‹ Travail et surmenage [microform]Chapitre 3 sur 5 · I.a preuve est facile à faire · texte numérisé non relu

I.a preuve est facile à faire

Dimanches 52

Veilles des Dimanches 26

^ Fêtes mobiles ^

Veilles de ces fêtes 2

^ Fêtes fixes 22

Veilles de ces fêtes 11

Fêtes patronales 0

Veilles de ces fêtes 3

Diver.s 15

Total

141 jours

Le travail agricole n’a pas changé beaucoup depuis les anciens temps. S’il impose i>endant l’été des journées extrêmement longues, s'il exige parfois des efforts musculaires très grands, il n’est pas précipité comme le travail industriel, il n’entraîne pas non plus une dépense énorme et continue de l’attention. Les plus longues journées sont entrecoupées par des poses et se passent en occupations variées ; elles sont ordinairement suivies par des périodes de repos. Et puis les besognes les plus pénibles ne sont faites que par les individus robustes, pour la simple raison que les malingres sont incapables de les exécuter. L’effort reste donc plus ou moins proportionné à la force des ouvriers. Enfin il V a le grand air, et le travail ne se fait pas en agglomération pressée.

Je ne veux pas dire que travaux agricoles ou travaux d’artisans eussent autrefois un caractère idyllique. Une sujétion continuelle était trop souvent la conséquence du mode familial de travail (1), le patron s’occupant avec ses compagnons. Mais si l’on connaissait les fatigues interinittente.s, on ignorait le- surmenage chronique. L’ancien mode de travail ne donnait pas un cachet spécial à l’hygiène. Au pis aller, la dépense des forces s’ajoutait à la misère et aux privations, dont l’influence morbide l’emportait de beaucoup en importance chez les pauvres paysans et les pauvres artisans.

Les hommes n’ont jamais consenti à travailler pour autrui, je veux dire pour un maître, que par nécessité. Ils préfèrent ordinairement une vie frugale à la joie d’être enfermés dans une usine ou aux avantages de la domesticité. Ils proportionnent leurs efforts à leurs besoins. A Madagascar, au Congo, dans toutes les colonies, les Européens civilisateurs, Français y compris, ont imposé de force des corvées ou des impôts en nature à des populations insouciantes que l’on traite de pai'esseuses parce qu’elles n’ont pas de grands besoins. Il est vrai qu’on cherche à développer ces besoins, et, par exemple, les traitants ont donné aux indigènes le goût et la passion de l’alcool. A la Nouvelle- Calédonie, les Canaques ne prennent un « engagement » qu’afin d’avoir l’argent nécessaire à payer leurs impôts et s’acheter de l’eau-de-vie.

Dans les communautés qui, comme les tréliliers d’archal, donuaieiit un mois de congé aux ouvriers, l’année était ainsi partagée ;

Jours de repos 171

Jours de travail 194

soif à peu de chose près, un jour de repos sur deux. Il n’est vraiment pas inutile de i-appeler que les ouvriers étaient alors presque tous payés au mois Ces coutumes ont persisté pendant des siècles et jusqu’à la Révolution, billes étaient généralisées à toutes les corporations et à tous les diac-èses. Dans le diocèse de Paris, il y avait, outre les dimanches et les fêtes mobiles une cinquantaine de jours fériés officiels. Colbert en fît supprimer une vingtaine. ,

(1) Encore à notre époque, les travaux agi'icoles sont trop longs et mal pavés; ils assujettissent les ouvriers à leurs maîtres. Mais ces revendications, sauf la longueur de la journée, n’appartiennent pas a notre sujet.

l'.nfin, dans certains endroits on est }>arvenu à créer des travailleurs volontaires par la dépossession pure et simple des habitants.

L’insouciance, c’est-à-dire la répugnance au travail forcé, se rencontre même en Europe, par exemple dans les pays méridionaux, là où les besoins sont peu développés, où l’habitation, le chauffage, le vêtement, la nourriture copieuse ne sont pas des nécessités pressante.s. Aussi n’y est-il pas toujours très facile de s’y procurer de la maind’œuvre. Des gens s’eng£^ent pour l’hiver qui retournent l’été chez eux, préférant une croûte de pain avec un peu d’ail ou une tomate, à l’obligation de travailler pour d’autres. C’est la misère seule qui peut forcer Italiens, Espagnols, comme ailleurs font Chinois et Indous, à aller chercher du travail pour vivre.

