‹ Trate de la taille des arbres fruitiersChapitre 71 sur 105 · FRUITIER PORTATIF DE MATHIEU DE DOMBASLE · texte numérisé non relu

FRUITIER PORTATIF DE MATHIEU DE DOMBASLE

. « On fait construire en planches de sapin ou de peu- » plier, de 0",Oad'épaisseur, des caisses de 0",10 seule- » ment de hauteur, et de 0°,65 de longueur sur O'^jiO 3) de largeur, le tout pris en dedans : toutes ces caisses » doivent être de dimensions bien égales , de manière à » s'ajuster exactement les unes sur les autres; elles » n'ont pas de couvercles, et le fond est formé de plan- » ches de 0°*,01 à O^'^Oâ d'épaisseur, solidement fixées » par des pointes sur le bord inférieur deis planches qui 2) forment les parois des caisses. Au milieu de chacun » des quatre côtés de la caisse, on fixe par des clous, » près des bords supérieurs, des morceaux de bois ou » tasseaux de 0"^,08 ou 0*^,10 de longueur sur O^'jOS de 5) largeur et O^'yOS d'épaisseur. Ces morceaux sont » appliqués , par une de leurs faces larges, sur les faces » extérieures de la caisse, et en sorte qu'un de leurs » bords, sur toute la longueur du tasseau, dépasse en » hauteur de 0™,01 le bord supérieur de la caisse. Ces

D tasseaux ont deux destinations : d'abord ils aident » au maniement des caisses, en servant de poignées par )) lesquelles' on saisit facilement des deux mains les T> petits côtés d'une caisse ; ensuite ils servent d'arrêt )) pour tenir exactement les caisses dans leur position , )) lorsqu'on les empile lea unes sur les autres : à cet iD effet, ces tasseaux doivent être un peu délardés ou )> amiocis en dedans, dans la partie qui dépasse la » hauteur de la caisse, de manière que la caisse supé- » rieure puisse recouvrir bien exactement celle qui » est au-dessous , sans être serrée par le bord des tas- » seaux. •

a On conçoit facilement, d'après cette description, » que, chaque caisse étant remplie d'un lit de poires , )) de pommes, de raisins, etc., elles s'empilent les unes » sur les autres , chacune servant de couvercle à la » précédente,. et la caisse supérieure est seule fermée, » soit par une caisse vide, soit par une plate-forme » mobile en planches , de mêmes dimensions que les ^ caisses. On peut empiler ainsi quinze caisses ou même J> davantage, et chaque pile présente l'apparence d'un » coffre entièrement inaccessible aux animaux ron- » geurs , et que l'on peut loger dans un local destiné à » tout autre usage , dans lequel il n'occupe presque pas » d'espace.

« J'ai indiqué la hauteur de O^'^IO pour les caisses, » parce que c'est celle qui convient pour des poires ou » des pommes d'un gros volume; mais pour des fruits ^ plus petits, on peut faire des caisses de 0°*,06 de pro-

X) fondear, et Ton peut placer dans la même pile des 2> caisses de profondeur différente, pourvu qu'elles aient j> toutes les mêmes dimensions en longueur et en iarj> geur. On pourrait aussi donner à toutes les caisses y> plus de longueur ou plus de largeur que je ne l'ai j> indiqué; mais je pense que Pon trouvera toujours j> plus commode de ne pas dépasser les proportions j> dan; lesquelles chaque caisse peut être maniée sans :» effort par une seule personne. Dans les dimensions » que j'ai proposées , chaque caisse peut contenir cent j> poires de beurré ou de bon-chrétien d'une belle T> grosseur, ou plus du double des petites espèces; en i> sorte qu'une pile de quinze caisses, qui n'occupe » qu'une hauteur de 1™,50 au plus, contiendra un » approvisonnement de 2000 à 2500 poires ou pommes » d'espèces diverses.

