GREFFES EN FENTE
Lorsqu'au printemps la sève commence à monter dans le sujet , c'est Tépoque qu'il convient de choisir pour
les greffes de cette sorte, qui trouvent de nombreuses applications sur les arbres à fruits à pépins et sur quelques-uns de ceux à noyau/ Pour ces derniers, comme le ""^ pêcher, le prunier, le cerisier, etc. , le mois de septembre / et Pautomne sont préférables; la réussite est plus cer-/ taine.( La greflfe en fente s'applique sur des sujets de diverses hauteurs, depuis le collet de la racine jusqu'à 2 ou 3 mètres. Il faut avoir soin de parer les plaies de la manière la plus nette avec la serpette ,/et Ton choisira pour greffes des rameaux ayant les yeux bien formés et très apparents. /
Greffe en fente à un scion.
187. La figure 110 la représente : a, tige dont on a coupé la tête ; 6, fente pratiquée au milieu du diamètre ; c, rameau taillé sur lequel on a laissé deux yeux. Sur un sujet que l'on désire greffer, on choisit un endroit bien. uni à la hauteur voulue, on coupe la tête ou tige horizontalement avec la serpette, lorsqu'elle est faible ; si elle est trop forte , on se sert de la scie, et l'on rafraîchit ^^^' ^^^' la plaie immédiatement. Ensuite on pratique au milieu du diamètre une fente perpendiculaire au sujet , bien nette, sans éclats, sans déchirure d'écorces, en épargnant la mojBlle autant que possible dans les arbres à fruits à noyau. Si la tige ou la branche est forte, la fente est tenue ouverte par un petit coin de bois dur ou
la pointe de là serpette, afin de pouvoir y insérer la grefife c. Celle-ci est taillée en biseau en forme de lame de couteau, de 20 à 25 millimètres de longueur, suivant la grosseur du scion, et faisant deux petites retraites ou crans au-dessus du biseau, comme on le voit en e, pour qu'elle puisse poser facilement sur la coupe du sujet; ensuite on place la greffe en la rentrant un peu, de manière que son écorce, plus mince que celle du sujet, coïncide parfaitement avec cette dernière. Lorsque la greffe est mise, on retire le petit coin, en ayant soin de ne point la déranger. Il n'est pas nécessaire de faire la ligature si la pression est assez forte et serre suffisamment : si, au contraire, elle est faible, il sera nécessaire de la ligaturer, pour assujettir les parties et les maintenir dans leur position jusqu'à ce que la reprise soit assurée. On couvre immédiatement la plaie avec de la cire à greffer ou de Tonguent de Saint-Fiacre.
Greffe en fente avec sujet taiU6 en biseau (fig. 111).
188. Elle ne diffère de la précédente que par la coupe du sujet, dont une partie est faite en biseau, a. Elle est préférable en ce que l'obliquité favorise Paffluence de la sève vers le scion , et le coude est moins apparent.
Elle a souvent besoin d'être maintenue par Fig. 111. une ligature.
Greffe en fente aveo des rameaux de l'année.
Cette greffe se pratique de la fin de juin à la fin de juillet; l'opération est absolument la même que pour la greffe en fente ordinaire , excepté que Ton se sert de rameaux de Tannée déjà aoûtés vers leur base , et on ligature si le sujet est faible. Il faut toujours enduire les plaies et les scions avec de la cire à greffer sans couvrir les yeux. Je Tai appliquée à la fin de juin, elle m'a bien réussi, surtout sur les arbres à fruits à pépins. Sur les arbres à fruits à noyau, les résultats ont été moins avantageux. Cette greffe nouvelle est peu usitée.
Greffe en fente à deux scions (fig. 113).
189. Elle ne diffère aussi de la greffe figure HO que par le nombre de scions placés sur le sujet; son application est absolument semblable, excepté que les deux
Fig. 112. Fig. 113.
rameaux sont placés à Topposite à la circonférence du sujet. Elle est employée ordinairement pour les forts sauvageons et de fortes branches.
La greffe à quatre scions (fig. 112) est peu usitée; le sujet, fendu en quatre parties, présente rinconvénient grave d'une plaie diflBcile à cicatriser,
La greffe en fente sur le rosier, qui se pratique du 20 mars au 20 avril, par les mêmes procédés, peut produire des fleurs en juin, deux mois après l'opération. Le sujet doit avoir deux ans de plantation pour donner de bons résultats. .
Greffe en fente sur collet de racines (fig. 114).
190. Il arrive fréquemment qu'un arbre, après plusieurs années de plantation et ayant déjà une certaine grosseur, se trouve rompu par un coup de vent, ou tout autre accident , à une certaine hauteur, et quelquefois
Fig. 114.
même près de terre; au lieu de l'arracher, on le greffe au-dessus du collet des racines, en plaçant deux scions comme je l'ai indiqué figure 114. Dès la première année» • il pousse des jets quelquefois de 2 mètres. Par ce procédé, on obtient des résultats très avantageux et un
arbre reformé promptement. On supprime un des deux scions la deuxième année, pour faire un arbre à haute
Greffe en fente sur raolnes (flg. 116).