En Russie, nous assistons à la })rolétarisation des paysans. L’insuffisance des terres, le poids des impôts chassent de plus en plus les habitants de la campagne vers les usines que le développement industriel a créées nombreuses dans ces dernières années.

Cette prolétarisation s’est faite depuis plus longtemps dans les pays occidentaux ; elle a d’ailleurs été aidée par de nombreuses lois de coercition contre le vagabondage, contre les coalitions ouvrières, etc. L’homme, même misérable, ne va pas de gaîté de cœur s'enfermer dans les ateliers et les usines. L’abolition des corporations surtout a contribué à faciliter l’extension du travail industriel. Avec leurs fêtes chômées, avec leurs règlements qui maintenaient dans certaines limites et la journée de travail et l’effort humain, ces corporations gênaient le développement manufacturier (1).

Une fois ces entraves disparues, le machinisme n’a plus trouvé aucun obstacle. Ce fut alors une débauche dans l’exploitation du travail humain. Grâce à la libre concurrence, les artisans disparurent peu à ])eu ; l’armée des sans-travail devint de plus en plus nombreti.sc. Et il faut arriver jusqu’en 1831, ju.squ’aux enquêtes de Villermé sur le travail des enfants, pour trouver en France une première réaction officielle contre les abus de l’exi*loitation des forces humaines.

— La fatigue musculaire.

Il y a à considérer dans le travail l'effort musculaire et la répétition de l’effort.

Un effort violent retentit fortement sur la circulation. Cet effort

(1) Les corporations imposaient une certaine limite à la journée de travail : il y a des exemples où cette journée ne dépassait pas 8 heui’es. L’emploi des apprentis et leur travail étaient soumis à des mesures de protection. .(Voir Kropotkine : L'Entr'aide, p. 212.) — Cela ne veut pas dire que le régime des corporations soit à regretter ; elles avaient d’autres défauts. Je me place ici au point de vue du surmenage.

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nécessite rimniobilisation du thorax ; il y a stase verneiise, puis dilatation consécutive du cœur avec congestion de la face et du cerveau.

Cet effort violent }>eut entraîner des accidents mortels du côté du cœur (rupture du cœur ou syncope mortelle) chez des individus porteurs de lésions de cet organe. D’autre part la congestion de la tête, qui se traduit par la rougeur et assez souvent par l’étourdissement, peut aller jusqu’à l’attaque d’apoplexie par rupture deg artères cérébrales chez les gens âgés ou tarés. L’effort violent peut encore être la cause d'une hernie. Il peut enfin provoquer l’emphysème pulmonaire, que l’on constate en effet chez les forts de la halle, les débardeurs, mais surtout chez les ouviiers qui font des efforts respiratoires (souffleurs de verre) ou ceux (pii travaillent dans les poussières (boulangers, mineurs).

Mais déjà dans la production de l’emphysème pulmonaire intervient la répétition de l’effort.

La répétition de l'effort entraîne la fatigue, c’est-à-dire un sentiment de lassitude avec répugnance de jilus en jilus maripiée à un nouvel effort. La fatigue survient d’autant plus vite (pie le travail est ])lus violent ou plus rapide.

Lorsqu’elle est exagérée, la fatigue va jusqu’à retentir sur le cœui‘. La dilatation pa.ssagère du cœur (pii accompagne tout effort violent jieut en effet aller, avec la répétition de l’effort, ju.s(iu’au cœur forcé, autrement dit jusipi’à l’insuffisance aiguë du coeur (asystolie). On a alors l’angois.se, l’étouffement, l’irrégularité et la petitesse du jtouls, la tendance à la syncope ; cela peut aboutir à la mort. En tout cas il y a des chances que le cœur forcé soit à jamais fourbu, c’e.st-à-dire incâliable de supporter la moindre fatigue.

Le plus souvent, la dilatation du cœur ne dépassant pas une certaine limite est passagère. Pour réagir contre le travail impo.sé, le cœur s’hypertrophie à la longue ; il en résulte jiour l’avenir une moindre résistance de cet organe. Cette hypertrophie du cœur se constate chez les amateurs de sport et aus.si chez les boulangers, les forgerons, les ])ortefaix, les débardeurs, les bûcherons, les terrassiers, etc.

Mais, en même temps que la fatigue du cœur, la répétition de l’effort entraîne un épuisement musculaire qui se manifeste par la courbature et l’inaptitude pour les muscles à faire de nouveaux efforts (fatigue proprement dite).

