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PRÉCISIONS TECHNIQUES SUR LA TRANSFUSION

Le donneur

Nous n'insisterons pas, après tant d’autres, sur la nécessité de prélever le sang à un donneur universel du groupe O, ou à un donneur du même groupe que celui du receveur, l'identification pouvant toujours être faite rapidement grâce à la méthode indirecte de Beth-Vincent. De nombreux travaux (ceux de Jones,’ de Happ, de Mac Quarie, de Travlos, de Le Rasle, de Bansillon, de Hess, de Hamburger) ont montré que l'opinion est erronée, celle qui admet une identité constante entre le groupe sanguin de l'enfant et celui: de la mère, d’où la possibilité d’injecter à un nourrisson le sang de la mère sans examen préalable. Les agglutinines sériques qui d'habitude ne sont pas décelables au cours des premières semaines de la vie, ont pu être constatées très précocement, et ce fait impose pour observer une règle de sécurité, de grouper donneur et receveur ou de choisir un donneur universel lorsque

l’on transfuse un nouveau-né ou un nourrisson.

Si l'injection du sang du groupe O, est presque toujours bien supportée, il est quelques cas, où l’identification devient indispensable, afin d’injecter à l’enfant le sang d’un groupe identique. Cette précaution est particulièrement nécessaire au cours des grandes hémorragies, là où la transfusion doit être très abondante, ou encore lorsque le traitement est indiqué par une crise aiguë chez un enfant présentant une maladie hémolytique conginétale dont le caractère

essentiel est la fragilité globulaire.

Quantité de sang à injecter

La quantité de sang à injecter est essentiellement variable, et les chiffres rapportés jusqu'ici par de nombreux auteurs présentent des différences notables.

Les circonstances cliniques qui imposent la transfusion en conditionnent avant tout l'importance, et en dehors de toute discussion est la nécessité d’injecter rapidement une grosse quantité de sang à l'enfant qui a présenté une hémorragie externe ou interne menaçante par son abondance ou sa répétition. Dans un tel cas la transfusion ne joue qu’un rôle de substitution et la quantité de sang à donner doit presque égaler celle du sang perdu.

Cette circonstance non exceptionnelle dans les ma-

ternités et dans les services de chirurgie est beaucoup

plus rare chez le nourrisson en pratique médicale. Les hémorragies de l’hémophylie, de l'hémogénie, de l'ictère grave infectieux, ne constituent qu’un chapitre d'exception de la pathologie du premier âge. La transfusion ne présente pas habituellement un caractère d'urgence et son intérêt n’est pas celui d’un moyen de substitution.

L’ignorance de son mode exact d'action au cours de nombreuses maladies, le fait que des résultats également heureux ont pu être obtenus avec des quantités de sang très variables expliquent la difficulté de fixer une règle précise. Certains donnent la préférence aux quantités massives. C’est ainsi que Lester J. Unger, rapportant au Congrès de la transfusion en octobre 1937 ses résultats obtenus au cours des pneumonies et des broncho-pneumonies, déclare : « L’enfant le plus jeune que nous avons transfusé pour une bronchopneumonie avait 12 jours et reçut 75 cc. La dose la plus forte donnée en une fois fut de 400 ce ; 920 cc. totalisant 5 transfusions, a été la dose totale la plus forte donnée au même enfant. Les transfusions furent faites à 2, 4, 3 et 10 jours d'intervalle à un enfant âgé de 6 ans 1 /2, pesant 37 livres, et furent suivies de la guérison. La quantité la plus importante injectée aux enfants fut environ de 20 cc. par livre de poids corporel. Un enfant pesant 10 livres reçut 200 ec., un autre pesant 12 livres, 250 cc. Des doses de 15 à 18 cc.

par livre n’ont jamais été suivies d'accidents ».

MOTOS

Lester J. Unger n’admet pas la supériorité des petites doses fréquemment renouvelées. Cette technique, peut-être nécessaire lorsqu'on emploie le sang citraté, est inutile avec le sang pur. « La quantité optima est approximativement de 40 à 50 %, du volume de la masse sanguine, celle-ci correspondant environ au 1/19 du poids du corps. C’est ainsi qu’un enfant pesant 19 livres doit recevoir environ 200 cc., cette dose pouvant varier légèrement en plus ou en moins selon l’âge de l'enfant et les circonstances cliniques !. La meilleure règle est de donner la chose optima en une seule fois et de ne renouveler la transfusion que si l’état du malade l'exige ».

Une telle quantité de sang (20 cc. pour 453 gr. 54, ce qui fait environ 200 cc. pour un enfant âgé de2 mois, d'un poids moyen) peut paraître excessive. Unger s'appuie sur le mode d'action du sang transfusé pour justifier la nécessité de ces doses massives. L'apport d'immunisines, de leucocytes non altérés, d’érythrocytes aidant au transport de l'oxygène, l'excitation des organes hématopoïétiques, la diminution de l’anémie, de la toxémie et de l'infection, ont sans doute une valeur, mais toute secondaire. Le fait essentiel est la suppression de l’« oligémie ». D'après Unger une

comparaison s'impose entre la pneumonie et les hé-

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