LA GRISE
251. La grise est un petit insecte du genre Acarus^ qui se met fréquemment sur les feuilles du pécher, et
en telle quantité, qu'elles prennent une teinte grisâtre; il nuit à Tarbre en empêchant les feuilles de remplir leurs fonctions. On peut le détruire par des bassinages répétés, rhumidité lui étant contraire; les fumigations de tabac le font également périr, mais les bassinages à Teau simple suffisent. ^
Oea engrais, du chaulage et des arrosements.
252. L'utilité de fournir aux arbres fruitiers des engrais qui entretiennent leur vigueur ne fait plus de doute aujourd'hui; il importe toutefois d'en faire une application judicieuse.
Tous les engrais sont bons , pourvu qu'ils soient bien décomposés; la nature du sol détermine ceux que Ton doit enfouir de préférence. Dans les. sols légers et brûlants, ce serait une faute de mettre des fumiers actifs, qui , surexcitant momentanément la végétation , n'auraient pour résultat que de la ralentir plus tard. Pour de tels terrains, on emploie des fumiers d'une décomposition lente , comme celui de vache , qui fournissent peu à peu aux arbres les principes nutritifs qui les composent. Pour les sols froids et humides, au contraire, les engrais doivent être absorbés facilement par les racines et activer la végétation ; ce sont donc ceux d'une décomposition rapide, tels que ceux de cheval, de mouton, etc., que l'on préférera.
Un des bons engrais pour les arbres fruitiers^ ce sont les gazons consommés mis à la place des terres usées
que Ton enlève; mais comme il n'est pas toujours possible de s'en procurer, on applique le plus communément le fumier de ferme. Il doit être fait et enfoui avant Thiver. S'il était nouveau , il faudrait le laisser fermen* ter pendant quelque temps avant de l'employer, dans la crainte qu'il n'échauffât le jeune chevelu des racines, 11 ne se met pas directement au pied de l'arbre , mais bien à la distance où les racines sont présumées s'étendre. On enlève une petite couche de terre, sans découvrir les racines et en les ménageant ; on place le fumier et Ton remet la terre. Il vaut mieux donner une légère fumure, que l'on renouvellera chaque fois qu'il en sera besoin, que de fumer trop abondamment d'une seule fois; l'arbre profite mieux de la nourriture qu'on lui procure sans s'emporter en végétation; les fruits n'en ont que plus de qualité, et la marche de la sève est plus régulière. Les engrais liquides et la gadoue bien consommée seront aussi très utilement employés.
Les labours à la bêche seront faits très prudemment au pied des arbres, si même on doit en faire. Je préfère me servir, pour ces façons, d'une houe à crochet ou d'une fourche à dents plates et fortes, qui , ne pénétrant pas profondément , n'attaquent pas les racines, et remuent la terre assez pour permettre à l'air de pénétrer. Les binages seront donnés chaque fois que la terre battue le nécessitera. Enfin un bon paillis, Tété, protégera les arbres contre la sécheresse , surtout pour les nouvelles plantations.
Le chaulage se fait avec un lait de chaux un peu épais
et fratchement préparé. II est utile à tous les arbres, lorsqu'ils sont envahis par les insectes qui s'attachent à Técorce et par la mousse, qu'il détruit parfaitement. On rapplique au printemps, par un temps sec, à Paide d'un gros pinceau que Ton secoue vivement par saccades autour et près des branches et du tronc des arbres, avant que la végétation commence, pour ne pas endommager les boutons et les yeux, et éviter d'atteindre les jeunes bourgeons. C'est une excellente pratique qu'on ne saurait trop recommander pour les cas que nous venons de citer. Lorsque des arbres trop fortement exposés au midi paraissent languissants , il suffit souvent d'un chaulage pour leur rendre de la vigueur, la couleur blanche qui recouvre la tige diminuant l'action des rayons solaires. Si Ton a beaucoup d'arbres ou de murs à chauler, le mieux et le plus expéditif est d'employer une seringue à trous assez larges. Le lait de chaux doit être passé au tamis de crin après Tavoir laissé reposer quelques minutes. Il en est de même lorsqu'on l'emploie, il doit être reposé.
253. Les arrosements appliqués aux arbres fruitiers sont avantageux la première année de plantation , si Tété est sec, pour les jeunes sujets comme pour ceux plus âgés. Les espaliers pendant la végétation aiment à recevoir de temps en temps un peu d'eau. A défaut de pluie , on leur en donnera avec une pompe à main ou une seringue à l'usage des serres. L'eau est répandue sur les feuilles et les fruits en quantité suffisante pour leur procurer une certaine fraîcheur. Ces arrosements
ont lieu lorsque le soleil commence à quitter le mur, les parties herbacées et foliacées en profitent mieux, et ont le temps de se sécher avant la nuit. Les arbres sont ainsi tenus propres et les insectes éloignés. Les espaliers regardant le levant sont rarement battus par les pluies; en été on les arrosera plus souvent.
Les vignes, dans les terrains secs et brûlants, demandent aussi à être mouillées tant sur les feuilles qu'au pied des ceps : le raisin acquiert plus de grosseur.
On conçoit qu'on ne peut faire abus des arrosements ; la nature du sol et la sécheresse plus ou moins persistante de l'année sont des guides qu'on doit toujours consulter à cet égard.