Cette fatigue musculaire est la conséquence d’une accumulation dans les muscles de déchets produits par une combustion exagérée des

tissus.

La conti'action musculaire peut être en effet envisagée comme une combustion. Cette combustion qui se fait dans le muscle en action correspond à l’énergie produite : d’une part énergie mécanique (force ou mouvement), d’autre part énergie calorique (chaleur animale).

En même teihps le muscle s’use. Cette usure qui normalement se répare au fur et a mesure peut aller ju.squ’à la destruction du muscle. C'est ce gui se passe dans la fatigue : dans le travail exagéré, le muscle

brûle sa propre substance et se détériore (1). Les albuminoïdes, c est-à dire la partie constituante du muscle, étant brûlées, usées en exces, ne subissent même jdus l’oxydation complète et la transformation en uree ; elles forment des déchets qui sont de véritables poisons pour l’organisme

autre que ae l eueiuie cmuiciitaiio , u.

cipes nutritifs et apporté ensuite par le sang. Le travail devient excessif (luand ces réserves commençant à s’épuiser, il s’ai laque a la substance même des muscles. C’est alors que se produit la fatigue musculaire, q^ faut pas confondre avec la lassitude d’origine nerveuse, laquelle n entra iie pas l’augmentation des déchets albumineux. Bailleurs nous verrons plus loin les iriconvéïiieuts de cette fatigue nerveuse.

Il V a, encore une autre forme de lassitude, c’est celle qui se inontie cliez les iii^dividus soumis à une température extérieure très Il est ;le

connaissance vulgaire que nous éprouvons une sensatmn il acc^^^^^^^ même sans avoir rien fait, pendant les journées chaudes, surtout si latmos Se esflmm^^^ facilement: de la somme

d’énergie produite par les combustions qui s opèrent dans les muscles à Poccasion du travail, c’est la plus petite partie (un quinzième) qui est convertie en mouvements ; la plus grande partie (quatorze quinzièmes) est SonïSie ?’eïï à-dire perdue, en chaleur. Cette surprodu<:Uon de chaleur mnmale est utilisée avantageusement en saison Ironie, i>oulfroid extérieur, et c’est ce que font inconsciemment les gens qui se remuent en hiver pour se réchauffer. Mais en été, ou sous les tropiques, ou dans certaines professions (verriers, chauffeurs, fondeurs, etc.), cet exces de

chaleur animale est luie gène t elle ^

(le la niôme façon, l’activité plus grande des septentrionaux.

Maintenant quel est le mécanisme qui fait que l’excès de chaleur anima f produise la lassitude ? C’est ce dont les physiologistes ne semblent pas s être beaucoup préoccupés. Les médecins se sont bornes a en observer 1 accident Su (i^ mais ils ont été incapables

explication satisfaisante. Tout ce qp on peut

in rûcnirqtirm s’?irrélère arrivant meme jusqu a 1 ebsouinement (U>spnee), les vaSaïx si dUaS’ ü y a de la rougeur de la peau et une transpiration aboStl ces plS retentissent avec force sur le cœur. 11 peut

même apparaître, comme dans la « fièvre des fondeurs », des symptôme^ rappelant ceux de la fièvre de courbature.

On comprend que dans les métiers exposés à de hautes températures (Verriers Chauffeurs, Fondeurs, etc.), on fasse une consommation exagerée ivf/Vol? Sans nSr de la soif vive, on est conduit à recourir a l’alcool par le besoin d’eS la circulation sanguine, et aussi pour rem-

plaS réne5gie alimentaire, puisciue l’appétit et le pouvoir digestif .sont notablenient diminués. . , ,

Je ne cite enfin que pour mémoire raccableinent ])rodnit par la bas.se pression atmosphérique (temps lourds), qui paraît être de inêino ordre que la fatigue des ascensions de montagne.

in^oMi^^’ ■ ty™sine, xanthine, etc.) (1) Ces substanre^

injectées a un animal le tuent rapidement. substances

Dans la fatigue extrême, ces déchets encombrent les muscles le SM.g et tout rorganisme ; il y a alors un véritawé e!np„SSe,lî

C’est ce qui se produit chez des animaux forcés à la course et morts

:lsrrn|!?rse"'à ‘j’.atleT""- O' a„i.„l‘,î“;,ï

tyÆe ':frtp ,ïl"«,“‘rîXïL‘:rnf''r

insomnie, de 1 embarras gastrique et de l’inappétence. On^constate en meme teinps, que es urines sont extrêmement toxiques ; quelquefofs cu^

