‹ Traumatisme et PurpuraChapitre 8 sur 26 · Duplaix. Gaz. hopit., Revue géné · texte numérisé non relu

Duplaix. Gaz. hopit., Revue géné

4, Roque. Soc, nal, de méd. de Lyon, 1893.

ep QU thèse en fait ressortir toute l'importance. Les taches purpuriques ont pour lieu d’élection les membres inférieurs à cause du trouble apporté à la circulation dans

ces parties déclives.

La fatigue, l’épuisement nerveux augmentent consi-

dérablement, comme l’a démontré Ranvier, les effets de la stase sanguine. Déjà Bucquoy (thèse Paris, 1855) se démandait si l’on ne pouvait pas expliquer ces faits par une auto-intoxication. En 1890, MM. Charrin et Roger (Archi. expér., 1890) ont démontré par des expériences sur des animaux que « la fatigue diminue la résistance aux maladies microbiennes et amène des manifestations morbides plus ou moins graves sans qu’on puisse dire s’il s’agit d’une auto-intoxication par des produits de désassimilation ou d’une infection par le mauvais état de l’organisme ».

Les récidives à plus ou moins longue échéance sont constatées dans beaucoup d’observations. Dans un cas de Heller (Berlin. Klin. Woch., 1893) une femme a eu du

purpura et des hémorragies viscérales multiples sur-

venant par poussées pendant huit ou neuf mois, surtout

au moment des règles. À l’autopsie on trouva une néphrite interstitielle des plus intenses:

En dehors de l'influence de la marche et de la fatigue signalée depuis longtemps, où peut dire qu’il existe véritablement un purpura orthostatique, la position verticale ayant paru la seule cause provocatrice des taches. Dans ce cas on est en droit d'admettre outre une fragilité particulière du système vasculaire, l’existence

de troubles vaso-moteurs provoqués par un changement

pa Es

léger de l'équilibre circulatoire. M. Hartmann (Annales de dermatologie, 1888) a signalé ces purpuras se déclarant quelquefois sur les membres inférieurs lorsque ceux-ci ont été immobilisés pendant un temps assez long ou se produisant à la suite de l’application d’un appareil contentif. On connaît également ces éruptions apparaissant à l'occasion d’un trouble nerveux quelconque, à la suite d’une émotion vive, d'une frayeur, d’un accès de colère. Lancereaux raconte le cas de ce jeune sculpteur qui, après une extrème frayeur est pris de saignements de nez, de la bouche, des gencives, tombe en une anémie profonde, est recouvert, un mois après, de taches purpuriques et finit par succomber à ces hémorragies répétées. Lebreton (Bul. et mém. de la société médicale des hôpitaux, 1894) a signalé un cas de purpuras infectieux qui débuta tout à coup chez un individu surpris par un incendie : le malade guérit. Il est juste d’ajouter que la présence du staphylocoque blanc et du staphylocoque doré fut constatée. L’émo-

tion n’a donc été que la cause déterminante de l'inva-

sion de l’organisme par le siaphylocope.

Rapports du purpura avec le traumatisme

Nous venons de voir combien sont multiples les causes du purpura et par suite de quelles difficultés s’entourent le diagnostic de purpura traumatique. Etadions done maintenant le rôle du traumatique dans cette af-

fection. :

SL

Les auteurs classiques ne consacrent que quelques lignes au purpura traumatique. On admet une tendance aux hémorragies spontanées, cutanées et muqueuses consécutives à un traumatisme qui semble produire un ébranlement du système nerveux. :

Les faits ayant des rapports mème éloignés avec cette question sont peu nombreux dans la littérature médi- . cale. Nous trouvons une première observation de Sorel (1) publiée sous le titre de purpura hémorragique consécutif à un trauma de l’urètre.

Dans la thèse de M. A. Mathieu (#hèse Paris, 1833) nous trouvons cité un cas observé par Blum chez un vieillard atteint d’hypertrophie de la prostate et survenu à la suite d’un cathétérisme. Ces divers cas peuvent donner lieu à des interprétations nombreuses bien que le traumatisme semble ètre le point de départ du phénomène morbide.

Berne consacre sa thèse à l’étude du purpura traumatique et il en admet l'existence sans toutefois l’expliquer clairement.

Alb. Mathieu danssonarticlesurle Purpuradu Dictionnaire encyclopédique des sciences médicales dit : « Dans quelques cas, une commotlion physique ou morale, une chute, une peur très vive, une violente colère, ont été la cause occasionnelle tout au moins des accidents. » Puis plus loin «on a admis un puputa traumatique hémorragique, c’est-à-dire une tendance au purpura et au hRémorragies simultanés consécutifs et une violence extérieure » (P. Berne). [lest facile de voir qu'il s’agit

dans ces conditions d’un choc, d’un ébranlement géné-

ral du sytème nerveux ou de l’émotion consécutive au traumatisme.Le purpurahémorragiquetraumatique n’est donc en réalité qu’un purpura névropathique.

