INTRODUCTION. XIII
put le détourner de ses études; le jour même de son mariage Budé passa trois heures à la lecture de ses auteurs favoris.
Louis Le Roy nous donne les détails suivants sur l'emploi de la journée de Guillaume Budé : En se levant, il se mettait au travail jusqu'à l'heure du dîner, mais avant de se mettre à table, il faisait une promenade pour se donner de l'appétit; après le repas, deux heures étaient consacrées à sa famille et à ses amis, puis il rentrait dans son cabinet, d'où il ne sortait plus que poui^uper ; comme ce repas se &isait très-tard, il se reposait jusqu'à son coucher, n habitait Paris ou une maison de campagne à Saint-Maur.
Charles YIII, sachant combien Guy de Rochefort, chancelier de France, avait d'estime pour les vastes connaissances de Budé, l'accueillait avec bonté ; plus tard, Louis XII, appréciant la justesse de son esprit, lui confia deux missions diplomatiques en Italie et l'admit à son service en qualité de secrétaire, après lui avoir offert une place de conseiller au Parlement de Paris, honneur
XIV INTRODOCTION.
qu'il déclina, ne voulant pas d'une position qui Teùt distrait de ses études. Bientôt même il se démit de sa charge de secrétaire, qui, l'obligeant à suivre le roi partout où il allait, lui faisait perdre un temps précieux pour ses travaux.
Quoi qu'il en soit, Budé reparut à la cour quelques années après, ne pouvant se refuser au désir du père des lettres et des arts, François I*', qui lui avait proposé de l'attacher à sa personne ; dès lors , jusqu'à sa mort il ne cessa d'accompagner son royal protecteur dans presque tous ses voyages. Il était avec lui en 1520 (comme il nous l'apprend lui-même) au camp du Drap d'or ; pendant les repas, il l'entretenait ordinairement de quelque sujet de littérature ancienne, sacrée ou profane. Élu, le 16 août 1S22, prévôt des marchands de la ville de Paris, le 22 du même mois le roi le nomma un de ses huit maîtres des requêtes, grand honnexu* à cette épçbque. La place de Maître de la Librairie fut créée pour lui. C'est sur les instances de Budé et de Jean Lascaxis que François P établit la biblio-