DES PETITES BRANCHES
94. Sous ce nom nous comprenons toutes les branches qui ne font pas partie des branches de charpente. Elles naissent sur celles-ci , qu'elles garnissent dans toute leur étendue. Elles doivent être en dessus et en
dessous, jamais en avant ni en arrière, à moins qu'il n'y ait nécessité de remplir un vide; et encore vaut-il mieux alors se servir de la greffe en approche herbacée (voy. fig. 128) ; dans les deux premières positions, elles sont plus faciles à palisser. La distance à observer entre elles varie de 0",10 à 0°*,16 et 0"*,18, afin d'éviter la confusion et pour que le fruit puisse jouir de toutes les influences atmosphériques. Leur destination est de produire du fruit ; cependant , comme toutes n'en donnent paSy nous distinguerons parmi elles : l"" les branches à bois, qui comprennent les branches cour sonnes ^ les branches gourmandes et les rameaux; 2^ les branches à fruits proprement dites, qui comprennent la branche chiffonne^ la branche à bouquet j et les branches à fruits ordinaires.
95. Du rameau à bois. — Il se rencontre principalement sur les jeunes arbres et sur ceux dont la végétation est puissante. Il est uniquement couvert d'yeux et ne porte pas de boutons à fruit ; il ne donne que du bois. On distingue dans le pêcher les yeux à bois simples ou multiples; leurs fonctions sont du reste les mêmes, cependant ils sont traités dififéremment à Pébourgeonnage : nous reviendrons sur ce point à Poccasion. Quelques-uns peuvent rester inactifs pendant plusieurs années et se développer ensuite ; il y a donc aussi sur cet arbre des yeux adventifs et des yeux latents, qui se comportent de la manière que nous avons expliquée en traitant de ces sortes d'yeux (35 et 36.)
96. Du gourmand (fig. 51). — C'est un rameau d'une vigueur extraordinaire, qui naît le plus ordinai-
Fig. 51.
rement sur le dessus des branches charpentières , près des coudes. Il est plus fréquent sur le pêcher, surtout dans la jeunesse, que sur les autres espèces d'arbres, et ses effets sont beaucoup plus dangereux ; aussi doit-on l'éviter soigneusement. On le reconnaît à son empâtement considérable et à sa croissance rapide : quelquefois il atteint plus de 2 mètres de longueur. Presque tous ses yeux partent en faux bourgeons, et il présente dans sa végétation plusieurs phases bien marquées. Dans certaines circonstances il est nécessaire de l'utiliser : par exemple, dans la restauration des vieux arbres.