On doit admettre du reste ici une prédisposition particulière, passagère ou permanente ; il y a tant de gens soumis à des traumatismes, à des chocs intenses, qui n'ont pas de purpura! (p.888).Enfin les auteurs suivants, Brocq (1), Dubreuilh (2), Gaucher (3) mentionnent sommairement l’origine traumatique de certains purpuras et placent le traumatisme à peu près sur le même rang que les émotions.

On a mieux étudié le rôle de traumatisme dans les

autres affections hémorragiques. Comme l’a montré Ver- neuil, si l’apparition du scorbut chez un blessé peut être considérée comme un cas d’intercurrence pure (Verneuil, Gaz. hebd., 1871) sans prédisposition aucune créée par la blessure, il n’en est pas moins vrai d’après le même auteur que le traumatisme exerce une certaine influence sur l'apparition des accidents scorbutiques en déterminant leur localisation en certains points (Ferra. Du scorbut dans ses rapports avec le traumatisme, Th. Paris, 1881).

Cette influence du trauma est encore bien plus importante dans la genèse des accidents de l’hémophilie.

Nous nous contenterons de citer un cas très démons-

1. Brocq. Traité pratique de dermatologie élémentaire, Paris, 1909, t. I.

2. Dubreuilh. Précis de dermatologie, 2° édition, Paris 1909.

3. Gaucher. in Nouveau traité de médecine et de thérapeutique, t. XIV, Paris, 1909, p. 73.

AA

tratif. Percy Kidd (Méd. chirur. transact., t. LXI, 1878) ‘rapporte l’histoire d’un enfant qui n'avait présenté aucun symptôme hémophilique et qui à l’âge de deux ans se cogne la tête contre un mur ; à la suite de cette contusion il eut une bosse sanguine, puis des épistaxis, des stomatorragies et deux ans après il mourrait épuisé à la suite d'hémorragies répétées, qui depuis ce premier accident survenaient presque constamment. Wickham Legg (a treatise ou Hæmophilia, 1872) note sans y attacher une très &rande importance un fait que nous relevons ici : l’hémophilie, dit-il, à moins qu’elle n’apparaisse à la suite de la circoncision qui constitue en somme un trauma, ne se montre jamais dans le tout jeune âge, elle n'apparaît que vers la deuxième année lorsque l’enfant commence à marchér, est exposé à tomber, à su- bir de légers traumatismes en un mot. En résumé nous voyons que si nous laissons de côté le scorbut, dont l'étiologie est bien connue et où le traumatisme n'agit guère qu’en appelant en certains points les manifestations morbides,, le traumatisme joue un rôle comme cause déterminante dans l'apparition de l’hémophilie. Mais il y a longtemps que l’on sait que le moindre choc, la moindre contnsion de la peau, chez les hémophiles se traduisent par des pétéchies, des ecchymoses ou des collections sanguines plus ou moins abondantes, et ceci n'éclaire pas d’une façon suffisante le rôle du traumatisme dans le purpura où tant de causes interviennent. La tendance actuelle esten effet de considérer les purpuras dits primitifs comme le fait d’une intoxication ou d'une infection, et un examen attentif permet presque

toujours de constater un trouble dans les fonctions du foie ou des reins, aussi bien dans les formes hémorragiques (Apert) que dans les formes exanthématiques (Grenet).

« Le cadre des purpuras qui relèvent de l'infection en quelque sorte banale va s'élargissant de plus en plus; il comprend la presque totalité des purpuras dits primitifs ;ilest probable qu'il faut y faire rentrer certains purpuras névropathiques, dyscrasiques et cachectiiques » (Achard, Méd. mod. 1894).

Enfin M. Grenet dans sa thèse ajoute que « mème dans les cas où l'influence nerveuse est téllement manifeste qu’on serait tenté de l’invoquer seule, on peut démontrer souvent l'existence d’une infection ou retrouver une tare hépatique. Dans une observation de Lebre” ton, le purpura semble nettement d'origine émotive et l'examen bactériologique révèle la présence du staphylocoque blanc dans le sang. À vrai dire dans ce cas les troubles hépatiques n’ont été ni recherchés, ni mis nettement en évidence ».

Enfin les accidents hémorragiques se rencontreraient

surtout chez les individus prédisposés, la question de

terrain semblerait donc jouer un rôle. En présence de

la multiplicité des causes qui interviennent dans le purpura, nous admettons avec notre maître M. le D’ Thibierge qu’il n’est peut-être pas uh cas de purpura qu'on puisse exclusivement attribuer au traumatisme auquel un éxamen attentif de sujet en permette d’attribuer quelque condition prédisposa nte, souvent plus impor-

tante, plus efficiente que le traumatisme. Cependant en

se basant sur les faits connus, nous considérerons comme possible, comme admissible, le rôle de traumatisme dans un certain nombre de cas de purpura. fl existe en effet quelques observations où on ne peut nier

ue le traumatisme ait joué un rôle dans l'apparition P

des phénomènes purpuriques.

Page 1