INTRODUCTION
t'rrs B maniucrit de la traduction de Louis Le p^^- Roy que je publie aujourd'hui a été jrTV*'^ -V découvert à. la Bibliothèque de l'Institut, par M. de Gaulle, élève de l'École des chartes et auteur d'une Histoire, fort estimée, de Paris et de ses environs; M. de Gaulle avait signalé cette découverte à Elzéar Blaze, comme l'indique une note du Chasseur conteitr >.
La présente publication a d'autant plus d'intérêt à mes yeux qu'elle se rattache au Livre du Roy Charles, de la Chasse du Cerf, dont j'ai donné
' Vojei U Chatew eotUtur, Mit. (860, in-lS, p. 186, <56,
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une édition en 1889, d'après un manuscrit de la Bibliothèque de l'Institut. Pour composer son beau Traité de Vénerie, Charles IX avait chargé des savants de son royaume de rassembler les documents qui pouvaient lui être utiles, et Louis Le Roy, un des érudits les plus distingués et des meilleurs écrivains du XVI* siècle, avait ordre de traduire le second livre du De Philologia de Guillaume Budé, dédié aux enfants de François I"', Henri d'Or^ léans ^ et Charles d'Angoulôme, où sont exposés les principes de la vénerie. Charles IX ne traduisait pas lui-même, non, comme le pense Elzéar Blaze, parce qu'il ne savait pas le latin, car l'élève d' Amyot était bon latiniste, mais parce que sa nature nerveuse et l'impatience de son caractère l'éloignaient d'une lecture pénible. Le latin de Budé étant à la fois lourd et diffus *, il préféra faire traduire le dialogue de Venatione par un écrivain
* Depuis Henri II, père de Charles IX. Le De Philologia parut de 4529 à 4530.
* Érasme reprochait à Budé son style obscur et peu naturel tant en latin qu*en français. Bayle trouve sa manière d'écrire un peu rude.
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habile et exact \ plutôt que de se livrer à un travail fatigant. Nous voyons dans TÉpltre adressée au roi par le traducteur, que Charles tout roi qu'il était, ne dédaignait pas la gloire littéraire, puisqu'il chargea ce même Le Roy de translater du français en latin son livre De la Chasse du Cerf, afin de le répandre dans toute l'Europe, vœu qui ne fut point accompli, probablement à cause de la mort du prince.
Le Trait te de Vénerie de Budé est plutôt une dissertation élégante en forme de dialogue sur la chasse du cerf qu'un traité proprement dit. En 1564, Jean Thierry le reproduisit par extrait à la suite de son dictionnaire français-latin sous le titre d'Excerpta de Venatione. Les frères Lallemand le citent dans leur Bibliothèque historique et critique des auteurs théreuticographes, qui précède l'édition de 1763 de Y École de la Chasse aux Chiens courants, de Le Verrier de la Conterie.
' Ce choix était d'autant plus éclairé que Le Roy, ayant publié une yie de Budé, avait dû faire une étude particulière de ses écrits.