1 volumineux ou bien une albuminurie légère. OrdinairecZpM ai Tii disparaissent après quelques^urs de repos

s'observent assez .souvent chez les trimardeurs et en

f marche forcée et prolongée. On

les ^ oit aussi parfois chez des individus qui .se soumettent à un trivail acharne pour se tirer d’affaire, eux et leur famille, comme la nloiale le leui a piomis — surtout s ils entreprennent un travail auquel ils ne sont pas accoutumes (manque d’entraînement et fatigue plus grande)

U si par exemple arrivant de la campagne ils ne sont pas adapfés à la vie intensive des grandes villes (acclimatement). Enfin Z Znsta ? parfors les -memes accidents chez les jeunes gens après Ze îaügue (fievre de croissance (?) ou plutôt courbature fébrile). ^ ^

En dehors de ces cas d’empoisonnement aigu, il v a les esemnles beaucouj) plus nombreux, auxquels aboutit la répétition d’une fatigué moins forte. Cette répétition forme ce que j’appélle le surmenage peut aussi aboutir à Tempoisonnement aigu. Cela se voit

industries à l’époque où pressé par les commandes le ouvriers, moyennant un supplément de salaire là jZ-née prolonge, bien au delà des limites habituelles de

que^àZnàïtu ô. ce « coup de collier » on observe d’abord

u'ôoo- ^ + - * ‘^^isporait. «Le manger ne passe pas», par incapacité d assimilation, conséquence de l’intoxication (empoisonnement) générale et probablement de l’insuffisance du foie en particulier.^ Les

crsill complète des déchets de combustion des muscles est

''“«si P'u' Pexcès de l’acide càSique fi^iû déchets vont encombrer les muscles, le sanff et les ore'Tnp*; t p

r/^rïûT.^™\^ plus à faire son travail d'assimilation et ^e désassimilation CL Bernard avait déjà constaté que dans la fatigue la fonction glvcoaéniaue du foie diminue et disparaît, ce qui vient encore ajouter à réimisement des muscles. On retrouve les déchets^de combustion incomp^^^^^

(jm deviennent ainsi éminemment toxiques. L’empoisonnement Général du

ouvriers ne peuvent soutenir leurs forces qu’en empruntant l’énergie nécessaire aux boissons alcoolisées (vin), puisque la restauration alimentaire est imi)ossible. Naturellement, ces coups de collier ne peuvent pas se prolonger très longtemps ; mais ils entraînent un affaiblissement et une usure qui ne se réparent que longtemps après (sans compter qu’ils favorisent l’alcoolisme). — Ces exemples montrent déjà que dams la réparation des forces, le repos a souvent plus d’importance que l’alimentation elle-même. 11 faut que l’organisme ait eu le temps de se débarrasser des poisons accumulés pour que l’assimilation puisse se faire et que la réparation des tissus commence.

Dans tous les cas que nous avons envisagés jusqu’à présent, les accidents entraînés par le surmenage apparaissent évidents à tous les yeux. Les individus sont avertis par la souffrance et d’ailleurs se trouvent rapidement dans l’impossibilité de continuer leur effort ; ils sont même obligés pendant un certain nombre de jours à garder le repos.

C’est qu’ils ont dépassé de beaucoup les limites de la fatigue, « ils se sont forcés ». Mais il suffit d’arriver tous les jours jusqu’à la fatigue, sans la dépas.ser de beaucoup, pour qu’il y ait ce qu’on peut appeler le surniencige chronique. Ici les symptômes sont moins marqués , 1 individu peut continuer et recommencer son travail. Ce surmenage chronique est la règle dans la généralité du travail moderne. Cette forme de surmenage nest pas la moins dangereuse, justement parce quelle est moins apparente. Elle entraîne un empoisonnement chronique de l’organisme que l'on pourrait comparer dans une certaine mesure a celui produit par l’alcoolisme chronique (à petites doses répétées tous les jours), beaucoup plus nocif lui aussi que l’empoisonnement aigu causé par l’ivresse d’une façon accidentelle ou intermittente.

Toute fatigue est mauvaise ; mais, si elle est passagère, ses effets (à moins de tares déjà existantes) ont peu d’importance ; tandis qu une fatigue répétée, même partielle (1), même légère, entraîne pour loiganisme des troubles réels et durables.

