‹ Travail et surmenage [microform]Chapitre 2 sur 5 · PARIS · texte numérisé non relu

PARIS

AUX TEMPS NOUVEAUX" 4, Rue Broca, 4

Travail antique et Travail moderne

L’observation médicale montre que le surmenage est un facteur morbide des plus importants (probablement le principal) dans notre civilisation moderne. Cependant les traités d’hygiène ne s’occupent guère du travail, même les livres d’hygiène populaire soi-disant destinés aux ouvriers. Et dans les ouvrages de médecine, si l’on met en garde contre la fatigue en général, on se contente de donner comme exemple les veillées, les bals, les excès vénériens et la préparation aux concours.

Il faut d’ailleurs remarquer que l’observation médicale se heurte à la morale officielle. Cette morale fait du travail l’idéal de la vie ; elle enseigne que plus on travaille, plus on est vertueux ; pour l’éducation de la jeunesse elle invente des contes moraux ; tantôt c’est une veuve qui, grâce à son labeur assidu et à ses veilles, parvient à élever ses enfants et à réaliser des économies ; tantôt c’est l’aîné d’une famille d’orphelins qui, malgré son jeune âge, trouve le moyen de pourvoir à la subsistance des siens en travaillant toute la journée et en passant encore une bonne partie de ses nuits, soit à augmenter son salaire par une nouvelle occupation, soit (si le moraliste est plus ambitieux) à parfaire son instruction. Il est inutile de faire ressortir que ces vertus sont toujours récompensées.

La réalité nous apprend que les salaires des femmes et des enfants sont dérisoires ; et les médecins constatent que la récompense d’un travail forcené se traduit ordinairement par l’apparition d’une tuberculose rapide.

On sait pourtant qu'il faut laisser reposer les bêtes, qu’il faut se garder, par exemple, de surmener un cheval ou même de le faire travailler continuellement sous peine de le rendre fourbu. Aussi est-on

(1) La plus grande partie de cette étude a paru dans les Cahiers de l LniversUi 'populaire (.Juillet-Août 1906).

roraiS«n?.?nt““rq«‘s^^^ h^âs S Méi;ni™;lt

3rӏ" l" rr'alrinSSufef Se

relativement récente. t,..,v‘iil moins précipité, par

Autrefois, ayant le moins' d’une façon continue),

conséquent moins pémb , oerte de forces, une moindre usure.

entraînait à la longue une momdre perte ^

Il est vrai que dans 1 rap^id? ' non pas^ l’usure lente de

entraîner la mort, 4 'passait lorsque des bandes

l’ouvrier contemporain. ce un labeur intensif

d’esclaves étaient contraintes soi s le i taiie^

(terrassements, transpoits, con&ti 1 1 ^jg

Compagnies eiu'opéennes (Afnqiie U ^ comme le travail au

D’une façon générale, le (iusqu’à l’apparition et

moyen âge et dans les ^ xme sage lenteur, et il avait

rln nmr'UlTlisnie). se taisait av n • a n'oimf.

;ar ir besogne spécialisée de

r;?Ka:iXpare.lïï;e ïïrpos par ia ^ ,

“‘"o": Ïa^S^r^pide^ ion^^ dans

vince, d’ailleurs de plus en moins libres, qu&quefois même

fréquentes, les conyei^ations ^ longueur parait

Autrefois enfin la vie de '’"f*'*“"JJ“\y‘5éTOMOT^ les'dlinànches nombreuses journées de leP®^ . . ^es grandes fêtes. Et il y

étaient religiensement famille, les fêtes corpora-

ü^eMlT'^'tiinJ nm^^ na^v^em^que

'",1, voici des ren^iPnéb''-':;? rtfcitat ^'^S'f'obS'S i|x

Observa/, les vigiles. Les veilles des

la Révolution était nécessaire pour permettre la liberté du travail et débarrasser l'effort humain des chômages trop fréquents imposés par la coutume. Actuellement, en Russie, les patrons d'usine, pour refuser à leurs ouvriers la journée de 8 heures, prétextent le grand nombre de jours fériés que la population observe scrupuleusement.

dimanches et des grandes fêtes, il fermait à vêpres, à none ou à complies, les foulons étaient même libres dès huit heures du matin... »

... De gré ou de force, l’ouvrier se reposait donc la veille des gi'andos fêtes, et Dieu sait si elles étaient nombreuses. Les boulangers nous eu onl fourni la curieuse énumération que voici :

Fêtes mobiles.

Le lundi de Pâques.

Le jour de TAscension.

Le lundi de la Pentecôte.

La Fête-Dieu.

Fêtes fixes.

Janvier : Sainte Geneviève ; Epiphanie.

Février : Purification de la Vierge (Chandeleur).

Mars : Annonciation.

Mal : Saint .Jacques (le Mineur) et Saint Philippe ; Invention de la Sainte Croix.

Juin : Nativité üe Saint Jean-Baptiste.

Juillet : Sainte Madeleine ; Saint Jean (Majeur) et Saint Christophe.

Août : Saint Pierre ès liens ; Saint Laurent ; Assomption ; Saint Barthélemy.

Septembre : TS'ativité de la Vierge ; Exaltation de la Sainte-Croix.

Octobre : Saint Denis.

Novembre : Toussaint ; Trépassés ; Saint Martin.

Décembre : Saint Nicolas ; Noël ; 2 jours après Noël.^

Mais ce n’est pas tout. Il faut ajouter à cette liste la fête des patrons ; la corporation, la paroisse, le maître, sa femme, l’ouvrier et sa femme avaient chacun le sien. Puis les enterrements de maîtres ou de compagnons, auxquels assistait toute la communauté ; les mariages, baptêmes, communions, etc., soit dans la famille da maître, soit dans celle de l’ouvrier ; les légères indispositions de celui-ci ; les entrées solennelles des rois ou des reines à Paris : toutes circonstances imprévues qui représentaient bien en moyenne au moins une quinzaine de jours. Enfin, si l’on estime à une derni-joui'uée le chômage prescrit pour la veille des dimanches et fêtes, on arrive à cette conclusion que plus d’un tiers de ramiée était perdu pour le travail.

Page 1