‹ Translation des restes de Mgr. de Laval à la chapelle du Seminaire de Québec, relation complète de tout ce qui s'est passé depuis l'exhumation des ossements de Mgr. de Laval le 19 septembre 1877 jusqu'a leur déposition au séminaire le 23 mai 1878Chapitre 5 sur 74 · L. N. Bégin, Ptre · texte numérisé non relu

L. N. Bégin, Ptre

Geo. p. Coté, Ptre.

Ad. Papineau, Ptre.

E.-L. MoisAN, Ptre.

Démarches du séminaire pour garder les restes de mgr. de laval.

Le 10 Novembre 187T, M. le Supérieur du Séminaire écrivait à M. le Curé de Québec la lettre suivante : « Monsieur le Curé, » Au nom du Séminaire de Québec^ je viens vous faire une demande qui ne saurait vous étonner : c'est de permettre à notre Chapelle de garder les précieux restes de Mgr de Laval. )) Il est notre Fondateur.

)) Il est notre Bienfaiteur insigne.

M II est notre plus beau modèle.

» Il est, nous en avons la ferme espérance, notre Protecteur au Ciel.

» Notre Université se fera une gloire éternelle do porter son nom.

» Tous ces titres. Monsieur le Curé, nous permettent d'espérer qu'avec la permission de Mgr l'Archevêque, vous voudrez bien ainsi que MM, les Marguilliers de votre Fabrique, consentir à voir Mgr de Laval prendre son dernier repos au milieu de ses enfants. C'est le vœu ardent de nos cœurs, et, si vous l'exaucez, nous vous en garderons une reconnaissance qui ne pourra jamais s'éteindre.

> J'ai l'honneur d'être

Votre dévoué serviteur.

(Signé) T. E. Hamel, Ptre.

Supérieur, S. Q. »

M. le Curé de Québec répondit à cette demande le 12 du même mois :

« Monsieur le Supérieur,

» La Fabrique de Québec est heureuse de pouvoir être agréable aux Messieurs du Séminaire de Québec, en leur permettant de retenir à leur Chapelle, où ils étaient temporairement déposés, les restes précieux de Monseigneur de Laval.

» Dans toute autre circonstance, la Fabrique se serait fait un religieux devoir et un honneur de conserv^er comme relique les ossements de Monseigneur de Laval.

» Mais le Séminaire de Québec a, pour les réclamer, des titres si nombreux et si légitimes que la Fabrique de Québec croit devoir se désister de son privilège acquis depuis de si longues années ; vu en outre que Monseigneur l'Archevêque veut bien

l'agréer.

(I J'ai l'honneur d'être

Monsieur le Supérieur

Yotre très-humble serviteur.

(Signé) J. AucLAiR, Ptre.

Curé do Québec. »

La loi exige que toute exhumation ou translation des défunts soit autorisée par l'un des juges de la Cour Supérieui'e. Yoilà pourquoi les deux documents suivants ont été prépares :

« Séminaire de Québec, 14 nov. 18T7.

» A Sa Grâce

» Mgr l'Archevêque de Québec.

» Monseigneur,

» En l'absence de Monsieur le Supérieur, je sollicite comme un insigne bienfait, au nom des Directeurs du Séminaire, la permission de conserver dans notre Chapelle, les restes mortels de Monseigneur de Laval.

» En vous rendant à ce vœu si légitime. Votre Grâce acquerra un nouveau titre à notre profonde reconnaissance. » J'ai l'honneur d'être, Monseigneur,

de Votre Grâce,

le très-humble et obéissant

serviteur et sujet.

(Signé) M. E. Methot, Ptre.

Prem. A. S. S. Q. »

« Accordé ce 14 novembre, 1877.

(Signé) t E. A. Arch. de Québec.»

« A Leurs Honttëtivs'les'^'ug'es de ^îà'Côur Supérieure de là Province de Québec.