C’est que toute fatigue est par elle-même une détérioration. Elle se manifeste, même d'une façon à peine perceptible, par la raideur des muscles intéressés. Cette raideur est la conséquence de l’usure exagérée des muscles avec combustion de leur propre substance. Il en lesulte, comme je l’ai dit plus haut, un excès de déchets qui peut être decelé par l’analvse de l’urine. On voit alors que parmi ces déchets une proportion plus considérable appartient aux produits de combustion incomplète, lesquels sont de véritables poisons (élévation du rapfiort azotunqu^. Toute fatigue entraîne donc une intoxication plus ou moins légère, bi cette intoxication se renouvelle tous les jours, il en résulte une initation et une altération des tissus de l'organisme, quand bien même lalimen-

(1) Kronecker a montré que si l’on excite chaque jour némien d’une grenouille jusqu’à épuisement, 1 animal meurt an bout a

[eux on trois jours.

L intoxication lente, niais chroninue î>*n* h» fufio-im va.^a* ' j

Les troubles ou changements fans In nroA^L’ ’’ probablement à l’accélération de rartlrio-sclérose^^Enfin^fq contribuent

fStiSue "répétée®' la'cïnséquence \n®él^^^^ la

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g ippe pouira devenir une affection d’une gravité extrême (2) ^

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endocardite infectieuse et surtout fièvre typhoïde, e^tc ’ ture®i'Ps?‘^i^*^®‘‘’®r^ devient encore plus manifeste lorsque la nourri-

lns!SEsfJS&

matériaux de combustion donf travail prend alors ses

â'oraSr„e'„'oTrllfre‘'?ur‘S^^^^^^^

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aux boissons alcoolisées. le supplément de nourriture est emprunté

aussi l’a\SbS^^ mais

complète des réservp<; iiimoratnil^n Produits par la consommation

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l’énergie alimentaire est dévorée par l'activité musculaire. L’individu surmené maigrit ; il ne réagit pas contre le froid et se moindre intempérie d’où fréquence des pneumonies (fluxions de poitiine) chez les gens fatigués et mal nourris.

D’ailleurs le surmenage produit des effets plus sensibles sur les débiles et les débilités. 11 est évident que ces débiles se surmènent plus vite et (lu’ils doivent davantage ménager leurs forces que les individus robustes. A ceux qui manquent de vigueur physique par suite d un développement insuffisant, il faut ajouter les convalescents, aussi les enfants, les adolescents, les femmes en général, et surtout les femmes enceintes et les nourrices.

Je n’ai pas besoin de démontrer que la croissance est une période ou l’organisme a besoin de ménagements. Mais ces ménagements sont encore qilns nécessaires à l’époque de la puberté, c’est-a-dire au moment où la croissance est plus rapide (1) et où se produit en même temps le développement des organes génitaux et l’apparition des fonctions sexuelles (menstruation, par exemple). C’est cependant 1 âge ou Ion envoie les jeunes gens gagner leur vie. Le.s fatigues de les travaux trop durs pour les forces de 1 adolescent, les efforts trop considérables, les fardeaux trop lourds, les courses trop longues ou la station debout prolongée, les repas hâtifs, etc.,

fréiiuente de la tidierculose à marche rapide et fatale (phtisie galonante). On observe aussi l’inflammation aiguë des os avec formation d’abcès (ostéomyélite des adolescents) ; les déviations de la colomm vertébrale (cyphose, scoliose) et, spécialement chez les filles, la chloro-

anémie.

Ouant aux femmes enceintes ou nourrices, on comprend qu elles sont très sensibles à la fatigue et par conséquent très exposées aux troubles et aux maladies provoquées par le surnaetiage. Mais il y a l’intérêt de l’enfant : les femmes enceintes doivent se reposer surtout dans les derniers mois de la grossesse ; sinon il y a des chances pour (tue l’accouchement ait lieu avant terme ; meme a teime, 1 enfant sera moins gros, et la débilité congénitale pourra retentir sur tout son développement ultérieur. Après la naissance, bien des nourriss(iM n ont qu’un lait pauvre et insuffisant si la mère a des occupations fatigantes. ILant-il, à ce propos, faire remarquer que beaucoup d autres à leur grand dam, privés de l’allaitement maternel par les nécessités mêmes dn travail, en dehors de toute question de fatigue ou de santé

Le Surmenage, enfin, s’ajoute aux autres mauvaises conditions d’hygiène. Il aggrave les effets des intoxications (plomb, alcool), de

l’air confiné, etc.

