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CHAPITRE XXV

Des idiosyncrasies.

Le système nerveux étant le siège principal de nombreuses idiosyncrasies, que l’on a depuis longtemps signalées, sans pouvoir les expliquer, nous les retrouvons presque toutes à un degré très manifeste chez les idiots.

Désordres du goût, antipathies pour certains mets, appétencepour des matière repoussantes, putrides, stercorales, etc.., antipathiespour certaines odeurs, aspiration violente pour les plus fétides ou les plus ammoniacales, besoin de se frapper, de se mordre, jusqu’au sang même, excès de sensibilité musicale, entraînant les convulsions, l’épilepsie, la suspension momentanée de l'intelligence ; confusion de plusieurs couleurs par le sens de la vue, ou imperception absolue de quelques autres, telles sont les principales idiosyncrasies du système nerveux, auxquelles les idiots sont sujets. On peut les corriger presque toutes, même celles qui portent sur les goûts et dégoûts les plus prononcés.

Mais les idiosyncrasies n’affectent pas toutes dans l’idiot la forme d une incapacité, quelques-unes se produisent sous la forme d’aptitudes étranges, incompréhensibles, inexplicables, du moins au point où en sont encore nos connaissances sur l’idiotie. Ainsi par exemple, Esquirol avait le premier reconnu que presque tous les idiots, même ceux qui sont privés de la parole, chantent et retiennent des airs; j’ai vérifié et précisé cette observation ; j’ai fait plus : j’ai, dans plus d’un cas, tiré parti de cette aptitude

DE L’IDIOTIE

au moins inutile, souvent funeste, en l’appliquant à plusieurs ordres d’exercices notamment à. ceux qui ont pour but la conquête de la voix humaine et de laparole articulée. Le premier, j’ai signalé les exquises délicatesses du goût et de l’odorat dans certains cas, leurs répulsions et leurs appétences insolites, comme aussi les exquises délicatesses de tout ou de certaines parties des appareils du tact, où se propagent les sensations tactiles. Ces idiosyncrasies sont de celles qui, liées à l’état nerveux général, doivent être combattues énergiquement ou tournées au profit du développement physiologique et à l’éducation fonctionnelle.

Il n’en est pas de même de celles qui ont pour siège le système cutané, les appareils de la circulation, des excrétions. Ainsi, les sueurs locales, les hémorrhagies, les hémorrhoïdes, etc.., ne demandent à être détournées de leur cours qu’avec une grande circonspection. On doit ici faire entrer en ligne de compte l’étendue ou l’intensité plus ou moins grandes de l’affection, l’influence qu’elle a déjà exercée sur la santé générale de l’enfant, ses progrès antérieurs et sa durée, afin de ne pas supprimer tout à coup un mal local, dont l’apparition peut avoir coïncidé avec une amélioration dans l’état du sujet ; ou bien qui, constituant une fonction accidentelle, importante et depuis longtemps établie, est devenue un besoin impérieux de l’organisme. C’est ici que deviennent indispensables tout le savoir et toute la sagacité du praticien : c’est ici également que s’arrête mon intervention.

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