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FORMULE SPÉCIALE

d’actes, de fonctions, d’habitudes, de gestes qui constituent la mise en rapport de l’individu avec les phénomènes qui l’environnent, tandis que la sensibilité répandue avec des formes diverses sur toutes les surfaces de l’individu, appporte à son sensorium la notion des agents extérieurs qui l’ont modifiée.

La motilité, qui agit de dedans en dehors, donne lieu à des phénomènes qui ne s’accomplissent pas aussi régulièrement qu’on se plaît à le croire chez les enfants les mieux doués ; chez les idiots, ces phénomènes sont toujours et presque tous le siège d’anomalies ou d’ignorances bizarres et presque incroyables ; aussi ne saurais-je trop insister sur tous les détails dans lesquels cette partie de mon sujet me provoquera à entrer.

La sensibilité qui agit du dehors en dedans par l’intermédiaire des sens, a ses divisions toutes tracées parla délimitation de ces derniers. C’est à elle que nous nous adressons spécialement, éncrgnuement, tout le long de cette longue période de l’éducation, qui aura pour but de régulariser, de préciser, d’accélérer l’exercice des fonctions pour porter au sensorium la notion de tout ce qui est autour de nous.

L’éducation intellectuelle proprement dite nous occupera ensuite. Les facultés de l’esprit seront l’objet d’exercices précis et spéciaux, dans lesquels nous n'oublierons pas que par l’éducation sensoriale et par la connaissance positive que l’enfant aura acquise des notions positives, scs facultés seront déjà mises en demeure de fonctionner avec précision dans l’ordre abstrait, autant que le succès obtenu dans les précédentes études le permettra.

Mais l’éducation ne sera pas pour nous une impasse, ce sera le commencement de quelque chose ; et ce quelque chose à quoi nous tendons, c’est à donner à l’enfant que nous prenons anormal, inhabile, inintelligent, idiot, des habitudes normales, des aptitudes au travail, soit manuel, soit intellectuel ; c’est à donner à l’idiot la plus grande ressemblance possible avec l’enfant heureusement doué et fructueusement élevé. Cette partie qui correspond jusqu’à un certain point à ce que l’on nomme l’éducation profes-

sionnelle, a toujours été le but où ont tendu tous mes efforts ; car personne plus que moi ne comprend le vide de l’éducation pour elle-même, de la science sans fruit, de la vie sans résultat. Arriver à rendre les idiots capables de devenir des hommes utiles, fût-ce dans les positions les plus humbles, dans les emplois les plus modestes et les plus simples; leur donner la capacité de faire un travail dont la valeur compense leur consommation, tel est le but final de leur éducation. Mais, pour les amener à cette moyenne, où je borne pour eux toute mon ambition, les développements physiologiques et psychologiques que j’ai indiqués plus haut ne suffisent pas. La force, l’adresse, l'intelligence sont de mauvais ouvriers quand ils restent au service des mauvais instincts ; le redressement des instincts et l’éducation morale doivent dominer l’ensemble de l’enseignement; aussi cette question sera traitée à part, car à son sujet, je crains d’avoir à faire, autant l’éducation des maîtres, que celle des élèves.

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