C’est à ces causes réunies qu’il faut attribuer 1 extension de l^a tuberculose. Le surmenage et la vie en agglomération sont les facteurs ordinaires de la phtisie ; or le travail moderne a pour caractères

(D .\ l’énonue de la puberté, il y a non seulement accroissement de la taille, mais aussi augmentation du cœur. De J5 à 20 ans le cœur alimenterait d’un tiers, alors qu’il aurait été à peu près stationnaire de 7 à 15 ans.

AU

essentiels d etre mtensil et collectif. Au Congrès intenuitional de I uberculose (octobre lyOo), Calmette (de Lille), a déclaré que d’aii scs statistiques c est le surmenage qui est la cause nriiicinale de tuberculose clans liiiuuense majorité des cas.

Apres 1 expose des méfaits du surmenage, faut-il conclure à l'iuacti- \jte musculaire complète et à la paresse continuelle? Ce serait un paradoxe sans aucune réalité. L’activité physique est nécessaire à la santé c e.st un besoin que les oisifs eux-mêmes ressentent et qu’ils cberchent a satisfaire par des occupations variées (déplacements bals chasse, distractions mondaines, etc.).

L activité phy.sique augmente l’ampleur des mouvements respiraoires, favorise par conséquent l’aération du sang et l’élimination de 1 acide carbonic|ue. Elle active la circulation générale, empêche la stapiation sanguine grâce aux contractions musculaires qui font une sorte de massage des vaisseaux ; elle assure ainsi les combustions necessaires et aide a l’élimination des déchets.

Chez l’enfnnt, en particulier, l’exercice a une heureuse influence sur le développement osseux. Les contractions musculaires répétées ent rament le renforcement de la charpente osseuse, et s’opposent aux déviations de la colonne vertébrale (cyphose, scolio.se, lordose). Surtout 1 activité respiratoire favori.se le développement de la cage thoracique et c e.st la un des facteurs les plus importants pour la résistance tuture de 1 individu aux causes morbides. Le cœur peut se développer et fonctionner à son aise ; la respiration se fait complètement et assure une bonne aération du sang. Il y a donc plus de chances pour que

t individu échappe aux influences morbide.s, spécialement à la tubercnlose.

Aussi rexercice physique, c'est-à-dire lo jeu, est-il nécessaire aux entants, surtout le jeu au grand air. Et l'enfant en liberté s'v donne à cœur joie. Comment donc ne se surmène-t-il pas ?

Cyst qu’il varie ses mouvements, c’est ([u’il ne fait pas agir continueilement le même muscle ou les mêmes groupes de muscles ; c'est qu a chaque instant son activité est coupée par des périodes de repos.

Mais qu’on emmène l’enfant à la promenade, et les parents s’étonnent qu un enfant, si remuant d’ordinaire, soit si vite fatigué — si fatigué qu’en rentrant il faut le coucher sans manger (fièvre de courbature). — La marche a été pour lui un travail exténuant, car les muscles de 1 enfant ne supportent pas un travail continu.

Toutes proportions gardée, s, il en est de même pour l’adulte, je veux

(lire que les muscles supportent mal un travail confinu (1). Les mêmes muscles en se contractant d'une façon répétée et ininterrompue, arrivent rapidement à la fatigue, c'est-à-dire à leur propre désintégration. Le repos est nécessaire pour empêcher cet épuisement et pour assurer le ravitaillement des muscles.

On peut, il est vrai, éloigner dans une certaine mesure la limite de la fatigue par V entraînement. L'entraînement développe les muscles mis en mouvement, par conséquent augmente leur force d'action. De plus, les muscles seuls nécessaires au mouvement voulu se contractent ; la dépense de forces est donc réduite au minimum ; tandis que lorsqu'un individu se livre à un nouvel exercice auquel il n'est pas accoutumé, tout son corps participe au travail. Enfin l'excitation nerveuse est réduite au minimum ; le mouvement prend de plus en plus l'allure d’un réflexe ; l'habitude devient telle qu'on fait les mouvements sans presque s’en apercevoir, sans par conséquent qu'il y ait dépense cérébrale d’attention (2).

Mais, avec ou sans entraînement, le repos n’en reste pas moins une nécessité inéluctable. L’activité physique de l’homme doit être coupée à chaque instant par des périodes de repos.

