils soient en général, la surveillance à laquelle on les soumet esl d’ordinaire plus active : les relations honteuses qui s’établissent entre eux dans les hospices ont donné lieu de croire le contraire de ce que j’avance; mais dans les familles il n’en est point ainsi.
Dans les établissements publics, la propagation de ce vice a la même cause que dans les collèges et autres lieux où un sexe est exclusivement en proie à lui-même ; et si l’irritabilité nerveuse de quelques idiots les porte à de mauvaises habitudes, ce n’est pas une raison pour confondre, comme on l’a fait, cette incitation nerveuse géné-