» L'humble requête du soussigné, Premier Assistant du Supérieur du Séminaire de Québec, représente à Vos Honneurs :

)) Qu'^à l'ocGaâion des travaux qui se font depuis quelque temps dans les caveaux dé la Basîliquede Kotre-Dame,pn a découvez'.t la tombe de feu Monseigneur François de Laval, premier ^Vèque de Québec, décédé au Séminaire-le sixième jour du mois dé mai l'tOS, et inhumédans la dite Basilique le neuvième jour du même mois ; Que le digne Prélat ayant été le fondateur et en même temps l'insigne bienfaiteur du dit Séminaire, les Ï)ir6cteurs de cette^institutioM, a.vec la permission de l'autorité ecciésiaslique, comme il appert par le document ci-joint, ont recueilli avec bonheur ses restes mortels, en attendant qu'ils soient inhumés de nouveau ;

» Que les Directeurs du Séniinaire de Québec désirent conserver, dans leur chapelle, cette dépouille pi-écieuse à tant de titres, mais qu'ils ont également bchoin pour cela de la permission de l'autorité civile ;

» C'est pourquoi votre requérant a recom*s avec confiance à Vos Honneurs pour obtenir cette permission qui réjouira tous ceux qui apprécient les services inamenses rendus à la. religion iét au pays par cet illustre prélat. ' '.''''/'

0 Et votre requérant ne cessera de prier.

(Si'gné) M. E. iVetêot, Ptre.

Prem. Asst. S. S. Q. >

n Québec, 14 novembre, I8Î7.

» Clovis Laflamme, de la Ùîté de Québec, prêtre, étant dûment assermenté, dépose et dit quelles allégations de la requête cittes'SUs et des autres parts sont vraies et a signé.

(Signé) J. C. il. Laflamme, Ptre. » '( Assermenté devant nous, à •Québec, -V6 14 uov. 1877.

(Signé) " N. CA84^]iîL;][',, .'jl',p,',S. ,», . '.^■^

«Vu la déposition sous serment ci-desMis et la requête qui la précède, nous accordons les conclusions et permettons l'inhumation dans la chapelle du Sémitiaire de Québec, en cette ville, du corps de feu Monseigneur François de Laval, en son vivant, évêque de Quebec;- actueltement temporairement déposé da-ns Jardite çjiapelle.

« Québec, 14 nov. 1877.

.:, [<Signé) N. CaSault, J. G. S. »

(Extrait de V Abeille^ vol XI, passim.)

En se rendantauxvœuxdu Séminaire, les autorités religieuses et civiles remplissaient les dernières volontés de Mgr de Laval. Après les deux incendies qui, en 1701 et en 1705, ruinèrent presque complètement son œuvre, cet illustre Prélat, plus détaché que jamais de toutes les choses de ce monde, n'avait formé qu'un seul souhait, celui de voir rétablir cette maison fondée au prix de tant de sacrifices. L'affection qu'il avait pour l'éducation de la jeunesse canadienne lui fit sacrifier avec joie l'idée de rebâtir la chapelle où il voulait se préparer un tombeau, idée qu'il nourrissait depuis plusieurs années. En effet, en 1689, il fut obligé de se rendre en France pour les affaires de son diocèse. Avant son départ, il laissait un document oii il exprimait ses dernières volontés ; nous y lisons les mots qui suivent : " Le dit Séminaire sera obligé de bâtir la ditte chapelle dans le lieu du dict Séminaire de Québec, dans laquelle Chapelle je déclare que ma dernière volonté est d'y estre inhumé, et que si Notre Seigneur dispose de ma vie dans ce voyage, je désire que mon corps y soit apporté pour y estre inhumé et nous voulons queja ditte Chapelle soit ouverte à tous les fidèles de l'un et l'autre sexe affîn que Notre Seigneur nous ayant fait miséricorde nous puissions participer à leurs prières."

