INTRODUCTION
Nous apportons ici les résultats de quelques-unes des transfusions que nous avons pratiquées pendant notre internat dans les services de nos Maîtres MM. Grenet et Weill-Hallé.
Parmi les cas que nous avons eu à traiter nous relevons des maladies caractérisées essentiellement par l’altération du sang, des hémorragies du nouveau-né, des broncho-pneumonies ou des pneumonies, mais surtout et avec une fréquence toute particulière, des choléras infantiles, ou plus exactement des syndromes cholériformes, états toxi-infectieux avec déshydratation massive. Les succès que nous avons pu obtenir dans quelques-uns de ces derniers cas, lorsqu'il nous fut permis d'observer certaines règles indispensables pour la réussite de la transfusion nous amenèrent à en étendre la pratique là où l’évolution est moins aiguë sans toxicose déshydratante et à la considérer comme l’un des traitements le plus efficace des diarrhées
chroniques, des troubles digestifs et nutritifs prolon-
gés.
ie
Par extension nous avons transfusé des nourrissons prématurés, ou débiles ou hypotrophiques, ne présentant qu'un arrêt de la croissance pondérale, sans aucun trouble fonctionnel digestif associé et bien souvent nous avons pu constater que cette hémothérapie par voie veineuse, est le seul moyen de faire progresser une courbe de poids que rien jusqu'alors n'avait pu modifier favorablement. Quoique de connaissance ancienne, ces trois indications de la transfusion sanguine : syndromes cholériformes, troubles digestifs et nutritifs prolongés, arrêt de la croissance pondérale, sont encore très peu observés. Certains ont trop tendance à n'admettre l’utilité de la transfusion qu’au cours des maladies sanguines et des hémorragies, et à négliger la modification heureuse qu’elle peut provoquer de l’évolution d’affections et d'états pathologiques autrement plus fréquents dans le premier âge.
Aussi dans ce travail, après avoir donné quelques précisions sur la technique de la transfusion et montré que la voie sinusale doit être préférée à toute autre chez le nouveau-né et le nourrisson, nous nous attachons surtout à l’étude de l’action de la transfu- Sion au cours des syndromes cholériformes, et des
états hypothrophiques.