‹ Trate de la taille des arbres fruitiersChapitre 66 sur 105 · GREFFES EN COURONNE · texte numérisé non relu

GREFFES EN COURONNE

196. Elles se nomment ainsi parce que les greffes sont placées sur le sujet en forme de cercle ou couronne ; on les pratique ordinairement sur les fortes tiges et sur les fortes branches. Elles diffèrent des greffes en fente en ce que , au lieu d'être introduits dans la fente , les scions sont insérés entre Técorce et Taubier. Elles se font du 20 mars au 20 avril, attendu qu^il est indispensable que le sujet soit en sève pour que Fécorce puisse facilement se détacher de Taubier. Les rameaux doivent être coupés un mois ou six semaines d'avance comme pour la greffe en fente.

Quand on regreffe de vieux arbres, il convient de ^ laisser une ou deux branches d'appel pour maintenir la sève dans le sujet, la réussite est plus certaine. La sup- \ pression de toutes les branches à la fois nuirait à ces ' arbres. Les branches d'appel sont arrêtées dans leur / développement au fur et à mesure que les greffes pous- / sent, puis complètement retranchées, afin de ne pas -^ nuire à ces dernières.

Greffe en couronne ordinaire.

197. — La tige ou la branche est coupée horizontalement avec la scie, et Ton refraichit immédiatement la plaie avec la serpette. Les scions sont taillés en bec de

plume aminci comme B (fig. llS), en ayant soin de laisser deux yeux sur chacun. A Taide d'un petit coin de bois dur, on détache, sans la déchirer, Pécorce de l'aubier, et Ton introduit la greffe. On peut, selon la grosseur du sujet, placer un nombre indéterminé de greffes , en les mettant à 2 ou 3 centimètres les unes des autres à la circonférence ; l'écorce se déchirerait , que cela ne présenterait aucun inconvénient pour la réussite. Elle s'emploie avec avantage sur les grosses branches qu'on rapproche ; on ne ligature point , mais on couvre toute la plaie avec de la cire.

Fig. 118.

Cette greffe a une variété qui n*en diffère qu'en ce que l'on incise perpendiculairement l'écorce à la circonférence du sujet, à l'endroit où l'on pose chaque scion, ce qui permet de les recouvrir avec les bords de l'écorce incisée ; il est alors nécessaire de faire une ligature.

Greffe de côté en T.

198. Cette greffe remplit le même objet que la greffe en fente sur le côté, excepté que l'incison du sujet se

pratique en forme de T, comme on voit figure 119, par

deux incisions, Tune horizontale et l'autre

perpendiculaire, absolument comme pour

la greffe en écusson. On enlève au-dessus

du T une petite parcelle d'écorce a, et

Ton insère sous les lèvres du T la greffe

taillée en bec de plume aminci vers la

base, comme pour la greffe en couronne.

Il faut faire une ligature et enduire la

plaie avec la composition.

Fig. 119.

Greffe en couronne ou par entaille triangulaire.

199. — Sur Paire de la coupe du sujet qui a toujours lieu horizontalement (fig. 120, A), on fait une entaille

Fig. 120.

triangulaire proportionnée à la grosseur du rameau à insérer- On taille le scion en coin, de manière qu'il remplisse exactement cette entaille, puis on Ty introduit en faisant coïncider les écorces, et assujettissant le tout par une ligature, on recouvre la plaie de cire à greffer.

Par celte méthode, on peut greffer de très gros arbres et mettre plusieurs greffes sur le sujet.

Oraffe par enfourohement (fig. 121).

200. Le sujet et la greffe doivent être de la même grosseur. On coupe horizontalement la tète du premier, que l'on taille en bec de hautbois avec deux crans.

Le rameau à insérer, qui doit avoir deux yeux, est fendu à sa base dans le milieu de son diamètre. On l'introduit jusqu'aux crans, on ligature, et Ton couvre avec la composition. Cette greffe convient parfai- Fig. 121. temenl à de petits arbres fruitiers.

Greffe Ferrari ou génoise.

C'est la précédente en sens inverse, ainsi queTin-

Fig. 122.

dique la fig. 122. Elle est plus employée, particulièrement pour les petits orangers.

Greffe anglaise.

201 . Cette greffe est très solide; elle s'emploie pourde petits arbresd'un diamètre égal. Le sujet A (fig. 123) à son sommet, et le rameau B à sa base, sont taillés l'un et l'autre en allongé : on fait sur chaque biseau et au milieu de la plaie, au moyen du greffoir et biseau en sens opposé^ une esquille de même dimension, comme l'indique la figure; on fait pénétrer les esquilles Tune dans l'autre en ajustant la greffe et en faisant coïncider les écorces; on ligature et l'on couvre de cire.

Cette greffe se pratique au printemps.

Greffe en navette (fig. 121).

202. Elle se pratique au printemps sur une tige ou un cordon de vigne. On fend ce dernier dans le milieu de son diamètre , à l'endroit où l'on veut placer un courson; si le cordon est fort, on pratique une entaille ovale de 3 à 4 centimètres de longueur, en pénétrant jusqu'au canal médullaire. La greffe sera taillée en coin allongé de chaque côté, en laissant un œil vers le milieu et en lui donnant la forme d'une navette, de ma- Fig. 124.

nière à remplir exactement l'entaille faite sur le sujet; ensuite on ligature si c'est nécessaire, et l'on enduit la plaie de cire à greffer.

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