Thibierge, Trailé de médecine, art. Purpura, p
ass
qui affecte une modalité éruptive, de même que la pustule variolique n’est que la manifestation d’une maladie totius substantiæ, la variole. Dire d’un malade qu'il a du purpura, ce n’est énoncer qu’une particularité morbide, ce n’est que porter un diagnostic fragmenté, ne considérer le mal que partiellement et dans ses éléments les plus faciles et les moins importants » (Perrin. Les purpuras de l’enfance).
Ceci est admis aujourd’hui par tous et on n’a plus la prétention de considérer le purpura comme une maladie autonome ayant son microbe particulier. « Il n’y a pas un purpura, il y a autant de purpuras qu'il y a de causes capables de le produire » (Barbier).
Le purpura peut se limiter au tégument externe ; on lui donne alors le nom de purpura simple. Mais il peut se développer sur les muqueuses et alors, en raison de la fragilité de celles-ci,-il se produit des hémorragies (épistaxis, stomatorragie, hémoptysie, hématémèse, mélœæna, hématurie) : on l’appelle alors purpura hémorragique ; le purpura hémorragique peut d’ailleurs s’accompagner d'hémorragies des séreuses (méninges, plèvre, péricarde, péritoine, synoviales) et des viscères (cerveau, moelle, foie, rate, muscles, etc.).
Daus le second cas il est lié à une véritable diathèse hémorragique. Si celle-ci est permanente et dure toute la vie, elle constitue l’hémophilie, si elle est temporaire et accidentelle, elle constitue le purpura hémorragique.
Etudions maintenant l’étiologie des purpuras. Tantôt l'affection causale peut être bien déterminée, alors le
purpura est dit secondaire, et tantôt elle se. manifeste
Morel 2
EL AS A d'emblée par l’éruption qui semble primitive. Bien que ce ne soit là qu’une apparence, on dit que le purpura est primitif.
C’est dans ce cas surtout que le purpura possède une véritable individualité pathologique et qu'il se manifeste sous des types cliniques différents.
Les variétés de purpura qui font l’objet de notre étude surviennent chez des sujets apparemment en bonne santé ; elles font partie du groupe des purpuras primi- Uifs.
Les purpuras secondaires que nous allons passer rapidement en revue ont une physionomie peut-être plus précise actuellement, surtout en tant que symptômes ayant une valeur pronostique particulièrement grave parfois dans les maladies où ils se montrent.
On les observe au cours des maladies infectieuses, des intoxications, des affections du foie et des reins, de l'appareil circulatoire, du sang, dans les maladies nerveuses.
Toutes les maladies infectieuses peuvent s’accompagner de purpura. Il est un symptôme constant et souvent précoce des maladies infectieuses à forme hémorragique. Dans d’autres cas il apparaît au cours ou dans la convalescence de la maladie. On l’observe très souvent dans les infections streptococciques en général (érysipèle, infection puerpérale, septicemies), dans la tuberculose chronique (où il est parfois précoce) ; dans le paludisme il a été plusieurs fois signalé.
Les infections digestives sont une des causes les plus importantes du purpura ; un grand nombre d'auteurs
l'ont signalé à la suite des angines, qui ouvrent la porte à une infection générale.
Les infections g'astro-intestinales surtout doivent être incriminées ; le purpura représente en effet un des accidents les plus fréquents des gastro-entérites infantiles. Hutinel, Aïello, ont insisté sur ces faits. Les infections genilo-urinaires sont un peu moins souvent en cause ; cependant quelques observations démontrent la réalité du purpura causé par la blennorragie.
Les intoxications les plus diverses, peuvent provoquer le purpura. Il s’agit soit d’intoxications acidentelles, soit d'intoxications médicamenteuses. Parmi les intoxications accidentelles il faut citer, l'empoisonnement par l’arsenic, le phosphore, l’oxyde de carbône. Chez les alcooliques, le purpura est fréquent surtout lorsqu'il existe des lésions cirrhotiques du foie. j
Dans quelques cas il est survenu à gestion de viandes, avariées. Dans les pays chauds il
la suite de l’in-
n’est pas absolument exceptionnel à la suite de morsures de reptiles.
Parmi les intoxications médicamenteuses il faut citer a première ligne l’intoxication par les iodures (Fournier), par l’antipyrine, l’iodoforme, le chloroforme, la quinine, l’ergotine, la belladone, etc...
Les médicaments organiques, tels que le vaccin, les sérums thérapeutiques peuvent déterminer assez souvent une éruption purpurique. Dans la grossesse (Philippe, Buffon) le purpura est le résultat soit d’une infection, soit d’une auto-intoxication. | |
Toutes les maladies du foie et des reins sont une
Liof
cause très fréquente de purpura. Il s’observe au cours de l’ictère grave, des cirrhoses, et, fait très important, bien mis en lumière par M. Grenet, même dans les cas d'insuffisance hépatique bénigne.
Vernier a montré la constance presque absolue des lésions hépatiques chez les tuberculeux qui succombent avec du purpura.
Dans les cachexies (cancer, tuberculose, paludisme, etc., le purpura est très fréquent.
Parmi les maladies de l'appareil circulatoire il faut signaler surtout l’atériosclérose.
Les affections du sang et des organes hématopoiétiques sont la cause d’un très grand nombre de purpu- ras : hkémophilie (qui s’accompagne surtout d’ecchymoses provoquées, mais où les ecchymoses spontanées peuvent aussi s’observer) ; scorbut ; leucémies (et surtout leucémie aiguë). Le purpura est également très fréquent dans l’anémie pernicieux progressive.
On peut l’observer au cours de toutes les maladies nerveuses, centrales ou périphériques, organiques ou fonctionnelles. On l’a recontré dans les méningites aiguës ou tuberculeuses, dans l’hémiplégie, chez les tabétiques au moment des crises fulgurentes, dans la névrite alcoolique. Grenet (thèse Paris, 1905) a signalé les rapports du purpura et du zona.
On l’a noté à la suite d’une attaque d'épilepsie, d’une quinte de coqueluche.
Dans ces deux cas le facteur névropathique s'associe
aux troubles de causes mécaniques.
Purpuras primitifs. — Le purpura dit primitif peut
Eopes
s'observer à tout âge, mais il est fréquent surtout chez les enfants, les jeunes gens et les femmes. Gintrac cite 50 cas de 1 à 10 ans, 46 de 10 à 20 ans. La fréquence diminue passé cet âge. On l’observe quelquefois à la ménopause. Lœbel (1) qui en eite un cas fait ressortir à ce propros les relations qui existent entre les troubles circulatoires de la peau et les fonctions de l’appareil génital. Le purpura sénile déjà admis par Bateman, a été signalé par Unna (2). Il est l'apanage des personnes âgées chez lesquelles existent des troubles généraux dus à une dégénérescence de tous les tissus et probablement à l’artériosclérose. C’est d’après Duplaïx (3) le type du purpura simple, mais il apparaît sous la plus minime influence. | ,
Parmi les causes déterminantes, on cite l'influence du froid qui peut chez certaines personnes prédisposées, faire éclore le purpura surtout s’il s’agit d’alcooliques. Comme action nette de ce facteur, Roque (4) a signalé chez une petite fille de 8 ans, 5 poussées successives de purpura paraissant et disparaissant en quelques jours dès qu’elle se mouillait ou qu’elle s’exposait au froid.
L'action de surmenage est indéniable, qu'il s’agisse de surmenage physique, marches forcées, longues courses à cheval, danse prolongée (trois jours de danse, Fournier) station debout. Lasègue signale des cas fréquents chez les sergents de ville et Mathieu dans sa