On se rappelle, en lisant ces paroles, les scènes touchantes où l'Ecriture nous réprésente les patriarches qui ordonnent à leurs enfants de ramener leurs ossements au pays de leurs ancêtres : " Je veux être réuni à mon peuple, semble dire Mgr de Laval aux prêtres du Séminaire, transportez mes os au milieu de ce peuple que j'ai tant aimé. Ensevelissez-moi avec mes frères dans ce sanctuaire, où ils attendront avec moi la gloire de la résurrection. " Il va être exaucé, et bientôt sa tombe sera placée à côté de la tombe de plusieurs des saints prêtres qui ont continué son œuvre. Nos lecteurs aimeront peut-être à connaître le nom de ceux qui dorment leur dernier sommeil dans les voûtes de notre chapelle. Les voici avec l'année de leur décès : Jeau-Félix Eécher, 1768 ; André-J.-M. Jacrau, 1772; Urbain Boiret, 1774; P.-A. Bédard, 1780; Thomas- Laurent Bédard, 1795 ; Henri-Fr. Gravé, 1802 ; J.-Bte Lahaille, 1809 ; Ant.-B. Eobert, 1826 ; Jean Holmes, 1852 ; Jérôme Demers, 1853 ; Ant. Parant, 1855 ; Léon Gringras, 1860 ; L,- J. Casault, 1862 ; Louis Gingras, 1866 ; Eugène Méthot, 1867 ; C.-H. Laverdière, 1873 ; Ernest AM^U ^^876 ; Ovide Brunet, 1876, et L.-F.-N. Maingui, 1878... , u,'. ,.,.■,

Ne semblaitril pas encore naturel de vpii' revenir À l'idée dé confier à notre chapelle le corps de Mgr de Laval ? N'est-ce

pas là que tous les jours de l'année se dît une messe fondée par le pieux Prélat ? Quand il légua tous ses biens au Séminaire, il imposa entre autres conditions qui honorent sa vertu, celle-ci : " à la charge de faire dire tous les jours de l'année, à perpétuité, en la Chapelle du dit Séminaire ou en la paroisse de Québec unie au dit Séminaire, une messe à l'intention et pour le repos de l'âme de tous les fidèles trépassés, spécialement pour le repos de l'âme du dit Seigneur fîvêque et de ceux qui seront morts du corps de tous les Séminaires. "

Les prières qui se répandront, à l'avenir, sur la tombe même de Mgr de Laval, rejailliront vers le ciel avec une nouvelle puissance, nous en avons la conviction, et attireront sur nous des bénédictions sans nombre. Notre reconnaissance, du reste, ne nous fait-elle pas un devoir, à nous élèves du Petit Séminaire, de prier aux intentions de notre Fondateur ? Certes, il n'a pas seulement pourvu aux intérêts généraux de son œuvre. Il a pensé à nous avec une ravissante charité, quand il réglait la disposition de ses biens. Pourrions-nous ne pas dire que douze d'entre nous lui doivent, non seulement le pain de l'intelligence, mais de plus, ce pain plus humble que Kotre Seigneur nous enseigna de demander à Dieu chaque jour de notre vie. Co double bienfait que Dieu nous accorde nous est doublement précieux parce que la Providence a voulu nous le présenter par les mains de Mgr de Laval. . .

Par une heureuse coïncidance là divine Prorvidence ramène ainsi, après 170 ans, les cendres de Mgr de Laval au Keu où il rendit au Seigneur sa grande et sainte âmei En effet l'histoire manuscrite du Séminaire nous db,nne les renseignements suivants :

Après l'incendie de 1705, Mgr de Laval flit l'hOte des EH. PP. Jésuites, pendant deux mois. Puis on lui dressa un petit appartement dans l'endroit du Séminaire'que les "flammes avaient épargné, c'est-à-dire dans la partje la plus voisine de la cathédrale ou isi porterie, située â la placef de la chapelle actuelle. Mgr de Lavî^l était alors trop infirme pour dire là messe ; il avait à côté de sa petite chambre tiu oratoire où Mgr de St- Yalier lui permit de g^rdet" le' St-^acrefment'ét dé faire 4irô ïa messe, ^ ,.'" ", '. ^ ',',.'.',' ■ '/, ' .^ ''','"' ,',',,','

Ce renseignement est fourni par uiie lettre do M. Tremblay à Mgr de St-Valier, en date du 13 mars 1706, c'est-à-dire un peu plus de deux ans avant la mort de Mgr de Laval. Eien n'indique que plus lard il ait été obligé de changer de logis ; il est donc probable que Mgr de LaVal est mort dans cette partie du Séminaire bâtie à cette époque, à l'endroit même dé la éha^ pelle actuelle.

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