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que, de bonne heure, la thérapeutique s’est employée. Il faut redonner à ces enfants l’eau qui leur fait défaut. Seulement, au stade de toxicose, on ne peut la leur donner :
- par la bouche, car ils la rejettent aussitôt, même si elle est administrée par petites quantités successives;
— ni par l’anus, en goutte-à-goutte rectal selon MURPHY, car ces enfants ont souvent la diarrhée et s'ils ne ont pas, ou bien le Murphy est très lent et son action est insuffisante, ou bien il est plus rapide et il provoque alors, à coup sûr, la diarrhée;
—— ni sous la peau, méthode généralisée en France par RiBADpEAU-DuMmaASs, et qui rend encore de fiers services.
Depuis une dizaine d'années, en France, on perfuse goutte-à-goutte 500 ou 1.000 cm* de sérum physiologique réchauffé, sous la peau du ventre ou des cuisses, avec de très bons résultats dans les déshydratations peu graves, et lorsqu'il ne faut pas prolonger le traitement plus de quarante-huit heures, car, ensuite, le liquide se résorbe mal, stagne, s’infecte et donne des abcès qui compliquent l’état du malade. On ne peut utiliser que du sérum salé isotonique, les autres se résorbant trop lentement. Il fallait chercher autre chose, car cette injection de sérum sous la peau n’est qu’un petit moyen.
La voie sanguine (veine et tibia)
C’est la réhydratation par voie sanguine qui nous a apporté la solution. En 1931, KARELITZ, dans le Service de SCHICK, au Mount-Sinaï-Hospital, propose de cathétériser : une veine du bras et d'installer une perfusion veineuse et, du même coup, il règle la thérapeutique tout entière :
— repos digestif absolu de plus de vingt-quatre heures;
— perfusion veineuse prolongée;
— reprise progressive de l'alimentation, hydrique d’abord, puis peu à peu lactée.
Ce traitement est universellement employé aujourd’hui,
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et dans les Hôpitaux de Marseille et de Paris, les salles d'enfants sont peuplées de petits malades en perfusion veineuse. Cependant, à Bordeaux, le traitement de KARELITZ n’est pas employé, malgré ses excellents résultats, car il est difficile de cathétériser une veine de nourrisson en collapsus, avec ou sans dissection chirurgicale. Alors, nous avons cherché ailleurs notre voie sanguine.
En 1938, Lavrar, interne de BoissERIE-LACROIX, sauvait quelques gastro-entérites graves en transfusant lentement du sérum salé isotonique dans le sinus longitudinal supérieur. Il maintenait lui-même pendant plus d’une demiheure son aiguille et la tête de l'enfant, mais on ne pouvait faire cela toute l’année, il fallait trouver autre chose.
En 1940, BENDA révèle que la moelle rouge des os est une excellente voie sanguine, tout aussi pratique que la voie veineuse, et aussitôt utilisée avec les meilleurs résultats.
A Bordeaux, notre camarade GUIDON soutenait sa thèse, en 1947, sur la perfusion tibiale, et en 1948, COUDER, d’Alençon, en rappelle tout l'intérêt (Presse Médicale, janvier 1948).
Voilà enfin une méthode facile, pas dangereuse (car les ostéomyélites sont bien rares et bien légères) qui a sauvé la vie d’un grand nombre de nourrissons, et de nombreux pédiatres l’emploient couramment. Nous avons vu, en 1945, d'excellents résultats de cette méthode, entre les mains du Docteur COULERUE, à Pau.
Les liquides utilisés
Les liquides injectés dans cette voie sanguine sont nombreux :
— le sérum salé isotonique est réputé insuffisant depuis longtemps, car lorsqu'il est injecté dans la voie sanguine, il passe immédiatement dans les espaces lacunaires qui en sont avides, et le malade revient vite au stade initial, sans que la tension artérielle soit un instant modifiée. II faut en
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injecter beaucoup (150 em° par kg. et par jour), et à partir d'une telle quantité, il déclenche une diurèse abondante et entraîne, dans les urines, non seulement le CINa injecté, mais encore tous les.autres sels minéraux du sang, en particulier des sels de potassium qui ne sont pas renouvelés; cette «fuite de potassium» ne tarde pas à provoquer l'apparition des œdèmes (DARROW) ;
__ le sérum sucré apporte bien quelques calories, mais il est encore plus diurétique, et il entraîne le CINa en plus des autres sels, sans le remplacer;
__ Je sérum bicarbonaté, difficile à stériliser, est seulement intéressant dans les cas d’acidose;
— Je sérum de RINGER paraît apporter les éléments minéraux indispensables à un bon équilibre. En pratique, presque partout, l’on perfuse chaque jour 400 à 600 em de sérum de RINGER, additionné de sérum glucosé et, malgré cela, on observe des œdèmes. Les Américains ont alors pensé qu’il fallait compenser l’hypoprotéinémie de ces enfants par des injections d’albumines. Et ils recommandent l’usage d’acides aminés, de protéines extraites de la caséine par digestion (in vitro), et aussi l’usage du plasma humain.
Notre camarade MARCHAND a fait un long travail (thèse, 1948) sur l'emploi des amino-sols, mais il conclut qu’il vaut mieux les administrer per os et les réserver pour dénutritions chroniques. Quant au plasma, dans un récent article de Pédiatrie (août 1948), MOURIQUAND recommande l'emploi du plasma sec et rapporte cinq observations avec : un succès net, un autre source de grosses inquiétudes, et trois morts. Nous avons essayé aussi d'employer le plasma sec américain, et nous avons eu, nous aussi, de grosses inquiétudes, comme avec les transfusions de sang, et nous en sommes arrivé à redouter d’injecter des albumines étrangères dans le sang de ces enfants.