‹ Trate de la taille des arbres fruitiersChapitre 63 sur 105 · PRÉPARATION DES GREFFES · texte numérisé non relu

PRÉPARATION DES GREFFES

182. On ne doit prendre des greffes que sur du bois d^un an ; le bois de deux ans se met plus tôt à fruit, mais l'arbre est moins vigoureux : on ne s'en sert que par nécessité ou à défaut d'autre.

Il est essentiel de bien choisir les greffes sur des arbres sains et fertiles ; les rameaux qui auront joui de Tinfluence de l'air seront toujours préférés comme ayaot les yeux mieux constitués; on ne doit pas prendre autant que possible, de dards ni de brindilles pour greffer en fente et en couronne. On coupera les rameaux un mois ou six semaines à l'avance ; pendant cet intervalle on les fiche en terre au pied d'un mur, en les enfonçant jusqu'au tiers de leur longueur à l'exposition du nord. L'état de privation qu'ils supportent les affame

et donne aux greffes une facilité plus grande pour la reprise. Il ne faut pas les conserver dans Teau, si ce n'est dans le cas où ils auraient voyagé et où ils arriveraient fatigués et les écorces ridées ; alors même il suffira de les y faire tremper pendant un jour ou deux. A leur défaut, on peut cependant se servir de rameaux fraîchement coupés.

Pour greffer en écusson, on peut couper les rameaux pour s'en servir tout de suite.

183. On emploie ordinairement pour greffer un instrument qui a reçu le nom de greffoir (fig. 109). C'est une espèce de petit couteau dont la lame bien affilée doit avoir environ O'^jOB de longueur, et être d'acier fin ; le manche, dont la longueur est de O^^yOG, se termine par une spatule d'ivoire ou d'os. C'est avec la lame qu'on coupe les greffes, et qu'on pratique sur les sujets les incisions et les entailles; on a soin que toutes les sections soient très nettes. La spatule sert à détacher et i soulever les écorces. Il faut avoir l'attention de enir la lame du greffoir dans un état de pro- )reté parfaite.

Les autres instruments sont : une scie à lain, nommée égohinej pour couper la tige ou i tête des gros sujets et les branches fortes ; »e forte serpette et un petit maillet pour frapper tesus au besoin; quelques coins de bois de ^^^' ^^^' janensions variées pour maintenir la fente ouverte

u'à ce qu'on ait placé la greffe, et pour détacher

Éqi

Pécorce du pourtour des sujets dans ^ la greflfe en couronne. Quand les sujets sont petits , la serpette suffit pour faire la fente et la maintenir ouverte .

Pour assujettir les greffes , il est nécessaire de faire des ligatures avec de la laine grossièrement filée et peu tordue, ou du coton filé : c'est ordinairement ce que Pon emploie.

Ces deux substances ont l'avantage d'être plus élastiques, la première surtout, et de se prêter mieux que toute autre matière au renflement du sujet ou de la branche. Les lanières d'écorce de tilleul se nouent difficilement. Le chanvre a le défaut d'étrangler la greffe, à cause de sa propriété de se resserrer sous l'influence de l'humidité ; cependant on s'en sert ainsi que de la natte.A)n a soin de visiter de temps en temps les greffes, / et l'on desserre on enlève ces ligatures si elles occasionl nent des étranglements nuisibles au développement des V^ousses. /

Il importe généralement au succès des greffes de couvrir par un engluement toutes les plaies qui en résultent afin de s'opposer au dessèchement que produirait le contact de Tair et d'interdire tout accès à Thumidité.

Les substances employées à cet usage sont :

184. La cire à greffer. — On en fait de deux sortes : Tune s'emploie à chaud, l'autre à froid.

Composition à employer à chaud. — On fait fondrej dans un vase de terre, sur le feu, 500 grammes de poixi blanche de Bourgogne, 120 grammes de poix noire, 120 grammes de résine, 100 grammes de cire jaune,

60 grammes de suif; on mélange le tout pendant la fusion. Chaque fois qu'on veut se servir de cette cire, on pose le vase qui la contient sur un feu doux, puis on l'applique avec une spatule ou un pinceau , lorsqu'elle est suffisamment réchaufifée pour devenir liquidé, sans être trop chaude , afin de ne pas nuire à la plaie.

Composition à employer à froid. — On fait fondre également sur le feu, et Ton mélange pendant la fusion 500 grammes de cire jaune , 500 grammes de térébenthine grasse,* 250 grammes de poix blanche de Bourgogne et 100 de suif. On en fait des bâtons que l'on enveloppe dans un linge ou du papier, et lorsqu'on veut l'employer, on en prend un morceau que l'on pétrit entre les doigts jusqu'à ce qu'elle soit suffisamment molle. Les' proportions de ces deux compositions, qui résistent parfaitement aux intempéries des saisons, sont diminuées ou augmentées à volonté.

Vongmnt de Saint-Fiacre est un composé de deux tiers de terre franche, un peu argileuse, et d'un tiers de bouse de vache, mélangés à l'état de mortier clair. Sa consistance offrant peu de ténacité, il se dessèche par le soleil ou est entraîné par la pluie ; c'est pourquoi il est nécessaire de l'envelopper d'un linge pour le maintenir tout le temps nécessaire sur les plaies. On donne à cet appareil le nom de poupée.

Cette composition est très employée dans les campagnes pour les greffes en fente et en couronne.

Lorsque l'on veut faire voyager les greffes, on les place dans la mousse légèrement humectée , que ren-

ferme une petite boite ou une toile cirée, ou simplement un gros papier gris. Cette précaution suffit quand le voyage ne doit durer que quinze jours. S'il doit se prolonger deux ou trois mois, on les mettra dans du mastic de vitrier ou du miel, ou même dans Targile pure. Bien enveloppées dans ces substances on les dépose dans une boîte de fer-blanc hermétiquement fermée; elles se conservent très bien ainsi.

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