TRANSFORMATIONS MOLÉCULAIRES DER
contraire dans le cas d’une couche provenant d’un hquide (huile).
Si, à ce moment, on élargitun peu la surface, on constate que l’étalement du disque de benzine ne donne pas, avec la trimyristine, le même phénomène dans toutes les directions : la goutte de benzine s’infiltre dans les fissures de la pellicule déchirée au moment de l’agrandissement de la surface (fig. 17). La même apparence se produit avec les autres pellicules solides, par exemple celle detristéarime, tandis que le disque de benzine reste sensiblement circulaire avec les couches de corps nettement liquides comme l'huile.
Fig.s17.
$ 2. — Un caractère important des couches liquides paraît être la mobilité. Une couche monomoléculaire de trioléine est parfaitement mobile : des grains de talc répandus sur une telle surface se meuvent très facilement sous l’action du souffle. Au contraire, les grains de talc répandus sur une surface couverte de trimyristine à la température ordinaire paraissent figés : la surface est immobile.
On peut considérer deux catégories de couches superficielles : les unes se comportent comme celles de trioléine ; ce sont celles de trilaurine, de tribenzoïne, des acides myristique, palmitique ou stéarique (sur eau distillée non alcaline) à température ordinaire, ou encore de trimyristine en couche monomoléculaire, à température supérieure à 30°.
Les autres se comportent comme celles de trimyristine à température ordinaire : ce sont celles de tripalmitine, de tristéarine, d'alcool cétylique à température ordinaire, de trimyrystine à 30°, comprimée jusqu’à lui faire occuper la surface
S, (voir ch. IL, $ 7).
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Si nous considérons l’immobilité des surfaces comme un caractère de solidité, nous devrons admettre que la couche de trimyristine est solide à la température ordinaire ou encore lorsqu'elle occupe la surface S, à 30°, tandis qu'elle est liquide, à cette dernière température, en couche monomoléculaire.
Il y a lieu de remarquer que, pour les acides myristique, palmitique, stéarique, en couche monomoléculaire sur eau distillée, la surface conserve sa mobilité, après comme avant
la transformation moléculaire.
Examen de l'anneau. — Nous avons vu (ch. If, $ 7) que deux cas peuvent se présenter lorsqu'on cherche à souffler un anneau sur une couche monomoléculaire : ou cet anneau est encore facile à former et est fortement extensible sous l’action du souffle, ou 1l est difficile à former et son extension est faible. Il semble que les surfaces liquides soient seules à rentrer dans le premier cas.
S 3. — Couches de rassemblement. — Lorsqu'on diminue suffisamment la surface occupée par une couche monomoléculaire, en avançant une barrière de papier par exemple, on obtient une couche de rassemblement visible à l’œil nu. L'apparition de la matière semble se produire plus tôt, c’està-dire pour un rétrécissement moindre de la surface, dans le cas de couches nettement solides. C’est ainsi qu'avec la trim yristine, à température ordinaire, la matière apparaît déjà pour une valeur souvent notablement inférieure à p = 1, 2,
‘p étant le rapport de la surface primitive monomoléculaire à la surface finale. La matière apparaît généralement sous forme de filaments approximativement disposés en arc de cercle, dont la bande de papier serait la corde ; les filaments sont particulièrement visibles aux points d'intersection du bord de la bande de papier avec les bords de la cuve. Au fur et à mesure qu’on avance cette bande, de nouveaux filaments apparaissent au delà. La matière balayée par la barrière qui
progresse, s’accumule de plus en plus nombreuse devant cette dernière.
Rien de semblable n’est observé avec la trimyristine à 30°, la matière n’apparaissant que pour des diminutions beaucoup plus considérables de la surface,
On constate que, dans le cas des pellicules nettement solides, lors de la diminution de la surface par avance de la barrière, les divers points ne progressent pas de la même manière vers la partie postérieure de la cuve. Afin de mieux observer la compression entre les divers points de la surface (monomoléculaire à l’origine), on peut placer par exemple sur celleci trois petits repères en papier A, B, CG (fig. 18) équidistants
Fig, 18.
entre eux, À et C étant aussi respectivement équidistants de la barrière P et du fond F. Voici, à titre d'exemple, les valeurs que prennent respectivement les intervalles PA, AB, BC et CF dans le cas d’une pellicule monomoléculaire de trimyristine ; les données initiales sont PF — 4o cm., PA — AB— BC=CF= 10 em., température 1205; les valeurs inscrites à chaque ligne successive correspondent chaque fois à une
avance constante de la barrière égale à 3 centimètres. Ann. de Phys., 9e série, t. XIV (Septembre-Octobre 1920) 19
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