<c Les fruits se conservent parfaitement dans ces » caisses , et cette bonne conservation est vraisemblaj> blement due à la stagnation complète de l'air dans y> cet appareil. On s'efforce d'obtenir autant qu'on le » peut cette condition dans les fruitiers ordinaires » parce qu'on a reconnu que c'est elle qui contribue le j> plus à la conservation des fruits; mais, quelque soin X) que l'on prenne^ il est impossible de l'atteindre dans » le local le mieux clos avec la perfection qu'on l'ob- X) tient sans aucun soin dans les caisses. On sent toute- » fois qu'il est encore plus indispensable ici que dans T> toute autre disposition, de ne serrer les fruits dans les X» caisses que lorsqu'ils sont entièrement exempts d'hu-

9 miditéy puisqu'une peut pluss'y opérer d'évaporation.

<t Les principaux avantages que l'on trouvera dans T> l'emploi du fruitier portatif consistent non seulement n dans la possibilité de loger une grande quantité de 2> fruits dans un très petit espace, et de les tenir parfai- 9 tement à Tabri des animaux malfaisants, mais aussi » dans la facilité avec laquelle se fait le service, pour » soigner et trier les fruits en enlevant ceux qui vien- » draient à se gâter, ou dont on a besoin pour la con- » sommation journalière : en effet, la caisse supérieure » de la pile étant découverte , on examine tous les » fruits avec bien plus de facilité qu'on ne peut le faire » entre les tablettes d'un fruitier ordinaire. On enlève » ensuite cette caisse , et on la pose à terre à côté de la ^ pile, afin de procéder à la même opération dans la » seconde caisse qui se trouve découverte; et toutes les î caisses viennent successivement se placer ainsi l*uçe nur l'autre, en formant une nouvelle pile dans un » ordre inverse de celui de la première. Si Ton place ^ plusieurs piles les unes à côté des autres, une seule » place vide suffit pour permettre d'opérer le remanie- »nient de toutes, parce que le déplacement de la ^^ première laisse un nouveau vide où vient se placer la » seconde, et ainsi de suite.

^ Les fruits renfermés dans ces piles sont beaucoup ^ mieux garantis de la gelée que lorsqu'ils sont à ^ découvert sur des tablettes; et, à moins que le local ^ où on les conserve ne soit exposé à de très fortes ^gelées, il sera facile d'en préserver les fruits, en

» revêtant les piles de plusieurs doubles de couvertures, » de vieux matelas, ou de tout ce [qui serait propre à x> cet usage; mais, si la gelée devenait trop intense, on » pourrait facilement transporter toute la provision de if> fruits dans un autre local, sans les endommager et » sans embarras, puisqu'il ne s'agirait que de former X) ailleurs une pile avec les caisses dont le transport » peut s'opérer en très peu de temps sans déranger y> les fruits. y>

Nous recommandons spécialement ce genre de fruitier portatif; il réunit tous les avantages désirables. Il peut varier de forme; mais nous considérons, avec Mathieu de Dombasle, celle qu'il indique comme la plus commode, la plus facile et la moins coûteuse à établir.

230. Emballage des fruits. — Si Ton a besoin de faire voyager les fruits, les moyens sont simples et efficaces. S'agit-il de fruits durs comme les poires et les pommes , on garnit upe manne avec du foin de regain en prenant le plus fin, ou des rognures de papier; on les met les uns à côté des autres en les enfonçant un peu pour que chacun se loge dans une petite cavité : ils ne doivent pas se toucher. On remplit les interstices, et l'on couvre tout le rang d'un bon lit de foin ou de papier. On met par-dessus un nouveau lit de fruits, et ainsi de suite. L'ouverture de la manne se ferme par une forte couche de paille que l'on bague solidement, et mieux par un couvercle d'osier.

Si ce sont des fruits tendres, pèches, abricots, rai-

sins, etc. , on enveloppe d'un papier de soie ceux dont la conformation ne s'y oppose pas; on les met dans de petites mannes, ou mieux dans de petites caisses en nombre et en poids assez restreints , en ne formant qu'un lit. Les intervalles sont remplis avec des rognures de papier que Ton presse bien. Les boîtes doivent être bien pleines et bien fermées. Le point important est que les fruits ne puissent être ballottés ni meurtris pendant le trajet. On évitera d'expédier dans le même panier où la même boite des fruits de nature et de consistance différentes. Si l'on y était obligé , il va sans dire que les plus résistants se mettraient au fond, et les plus tendres pardessus. En général, il y a avantage à ne pas se servir de trop grands paniers ou de trop grandes caisses pour faire voyager les fruits.

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