LA GOMME
231. C'est une maladie spéciale aux arbres à fruits à noyau. Elle consiste en une extravasion de sève ou plutôt des sucs propres qui se fait à l'extérieur : Técorce se fend et donne passage à la gomme. Cette afTection, dont les causes sont attribuées au terrain, aux circonstances météorologiques, à des meurtrissures, aux écorces endurcies qui entravent la circulation de la sève, et à des intermittences dans le cours régulier de ce liquide, lorsqu'au.printemps, à un temps chaud, succède brusquement un temps froid, a pour effet de
détruire les branches ou portions de branches sur lesquelles elle se manifeste. Le seul remède efficace à employer est de racler les dépôts qu'elle forme avec une serpette bien tranchante , en allant jusqu'au vif, aussitôt qu'elle parait. On nettoie bien les plaies avec de l'eau y et Ton met dessus de la cire à greffer ou un emplâtre d'onguent de Saint-Fiacre. Il se reforme du jeune bois et une nouvelle écorce qui les cicatrisent. Lorsque l'arbre est pris tout entier et qu'en coupant une branche on aperçoit des traces jusque dans l'intérieur, il n'y a pas de remède possible. Quelquefois cependant, au début, on peut pratiquer au côté opposé des incisions longitudinales sur Técorce , pour faciliter répanchement des sucs propres ; cette opération réussit ordinairement assez bien. La maladie n'est guérissable que lorsqu'elle est accidentelle; si elle provient d'un vice inhérent à l'arbre elle ne peut disparaître. On peut prévenir la gomme sur les bourgeons de prolongement en les incisant à leur base et en conduisant l'incision jusque sur le bois de l'année précédente.
Les amandiers, les cerisiers, les pruniers, les abricotiers et les pêchers sont sujets à la gomme ; sur les deux derniers elle est principalement préjudiciable.