INTRODUCTION
Les affaires concernant les coups ou blessures ont considérablement augmenté depuis la mise en vigueur de la loi du 9 avril 1898 sur les accidents du travail. Les opinions si contradictoires auxquelles ont donné lieu les expertises ont obligé les auteurs à approfondir l'étude de certaines affections ayant un rapport plus ou moins direct avec le traumatisme, telles que lès orchites, les urétrites, les varices et phlébites, le purpura, etc.
Mais dans tous ces cas il est difficile de savoir quelle part revient au traumatisme dans la genèse de l’affection, l’accidenté ayant une tendance à exagérer son état et à attacher au traumatisme une importance qu’il n’a pas, mettant aisément sur le compte de blessures légères toutes les infirmités dues à ses tares organiques.
Aussi il nous a paru intéressant de rechercher quelle relation pouvait exister entre le traumatisme et le purpura chez des sujets qui ne sont pas sous le coup d'une
affaire médico-légale. Car en effet dans tous les cas
SN AE à donnant lieu à des procès en revendication de dommages-intérêts, il se crée chez l’ouvrier un état mental qui déforme et obscurcit les diverses circonstances relatives à l’accident.
Un récent arrêt de, la cour d'Amiens commettait notre maître M. le D: Thibierge à l’effet d'examiner un ouvrier victime d’un accident du travail auquel il attribuait le développement d’un purpura des membres inférieurs. Dans l'espèce, il s’agissait d’un purpura survenu chez un sujet âgé et variqueux, du fait de troubles circulatoires sans aucune relation avec le traumatisme. Néanmoins l’avocat du blessé ayant cité des travaux faisant allusion au purpura traumatique, un des considérants de l’arrêt de la Cour avait amené notre maître à résumer, dans un rapport (1), l’état de la question du purpura traumatique.
Sur les conseils de M. le D: Thibierge nous avons complété cette étude et cherché à établir la relation qui
pouvait exister entre le traumatisme et le purpura.
Cette question étant peu connue il nous a semblé intéressant de rapporter ici les faits de purpura traumatique que nous avons pu relever dans les recherches bibliographiques, faits qui ne tombent pas sous le coup de la loi du 9 avril 1898.
Quelques auteurs avaient admis la possibilité du pur-
pura traumatique et B:rne (2) en particulier avait sou-
l. Bulletin médical, Traumatisme et purpura, 31 mai 1913. 2. Berne. Étude sur quelques cas de purpara traumatique. Thèse Paris, 1884.
PE
tenu cette idée dans sa thèse. Tous les faits invoqués par ce dernier, aussi bien que ceux que nous avons recueilli dans la littérature médicale sont loin d’entraîner la conviction.
Le traumatisme, comme le froid, le surmenage, la fatigue, etc. n’est en somme qu'une cause prédisposante ou occasionnelle, le purpura étanten réalité le fait d’une intoxication ou d'une infection méconnue.
Cependant il existe quelques cas où le traumatisme semble jouer un rôle si évident et survenant chez des sujets en bonne santé que l’on peut considérer comme possible, comme admissible le rôle du traumatisme dans le purpura.
Mais nous tenons à le répéter, ces faits sont l’exception et il est fort probable que dans l’avenir un examen approfondi de tous les viscères et du foie en particulier fasse disparaître cette variété de purpura.
En tout cas, commele dit excellemment notre maître, la question est singulièrement simplifiée en matière d’accidents du travail, puisqu'il suffit que Le traumatisme ait joué un rôle dans l’apparition du purpura pour que ce dernier en soit considéré comme la conséquence, du moins au point de vue de l'attribution de l'indemnité et cela sans que l’on ait à tenir compte de l’état antérieur.
Le rôle de l'expert se réduit alors à établir la succession entre l’accident et le purpura.
En dehors des accidents du travail, son rôle peut se : trouver beaucoup plus compliqué, le problème peut
être véritablement insoluble et à défaut d’une solution
précise, il sera souvent amené à n’émettre que des hypothèses.
Après un rapide historique des purpuras nous en étudierons l’étiologie puis la symptomatologie.
Le diagnostic médico-légal étant exposé nous essaierons d’apporter quelque clarté dans la pathogénie si complexe des purpuras et du purpura traumatique en particulier.
Nous terminerons par un résumé de toutes les observations ayant un rapport plus ou moins éloigné avec le traumatisme.
Mais avant d'entreprendre cette étude nous tenons à remercier sincèrement notre maître M. le D’ Thibierge qui nous a inspiré le sujet de notre thèse inaugurale.
M. le professeur Gaucher nous a fait le grand honneur de présider cette thèse qu'il veuille bien accepter
l’hommage de notre gratitude.