X IV
Or, quels ont ^>té les expnlseurs ?
le Le chef d'abord, M. Chapleau fulminant parce qu'il est
chef: parce qu'il s'apî)elle lion parce qu'il en porte la crinière
et qu'il en pratique l'arith mé tique.
2e Certains collègues de M. Chapleau, expulsant afin de n'être pas expulsés ;
3e Senécal, Dansereau & Cie avec leurs instruments : Provencher et Gélinas anathi'matisant par la voix de la Minerve.
4e Messieurs Flynn et Bouchard opérant dans le Journal de Québec ;
5e Monsieur Demers .se commettant dans le Monde. . .
6e Monsieur Fabre, pour la dixième fois, girouette conservateur ! Fabre! carottant dans l'Evénement avec son compère M. Levasseur.
Chapleau ! Flynn ! Paquet ! Senécal ! Dansereau ! Fabre ! Bouchard ! Demers ! Levasseur ! Provencher !
Voilà l'espèce de conseil des dix qui, deux mois durant, a fait trembler la république québecquoisé ! voilà le formidable tribunal qui a décrété et exécuté l'expulsion de nos amis politiques !
Cercle d'apôtres singulièrement qualifiés vraiment ! pour faire régner chez nous l'orthodoxie en matière de politique conservatrice et expurger nos rangs de tout ce qui n'est pas pur de tout alliage !
Ce ne sont là, naturellement, que les plus fortes têtes du conseil, les gros canons avec lesquels on a bombardé l'ostracisme. Car nous n'en finirions pas, s'il fallait mentionner tous les petits pétards, les torpilles inofiensives, les fusils sans plaque, les mitrailleuses à poudre, etc., que l'on a tirées sur les proscrits Et les maigres roquets acharnés à leurs talons ! et les acrobates et saltimbanques politiques qui. deux mois durant, ont dansé la carmagnole autour des ennemis de MM. Senécal, Dansereau & Cie, s'il fallait les nommer tous !
Voilà donc les expulseurs.
Il semble tout d'abord qu'avant de chasser les conservateurs de chez eux, Messieurs Senécal, Flynn, Paquet, Fabre, Levasseur et Bouchard, eux du moins, eussent dû se demander ce qu'ils sont dans
les rangs conservateurs comment ils y sont venus à quel
titre ils y demeurent pour quels motifs on les y tolère !
M. Chapleau devrait, il nous semble, se rappeler qu'on le surprenait, il n'y a pas longtemps, à offrir l'olivier de la paix, à fumer le calumet de l'alliance avec ce qu'il y a de plus avancé dans les rangs libéraux ; que, depuis de nombreuses années, il s'applique, avec une funeste ténacité, à renier l'une après l'autre les doctrines conservatrices, à démolir peu à peu l'édifice des institutions politiques que nos chefs, ses prédécesseurs, avaient érigé S{,\ee tant de soin,
M. Dansereau devrait se rappeler combien de fois il a mérité d'être expulsé ignominieusement des rangs (conservateurs ; il devrait ne pas oublier notamment que le stigmate a été officiellement imprimé à son nom, par l'unanimité du Parlement, dans l'affaire des Tanneries, sur proposition même de l'un de ses chefs politiques.
Nous avons déjà dit quels sont les expulsés : Leur nomenclature, certes ! proclajne bien éloquèmment l'importance que doit avoir tout niouve'ment politique appuyé par de tels hommes ! Et nous n'avons pas nommé la centième partie de ceux qui leur sont tout à fait unis de principes et de sentiment.
Haute ]x»sition sociale et politique, services rendus à la vérité, à l'Etat, à la société ; honorabilité proverbiale, honnêteté parfaite, habileté remarquable dans les affaires, notabilités professionnelles, commerciales, industrielles et agricoles, grands propriétaires, riches cajutalistes, etc., etc. Voilà ! voilà ce que sont les expulsés et leurs amis. Nous n'hésitons pas à le dire, la masse de ces hommes représente: la fidélité aux principes conservateurs, le respect de ses traditions, la sauvegarde do ses intérêts, l'honneur de son draix>au !
Il n'est pas impossible, toutefois, que chez quelques-uns d'eux peuvent se découvrir quelques défaillances, tant la contagion a, depuis quelques années, fait des ravages dans la société canadienne. Mais nous n'hésitons pas à dire que ce ne pourrait être que de très rares exceptions.
Il n'est donc pas besoin d'un long examen pour découvrir qui, des expulseurs ou des expulsés, mérite davantage les sympathies du parti conservateur; qui a plus de titres à sa confiance.