C'est ce qui se passait autrefois où le travail n'était pas spéciali.sé

(1) f.e travail est constitué par la répétition d’efforts (ou mouvements) produits par les contractions musculaires. J’appelle travail continu la rél>étition ininterrompue des efforts, et c’est cette succession ininteirorniHie d’efforts qui épuise et détériore les muscles, quoique les contractions soient 1 trêves et qu’elles soient séparées les unes des autres par un repos xdiysiologique de quelques secondes. Je ne parle même pas ici de la prolongation de l’effort. La contraction d’un muscle en effet ne peut pas être prolongée

^longtemps, car il en résulte une fatigue extrême et un relâchement involontaire de l’effort : mais, en fait, le travail n’utilise guère cette forme de l’effort, que nous n’avons donc pas à considérer, sinon pour constater la nécessité générale du repos à tous les stades de l’activité.

(2) Cet entraînement s’établit à la longue. C’est d’ailleurs la meilleure méttiode d’entraînement. Il est inutile et nuisible de « rompre le corps » pour l’assouplir. Au moment de la fatigue, tout le bénéfice de l’éducation disparaît : lorstjue le groupe de muscles éduqué par l’habitude arrive à l’épuisemeiit et devient inapte au travail, l’organisme tend à remplacer ces muscles par d’autres ; tout le corps travaille. D’ailleurs, je n’ai pas besoin de rajïpeler que la fatigue, au lieu (le développer les muscles, les détériore et qu’il faut un certain temps pour la rc'paratioii. C’est donc l’entraînement progre.ssif, restant en deçà de la fatigue, qui donne les meilleurs résultats. Cela se voit d’une façon nette dans les affections du cœur. On a en en effet l’idée d’ « entraîner » les gens atteints de cette tare chronique. Trop souvent .immobilisés dans un repos complet, ces malades arrivent à un état de débilité qui se traduit par la fatigue générale au moindre effort avec retentissement sur le cœur (par .suite de l’atrophie et de l’insufTisance musculaires). On a essayé de dévelopr>er les forces musculaires par un entraînement très doux et très lent ; mais il est bien certain que la moindre fatigue que provoquerait un entraînement trop vite poussé serait extrêmement mauvais et pourrait amener les pires a.ccidents de l’insuffisance aiguë du cœur (asystolie).

par la machine. Le travail comportait des occujiations multiples qui variaient à chaque instant ; cela permetlait à chaque groupe musculaire de se reposer successivement. Aujourd'hui, la plupart des ouvriers ne font qu’une infime partie d’un objet manufacturé ; ils sont astreints à faire toute la journée les mêmes mouvements.

Cette continuité dans les efforts aboutit à la fatigue des groupes musculaires mis en activité et à la fatigue générale du corps (par intoxication), sans que cette activité partielle puisse avoir à aucun moment une heureuse influence sur l’organisme ; elle aboutit uniquement à la fatigue sans donner rien des bons effets de l'activité physique générale (sur la re.spiration, la circulation, etc.).

L’immobilité elle-même devant la machine est une cause de fatigue lapide. Il faut savoir que la station debout n’est pas une positiorr de repos ; elle n’est i)os.sible (lu’avec la contraction de certains mu.scles ; et les gens qui sont passés par le régiment connaissent bien la fatigue intolérable éprouvée par le soldat immobile sous les armes.

A la nionotonie de la division du travail et à l’immobilité vient s ajouter l’ennui. On a constaté que la fatigue arrive plus vite avec un ouvrage ennuyeux qu’avec un ouvrage attrayant.

Enfin, le machinisme a entraîné la rapidité des mouvements. Il a liien supprimé les grands efforts ; mais la violence des efforts s’ojiposait a leur répétition prolongée et surtout cà la rapidité du travail, sous peine de surmenage aigu avec repos forcé pendant ]dusieurs jours. Les mouvements modérés au contraire peuvent être répétés d’une façon exagérée et permettre .soit la prolongation, soit la vitesse (ou intensivité) du travail. On aboutit ainsi au surmenage chronique dont j’ai parlé plus haut.

C'est la rapidité dans le travail que le machinisme a imposée. Tout le monde sait que la précipitation des mouvements aboutit très vitfK a la fatigue ; on connaît par exemple la différence qu’il y a entre une course de vitesse et une course de fond ; la première ne peut pas se prolonger très longtemps sous peine d’arriver à l’épuisement. C’est un principe bien connu en mécanique que ce qu’on gagne en vitesse on le perd en force et réciproquement.