191. On greffe aussi en fente sur racines les arbres à fruits à pépins et quelques-uns de ceux à fruits à noyau. Dans ce cas, on détache une racine d'un arbre congénère près du collet; on redresse la partie supérieure en lui donnant une position presque verticale , sans déranger les racines secondaires qui se trouvent dans toute sa longueur, et l'on pratique la greffe ordinaire à un scion. L'automne suivant, on enlève cette racine avec
Fig. 115.
le jet que Pon transplante dans des conditions favorables, de manière à former un arbre en peu d'années Ce procédé est excellent pour celui qui a des espèces précieuses à greffer, et qui n*a pas de sujets pour les recevoir.
Greffe en fente de la Tlgne sur tige.
192, On la pratique fin de mars ou au commencement d'avril, au moment où la sève commence à entrer en mouvement* On s'est pourvu de rameaux ou sarments au moins un mois ou six semaines d'avance ; on coupe la tige horizontalement à la hauteur que l'on veut; on la fend perpendiculairement, et l'on y introduit deux sarments coupés à deux yeux, comme pour la greffe en fente ordinaire. Il faut couvrir ensuite avec de Tonguent de Saint*Fiacre et faire une poupée : l'humidité que la sève apporte sur la coupe ne permettrait pas à la cire à greffer de s'y maintenir. La soudure entièrement opérée, on enlève l'onguent de Saint-Fiacre et Ton y met de la cire. Cette greffe reste inactive plus longtemps que dans les autres arbres ; elle donne quelquefois du fruit dans l'année même , mais celui-ci ne mûrit pas à cause de la végétation tardive de la greffe.
Greffe en fente de la vigne sur souche.
193. Elle est la plus usitée de toutes celles qu'on pratique sur la vigne; on remploie dans les vignobles pour changer les cépages et renouveler toutes les mauvaises variétés. Elle se fait à la même époque et de la même manière que la précédente ; seulement il faut déchausser le cep et le couper horizontalement au-dessous du niveau du sol. On fend également le sujet dans le milieu de son diamètre, et comme les souches sont ordinaire-
ment très noueuses et tortueuses, il n'est pas toujours facile d'y placer convenablement les scions; il faut cependant les faire coïncider avec les écorces du sujet sur le plus grand nombre possible de points. Ensuite on recouvre la plaie avec de Tonguent de Saint-Fiacre , et l'on comble le trou avec la terre, en ayant soin de laisser Tœil supérieur de chaque scion à l'air libre. Il n'est pas nécessaire de mettre de la cire à greffer lorsque la reprise est assurée , comme je l'ai indiqué pour la greffe précédente. La figure H 4 la représente : aa, ligne ponctuée qui indique le niveau du terrain; A , greffe effectuée.
Greffe-bouttàre sur la vigne (fig. 116).
194. On entaille de chaque côté les sarments à greffer en biseau un peu allongé, de façon qu'il se trouve deux
Fig. 116.
yeux en dessus et deux yeux en dessous. On coupe, comme à la figure 116, un cep horizontalement au-
dessus du collet de la racine; on fend et l'on introduit les sarments dans la fente, un de chaque côté, de manière que les deux yeux inférieurs se trouvent au-dessous de la coupe, et les deux supérieurs en dessus. On recouvre toute la plaie avec de Tonguent de Saint-Fiacre , et Ton remplit le trou en couvrant de terre les deux yeux inférieurs et le supérieur le plus rapproché de la coupe. Cette greffe-bouture réussit très bien ; il arrive presque toujours que la partie inférieure de la greffe prend racine. On peut aussi la pratiquer sur une tige, en ayant soin de mettre la partie inférieure du sarment dans une petite bouteille remplie d'eau.
Greffe en fente sur le côt6.
195. Elle se pratique en mars et en avril. Le scion à greffer est taillé en biseau long de 2 à 3 centimètres, en forme de lame de couteau, sans cran à la partie supérieure. On entaille la tige du sujet avec le bec de la serpette, en pénétrant dans le bois de manière à y insérer la greffe. La figure H 7 la représente.
Cette greffe est fort utile pour remplacer
des branches latérales qui ont péri, ou pour
garnir des parties dénudées. On remploie
principalement sur les arbres à fruits à pépins
Fig. 117. et à noyau. Il est nécessaire de faire une
ligature et de mettre de la cire à greffer. En plaçant sur
une tige de rosier, à 12 ou 15 centimètres les uns des
autres 9 des scions pris sur des rameaux de la même variété, on peut former une charmante colonne de fleurs.