DU POMMIER EN C0RD0N
.90. C'est une des meilleures formes à lui donner, / en ce qu'elle n'a besoin de supports que momentané- / ment. Elle est très productive, ne tient presque pas de place sur les plates-bandes, et peut servir avec grand i avantage à border les allées qu'elle embellit au printemps par ses guirlandes de fleurs, et à l'automne par ses fruits acquérant beauté et qualité.
Toutefois, dans les climats trop chauds et aux expositions trop brûlantes, il faut éviter que le soleil ne frappe les fruits, qui se trouvent par ce mode de culture plus facilement exposés à Tair; aussi laissera-t-on quelques bourgeons pinces longs, dont les feuilles protégeront les fruits. On met un rang ou l'on en superpose plusieurs : dans l'exemple que nous présentons (fig. 47), nous en avons adopté deux. Le premier cordon devra être à 0°',40 au-dessus du sol, afin que les pluies , en tombant,
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ne fassent pas jaillir de terre, y qui souillerait les fruits. De ^ plus, les fleurs sont moins sujettes à être imprégnées au printemps de l'humidité qui s'échappe du sol, et sont alors moins sensibles à la gelée.
Les binages et les ratissages sont aussi plus faciles à exécuter. Le deuxième cordon sera à 0",25 au-dessus du premier. La distance que nou donnons à parcourir à chaque cordon est de 2 mètres; par conséquent, chaque arbre est planté à 1 ou 2 mètres; si l'on ne met qu'un rang, la plantation se fera à la distance que le cordon aura à areourir. /"
On prend des scions d'un an greffés sur paradis , que l'on courbe doucement à la fin de la première année de plantation, à moins qu'elle ne soit faite de bonne heure àPautomne, à cause du tassement du sol, à la hauteur du cordon, en amortissant avec
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les mains le rameau à l'endroit du conde , pour éviter son éclatement ; puis on les fixe sur un fil de fer assez gros et tendu solidement à Tavance, si le tassement du sol est déjà effectué ; autrement on doit attendre. Il est bon aussi de maintenir la tige verticale à Taide d'un petit tuteur fiché dans le sol avant de courber le pommier. Il est rabattu à la hauteur du coude et a un cran qui reçoit le fil de fer et Tempêchede remonter. On ne taille pas la première année, ou très peu, afin de ne pas exciter la sortie des bourgeons trop vigoureux vers le coude; on palisse le bourgeon de prolongement tard ou pas du tout, afin qu'il prenne de la vigueur. Le coude souvent arrête le cours de la sève; si Ton palissait trop tôt ce bourgeon, on risquerait de le voir se couronner, c'est-à-dire se terminer par un bouton à fruit : alors il serait nécessaire de refaire un bon prolongement. On pince tous les autres bourgeons. La sève, obligée de suivre un coude, circule lentement et met l'arbre promptement à fruit : sous ce point de vue , cette méthode est très avantageuse. Les années suivantes, on taille le rameau en raison de sa force, on palisse le bourgeon de prolongement tard, en laissant libre son extrémité, il prend ainsi plus de force (voyez fig. 48), et l'on donne au pommier les soins mentionnés. Lorsque les cordons atteignent leur limite, on peut les greffer en approche ou mieux en étai sur le côté de la courbe de l'arbre voisin et en arrière ; lorsque la reprise est faite, le contre-espalier se soutient de lui-même. Nous avons préféré établir le cordon sur un seul côté , au lieu de faire bifurquer la tige
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et d'avoir deux bras sur le même pied, comme on le fait souvent , parce que le pommier sur paradis poussant peu régulièrement, l'équilibre est difûcile à maintenir entre ses parties ; et il aurait pu se faire souvent qu'un côté fût beaucoup plus faible que Tautre , inconvénient qui disparaît par l'adoption d'un seul bras ; de plus , lorsque les arbres sont soudés , la sève marche dans le même sens et n'est pas contrariée dans son cours. Cette greffe en approche présente encore l'avantage de rendre les cordons plus uniformes quant à leur végétation : ainsi) si un arbre faible se trouve à côté d'un plus vigoureux , il reçoit de celui-ci un surcroît de nourriture qui le ranime et le fait prospérer. Us s'aident réciproquement , et les cordons restent en bon état de santé et de rapport pendant un temps plus long. Cette greffe demande un certain soin ; nous avons vu des cordons mal réussir avec son application. L'extrémité du rameau greffé ne grossissait plus et souvent il se formait des chancres à l'endroit de la soudure; si les arbres étaient déjà un peu plus forts, nous conseillerions de ne pas la tenter, malgré ses avantages. La distance de 1 à 2 mètrès que nous indiquons pour les cordons n'a rien d'absolu; au contraire, dans bien des sols, elle ne serait pas suffisante. Dans un terrain riche, où l'on aurait à craindre une trop forte vigueur, on éloignera donc les arbres de manière à faire parcourir aux cordons plus d'étendue. On prendra la précaution de ne pas enterrer la greffe, pour que le paradis ne s'affranchisse pas; car l'arbre perdrait alors ses qualités de végétation modérée
et de beauté des fruits. Si le sol était en pente, on dirigerait les cordons vers le haut , pour faciliter la marche de la sève et éviter les trop forts bourgeons près du coude. Sauf cette condition, on les tournera vers le levant et le midi préférablement aux autres expositions. Cette manière de cultiver le pommier greffé sur paradis en cordon unilatéral est excellente pour les jardins. Elle se répand avec raison de plus en plus. On peut disposer les cordons, soit en bordures le long des allées, soit en gradins sur les plates-bandes, en avant des murs, soit môme en plein carré, en gradins opposés, en faisant les rangs à un , deux et trois étages (voyez Qg. 48), selon l'espace et les circonstances. On obtient ainsi des récoltes abondantes et de belle qualité. La figure que nous donnons de ces diverses dispositions montre la marche à suivre. On voit qu'elle est facile. La figure 49 est la coupe de la figure 48.
