‹ Traumatismes, infections et diathèsesChapitre 2 sur 38 · DIVISION DE L^OUVRAGE · texte numérisé non relu

DIVISION DE L^OUVRAGE

La bactériologie a entièrement modifié les idées d'il y a trente ans. Elle domine à ce point l'étude de la médecine et de la chirurgie modernes qu'elle doit servir de base rationnelle à la classification des maladies. Aujourd'hui un traité de chirurgie ne saurait commencer par ces cinq chapitres réédités périodiquement dans tous les ouvrages et qui ont si longtemps paru devoir être les prolégomènes de tout livre didactique, à savoir l'inflammation, les abcès chauds, les ulcères, les fistules, la gangrène.

L'inflammation ; mais tout parasite quel qu'il soit détermine par sa présence seule dans les tissus une réaction des éléments anatomiques de voisinage qui, à des degrés divers, donne naissance aux phénomènes symptomatiques de l'inflammation. Rien n'est plus variable, depuis la diapédèse de quelques globules blancs, depuis la silencieuse phagocytose qui détruira quelques microbes sans qu'il y ait de retentissement sur l'organisme, jusqu'à l'ensemble clinique d'un grave phlegmon diffus. Et tout cela est inflammation.

Les abcès chauds; ils sont bien l'aboutissant habituel du travail pathologique des microorganismes pyogènes, mais combien ils sont différents de nature, voire même au point de vue clinique. Pourquoi faire un chapitre primordial d'une lésion que

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peut engendrer le bacille de la tuberculose alors que de son côté un staphylocoque donnera naissance à un abcès à évolution froide?

Les ulcères; les uns tiennent à une infection générale ou locale, c'est la tuberculose, la syphilis, le chancre mou ; d'autres dépendent de l'état de nutrition des tissus, de la déchéance du système nerveux ; c'est l'ulcère variqueux, cachectique ou autre. Pourquoi les réunir quand au point de vue clinique ils sont si différents?

Les fistules ; comment a-t-on pu songer à grouper ensemble la fistule venant d'un os atteint d'ostéomyélite, la fistule uri- ' nçiire, la fistule anale et la fistule congénitale du cou, pour n'en prendre que quelques exemples? Est-ce parce qu'elles ont de commun un orifice et un trajet où s'engage plus ou moins bien le stylet?

La gangrène ; est-il possible de mettre côte à côte la gangrène due à la contusion violente, à la brûlure, celle que détermine le vibrion septique, celle à laquelle le diabète ou une affection des artères donnent naissance ?

Ces chapitres, le lecteur ne les verra pas en tête de ce volume; l'inflammation, les abcès chauds trouveront incidemment leur place au cours de l'étude des microbes pyogènes; les fistules ne peuvent être séparées des maladies des os, des voies urinaires, de la région anale, etc. ; la gangrène sera un peu éparpillée aux traumatismes, aux infections, aux diathèses il est vrai, mais cette dislocation nous paraît devenue nécessaire.

Nous répudions donc les anciennes divisions consacrées par -l'usage. Au lieu d'encombrer le début de chaque chapitre d'un historique toujours forcément incomplet et de l'exposé de théories surannées, nous commencerons lem* étude à la période moderne avec l'exposé des découvertes microbiologiques qui expliquent et justifient ce chapitre même.

En conséquence le plan de ce volume comprend trois parties d'inégale importance . Dans la première, la lésion chirurgicale type, le traumatisme est envisagé seul, exempt de toute complication, marchant sans obstacles vers la réparation et ne comportant que les accidents qui relèvent de la violence, de

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la nature, des modalités variables à l'infini de la blessure.

La seconde, de beaucoup la plus étendue, celle que la science bactériologique a pour ainsi dire créée de toutes pièces dans ces dernières années, est consacrée à. l'infection. C'est la complication septique du traumatisme étudié antérieurement. Elle comprend tous les microorganismes qui intéressent le chirurgien, à l'exclusion des microbes pathogènes d'ordre purement médical.

Enfin la troisième est l'étude du terrain sur lequel évolue la lésion chirurgicale soit simple, soit septique. Gomment le blessé va-t-il supporter le traumatisme et l'infection, comment va-t-il en modifier l'allure clinique et aussi l'importance pronostique, étant donnés ses états pathologiques antérieurs, ses diathèses, les intoxications dont il peut être atteint ? c'est ce que nous devons brièvement exposer dans cette dernière partie.

Le sol est labouré ; la graine est semée ; comment le terrain va-t-il la faire éclore ? tels sont les trois actes successifs que comporte le programme de ce volume de pathologie générale.

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