PUCERONS
244. Ces petits insectes, trop connus, causent des dommages notables par leur effrayante multiplicité; ils attaquent l'extrémité des bourgeons et les feuilles au point de suspendre ou d'entraver fortement la végétation des parties qu'ils recouvrent. Ce qui réussit le mieux contre eux, et l'on peut dire infailliblement, ce sont les fumigations de tabac ou des aspersions faites avec des décoctions de cette plante; après les fumigations il est nécessaire de seringuer les feuilles avec une pompe, afin d'en détacher ceux qui ne seraient pas complètement asphyxiés mais seulement engourdis; une fois par terre, ils périssent. L'eau de tabac sera préparée à l'avance et épaisse, afin d'avoir plus de force. On fait tremper à froid, pendant vingt-quatre heures, 2 kilogrammes de déchets de fabrication de tabac dans 100 litres d'eau. Ce sont les proportions les plus ordinaires. On peut encore se procurer des jus tout préparés dans les manufactures de l'État. On les étend d'eau et on essaye leur force avant de les employer en grand ; si l'on n'a qu'un petit nombre de branches à débarrasser, on les immerge dans un
vase rempli de cette eau. L'eau de savon vert, dans les proportions de 75 à i 00 grammes pour lO litres d'eau, donne aussi un moyen de destruction efficace.
hd puceron lanighre est particulier au pommier, qu'il fait périr promptement. Il cause des exostoses sur lesquelles il vit, il s'introduit sous i'écorce» et quelquefois, dans les hivers rigoureux, une partie se cache en terre autour du collet de la racine. Quand on veut le combattre, il faut déchausser l'arbre pour Tatteindre partout où il se trouve, car il remonte au printemps^ Il est recouvert d'un duvet laineux qui le fait facilement reconnaître. Parmi les nombreux moyens proposés pour détruire le puceron lanigère, aucun ne nous a procuré de bons résultats. Nous en employons un dont nous avons toujours eu lieu d'être satisfait : il s'agit simplement de Teau chaude. On place dans le jardin, sur un trépied, une chaudière de fonte pleine d'eau. On allume du feu des* sous; dès que l'eau commence à frémir, avant par conséquent qu'elle soit entièrement bouillante , on en imbibe l'arbre à f aide d*une petite éponge fixée à un petit bâton. On presse l'éponge sur l'arbre en donnant de légers coups, de manière à bien faire pénétrer l'eau dans toutes les fissures et les parties d'exostoses occasionnées par les pucerons. Une simple aspersion ne suffirait pas, car le duvet qui couvre Finsecte le protège contre l'action de l'eau. Quelques-uns échappent à la première opération et multiplient rapidement la race. 11 faut la répéter deux ou -trois fois pour se délivrer du fléau, et le faire disparaître pour plusieurs années. On
pratique cette sorte d'échaudage sans inconvénients pour les pommiers à toutes les épqques de Tannée, excepté au moment de la floraison ; il est cependant préféral)le de ne pas attendre la sortie des bourgeons; l'opération n'en est que plus facile et plus complète. L'essence de térébenthine, rhuile de lin, l'acide sulfurique, 50 grammes pour un litre d'eau, etc., réussissent moins bien; on lave lés branches avec une brosse ou un pinceau. L'eau ordinaire à laquelle on ajoute un dixième d'alcool produit de bons efifçts et est d'un usage moins dangereux que les substances dont nous venons de parler. Enfin le pétrole est aussi employé avec succès.