§ n. — Du pèoher.
91. Le pêcher ne réussit bien, sous le climat de Paris, qu'à l'abri des murs; c'est donc en espalier qu'il convient de les cultiver. On peut le soumettre à différentes formes : je ne m'occuperai que de celles que je considère comme les plus faciles à diriger et les plus avantageuses pour la fructification.
Mais, avant de les examiner, je parlerai de la constitution et du mode de végétation de cet arbre. Quelle que soit la forme qu'on lui donne, on distingue deux sortes
développement par un pincement ou une taille en vert , soit pour obtenir une bifurcation , soit pour rétablir l'équilibre rompu dans quelque partie de la charpente, soit enfin pour Pempêcher de prendre trop de force, et prévenir ainsi la rupture de cet équilibre.,^
Fig. 50.
93. Branches de bifurcation. — Lorsqu'on veut avoir sur un arbre des bifurcations , il faut arrêter d'avance la forme à laquelle on veut le soumettre , afin de ne pas marcher au hasard; le choix des yeux de bifurcation est alors facile. Dans l'établissement des branches de charpente, un des points les plus importants à observer,
c'e^t de former toutes les branches latérales ou horizontales avant les verticales, en commençant par celles du bas, qui doivent être solidement établies. La sève ne se dirige qu'avec peine dans ces branches, il faut l'y contraindre ; or sa tendance à s'élever verticalement rendrait vains tous les efforts qu'on pourrait faire, si on lui laissait le passage dans les branches supérieures. Ainsi ce n'est que lorsque les branches inférieures auront pris une force convenable qu'il conviendra d'élever les branches supérieures.
Les branches de charpente ne doivent pas non plus être trop multipliées ni trop rapprochées entre elles. Leur trop grand nombre, en divisant la sève, rendrait difficile le maintien de l'équilibre ; il faut les distancer de manière que le palissage des petites branches puisse se faire aisément : sous ce rapport, un intervalle de (TjAO à 0"',50 et 0°*,60 est nécessaire suivant la forme imposée à l'arbre. Leur nombre et leur espacement seront aussi calculés de telle sorte, que le mur soit complètement garni et qu'il n'y ait pas de place perdue; on conçoit dès lors qu'ils dépendent de la hauteur du mur lui-même. Gomme nous venons de le dire, les branches de charpente , lorsqu'elles se bifurquent , peuvent être horizontales, verticales ou obliques. Quand on voudra établir une branche horizontale, on prendra l'œil qui se trouve immédiatement au-dessous de celui chargé de donner le bourgeon de prolongement ; mais comme sa position de dessous le rend moins fort , on le tiendra, lors du palissage, rapproché de ce dernier, et on ne
l^amènera que graduellement dans la position horizontale qu'il doit occuper par la suite. Choisi près de Tœil de taille et maintenu presque sur la même ligne ^ ce bourgeon secondaire prendra encore un bon accroissement, en ce qu'il reçoit une plus grande quantité de sève qui se porte toujours avec plus d'abondance aux extrémités, tandis que si on Tavait pris éloigné et si on l'avait palissé un peu trop incliné , il n'aurait prospéré que faiblement. Si, au contraire, il s'agit d'élever une branche verticale , comme l'œil doit être en dessus, quelle que soit sa distance de l'œil terminal , il prendra toujours assez et souvent même trop de force , malgré les pincements réitérés , aussi vaut-il mieux alors se servir d'une petite branche coursonne qui, ayant été tenue déjà depuis plusieurs années dans un certain état de médiocrité, sera plus facile à maintenir dans des proportions convenables.
Dans le cas où l'on traiterait un arbre dont la forme n'exige pas la taille des branches de charpente , comme nous le verrons plus tard, on emploie pour bifurcations de faux bourgeons dont on provoque au besoin la naissance.