Transmission de l'énergie électrique sans fil
On a dit que l’énergie des rayons électriques diminue avec la distance et que celle-ci dépend de la quantité d'électricité mise en mouvement On a cru avec cela que la résistanceidu circuitm{ouvert ou fermé) du radiateur produisait un certain amortissement des ondeslélectriques. Il est simplement drôle de supposer que la résistance du D cour PS produise un amortissement des ondes, lorsque le courant variable, quistraverse le dit circuit a déjà communiqué un certain mouvement à l’éther, qui n'oppose aucune résistance à la propagation de ce mouvement, Bien, a dit M. Tesla, qu'un cheval-vapeur suffise pour lancer les signaux de Londres à New-York. La diminution des effets d'induction, avec l'augmentation de la distance, est due simplement au rayonnement dans tous les sens de l’espace, de façon que, en,s’éloignant toujours plus du centre .d’irradiation, un fil (ou une surfacesmé ällique) reçoit un nombre de rayons toujours plus petit : un faiscea: mdrique de rayons électriques manifesterait, s’il ne rencontrait d'obstacles, presque les mêmes effets à un mètre de distance qu’à 100,000.000 mètres. Il n’est donc pas un paradoxe ce que M. Tesla a dit, que les ondes électriques peuvent être expédiées à une distance quelconque, même
jusqu'aux planètes Marset Jupiter.
Par conséquent, le problème de la transmission de l'énergie électrique sans fil se réduit : 1° recueillir les rayons électriques dans un faisceau, qui ait toujours la même section ;.20 conduire ce faisceau à la station de réception, en mettant en vue les deux sa sen bien en faisant subir au dit faisceau une ou plusieurs réflexions ou déviations® 3°intercepter, à la station de réception, le faisceau par une surface métallique (une spirale plane, par exemple) perpendiculaire à la direction des rayons, les choses étant arrangées de façon à avoir le maximum d'effets.
Un faisceau de rayons électriques peut être réfléchi sur une surface métallique, isolée du sol et dévié dans une lentille diélectrique. Il y a encore une autre disposition beaucoup plus simple “et plus avantageuse que les précédentes et qui, au surplus, peut servir aux ondes d’une longueur quelconque, pour dévier un faisceau
, de rayons électriques. Voici cette disposition : Un faisceau de rayons électriques. rencontre sur toute sa surface et perpendiculairement une spirale plane (ou disposition semblable) ; cette spirale est en communication avec une autre spirale à fil à section carrée, laquelle a une inclinaison différente de à première et telle que le faisceau de rayons, qui part d'elle, puisse rencontrer perpendiculairement la spirale successive. A la rigueur, cette disposition pourrait servir lorsque les rayons électriques ne subissent aucune concentration, lorsqu'on emploie a Birsle plane à fil à section ronde ou un fil vertical ; mais on comprend très bien qu'il arrive trop peu d'énergie à la première spirale (ou fil vertical pour que l’autre, avec laquelle elle est en communication, puisse servir de nouveau centre d’irradiation. Dans ce dernier cas, s’il s'agit de télégraphie sans fil, c’est un répétiteur qui peut servir de nouveau centre d'irradiation.
C'est une conséquence immédiate de ce que nous venons de dire, que sans recourir à la décharge, avec nos dispositions fléMéourant variable d’un alternateur, d'un transmetteur téléphonique et d’une bobine de Ruhmkorff peut induire à des grandes distances des courants induits sn le cas, mettront en
mouvement un alternomoteur, allumeront des lam duiront la parole ou les signaux.
Pour ce qui regarde la télégraphie sans fil, d’après Edison et d’ailleurs d’après Marconi lui-même, à la suite des transmissions faites à travers la Manche, de Boulogne-sur-Mer, à South-Foreland, les expériences à bord de l'Jbis tendraient à démontrer qu'il y a, pour le télégraphe sans fil, une limite déterminée par la hauteur des poteaux à fixer aux stations terminus Selon M. Tesla, il est possible de transmettre à une distance quelconque. M. Tesla nous annonce qu'il y aura, avant la fin de l’année, un terminus À New-York et un autre à Léndres, Pour cela on se servira de ballons captifsgretenus par des câbles en fil métallique et lancés à 5000 pieds de haut, manière à atteindre les couches supérieures d'air raréfié, à travers lesquelles" les ondes électriques se transmettront le plus facilement. Ces câbles seront ancrés à des tours en acier. Au-dessous de chaque ballon pendra un disque de large surface et les oscillateurs seront placés au sommet. des tours. Une fois le mouvement électrique mis en
. activité dans ces oscillateurs, ainsi dispo le courant s’élancera jusqu'aux
traverseront l'Atlantique. De même il y aura des cou: qui descendront dans
le sol par des fils et actionneront des vibrateurs similairés à ceux suspendus dans l'air libre.
disques sous les ballons et de là jailliront, tel éclair, des vibrations qui k
Analysons ce projet et servons-nous, pour cela, de la fig. I de notre brochure :
Etant donnée la distance entre New-York et Londres, les deux fils verticaux formeront entre eux un angle de 750, Supposons un instant le radiateur à New-York (ec): le fil vertical émettra un cylindre de radiations, dont l'axe est le fil même, la hauteur celle du fil et dont le diamètre peut être idéré infini. La base de ce cylindre de rayons (les radiations sont perpendi üläires au fil) est tangeante à la surface de la terre au point c. Pour la pusition des deux fils, ce: cylindre de rayons ne rencontrera pas le fil de la station de Londres : le fil
vertical est donc inutile. Il reste les radiations des deux disques, l'un mis sous terre
et l’autre suspendu au ballon. Ces deux disques émettent presque toutes leurs
radiations sous forme de deux cylindres, l’un sur le prolongement de l’autre et per-- , pendiculaires à eux-mêmes. Pour quelles radiations de ces deux isques produisent
d'effets à la station de Londres, il faut que les disques, aux deux stations, soient.
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parallèles et que les cylindres de rayons émis par les disques de New-York rencontrent ceux de Londres. Pour les deux disques mis sous le sol, cela n'est pas impossible, mais le faisceau de rayons ne subira-t-il de nombreuses réflexions et dispersions dans le sol de façon qu'au disque, mis sous le sol à Londres, n'arrivent pas de radiations ? Il reste le disque pendu sous le ballon : il n'est pas difficile de placer les deux disques parallèles dans les deux stations, mais il faut éncore que le cylindre de rayons rencontre l’autre disque de façon que, en les supposant égaux, les deux disques forment les bases d’un cylindre droit. Mais comment obtenir cela à l’aide d’un ballon, soumis au caprice du vent, quand un petit déplacement suffit pour que le cylindre de radiations ne rencontre plus le disque? Si, au lieu du disque plein, on emploie une spirale plane de fil à section ronde, il suffira que les deux spirales se trouvent dans deux plans parallèles ou presque pour avoir toujours des effets d’inductions. Ici il faut remarquer que, lorsqu'on emploie deux spirales planes à fil à section ronde, placées dans une position quelconque, mais dans deux plans parallèles, on a toujours des effets d’induction remarquables, chaque moitié de la spirale induisante produisant les plus grands effetstSur laënoitié de la spirale induite où la courbure du fil a la même direction. On peut, d'autre part, augmenter les effets d'induction en interceptant les radiations émises {selon des secteurs déterminés du disque (de la spirale plane induisante). Peut-être que seulement les radiations émises dans tous les sens par l’oscillateur placé sur la tour produisent les effets d’induction dans le fil ou les disques de Londres. Il faudrait placer les deux fils dans une direction telle qu’ils soient parallèles pour que les radiations du fil induisant rencontrent le fil induit. Mais les fils ne pourtont-ils impressionner des appareils mis dans les environs ? Et si on veut employer des réflecteurs ou limiter l’espace où on envoie les radiations, comment le faire avec des fils d’une longueur de 5,000 pieds ?
Sera-t-il possible d'employer les ballons en cas de guerre, lorsqu'une balle les atteignant, fera tomber ballons, fils, disques et tout le reste ?
Mais pourquoi, du sommet de la tour de New-York, n’envoie-t-on pas, avec les dispositions que nous avons indiquées, un faisceau de rayons à une tour ou une montagne des îles Bermudes, d’où il sera ramené aux îles Açores et de là en Pc.tugal, d'où il sera encore ramené en ŒÆSpagne, et de là à la tour Eiffel, à Paris, et de là à Londres, en plant, Je cas échéant, des répétiteurs, à ces stations intermédiaires ? :
à Emile GUARINI-FORESIO.