D’une façon générale on peut dire que la machine qui aurait dû, suivant le rêve d’Aristote, soulager les hommes, a servi à utiliser la force humaine jusqu’à sa limite extrême. Au fur et à mesure des améliorations techniques, l'industriel ne diminue jias le labeur de ses ouvriers ; c’est ainsi que les perfectionnements dans les métiers à tisser ont permis aux patrons de faii’e conduire non plus un métier, mais deux, trois et davantage par un seul individu.

En somme, la règle d'hygiène à suivre serait d’éviter toute fatigue. La moindre fatigue retentit fâcheusement sur l’organisme, si elle est répétée, car toute fatigue est mauvaise. Les inconvénients en apparaissent nettement chez les gens tarés ou débilités : jiour les tuberculeux c’est la fièvre et l’affaissement, pour les albuminuri(|ues c’e.st l’aggravation des synqitômes et l’empoisonnement, pour les cardiaques surtout

c est 1 insuffisance immédiate du cœur. Les inconvénients apparaissent inoins nettement chez les individus sains, mais ils n’en sont pas moins reel.s, et 1 accumulation de fatigues répétées se pave à la longue, .sans quon ])uisse échapper au châtiment d’avoir troji travaillé.'

, ^ conseivex sa santé il faudrait qu'a la lin de la journée de

travail, les mu.scles eussent conservé leur souplesse et leur élasticité Il faudrait raccourcir cette journée en proportion de l’intensivifé dii lavail de façon a rester en deçà de la fatigue, il faudrait conserver 1 esprit dispos et alerte.

Ai-je besoin d’ajouter (lue le travail exécuté par un homme fatigué mauvais travail ? La fatigue entraîne la perte de l’habileté manuelle et de tout le bénéfice de l’éducation par l’entraînement (voir la note au sujet de 1 entraînement) ; il se produit du tremblement mu.scuiaire ; les mouvements exécutés par des muscles de remplacement et non éduqués sont saccadés et mal mesurés ; enfin l’attention diminue et disparaît a. cau.se de la fatigue nerveuse.

in. — La fatigue neroeuse.

La fatigue musculaire retentit sur l’organisme entier et s'accompagne

^ d’épuisement nerveux. Dans tout mouve-

ment, en effet il faut c.onsiderer 1 excitation nerveuse et la contraction luu.sculaire. Chaque contraction ne se produit que sous l’influence d’une excitation nerveuse, d’où il s’ensuit qu’une dépense nerveuse accompagne forcement tout travail musculaire. A la consommation de la force nerveuse il faut aus.si et surtout ajouter les effets de l’intoxication ; les dechets jiroduits jiar les contractions musculaires exagérées viennent gener et empêcher le fonctionnement des organes nerveux. Cela se constate a l examen : un homme, après une fatigue musculaire, présente la diminution de la sensibilité, l’augmentation des temps de réaction q.ar exemple a la perception), un certain retard dans l’association des idees et dans les autres opérations intellectuelles. C’e.st un fait connu qu un individu ^tigué est incapable d’attention ; les ouvriers manuels ont toutes les difficultés à pouvoir écouter et comprendre une conférence entendue le soir ajirès la journée de travail. En plus de la fatigue cerebrale. Il peut même exister un certain degré de fatigue morale, caiactei’isee par de l’ennui, du découragement, sans caii.se apjiarentc.

La fatigue cérébrale.

«f»s i insister sur le mécanisme de la fatigue neuso, il .suffît de la comstater apres des travaux à caractère cxclusi-

vement musculaire. Mais la fatigue nerveuse est plus souvent la consé quence du travail cérébral.

T ^ travail cérébral, toute manifestation de Vatlcntion

L attention est au cerveau comme l’effort est au muscle ; autrement dit 1 attention est un effort cérébral ; l’attention s’accompagne en effet d’ur véritable sentiment d’effort.

Au moment de l’attention, le cerveau se congestionne, il semble (lut les combustions s’exagèrent. Il se passerait dans la cellule nerveu.st

La dépense nerveuse est donc d'autant plus considérable que le travail cérébral est soutenu pendant plus longtemps sans distraction, c’est-à-dire sans relâchement de l’attention (1). Dans ce cas le cerveau . se fatigue vite ; les cellules cérébrales sont d’ailleurs plus délicates et plus fragiles que les fibres musculaires ; leur fatigue (et leur usure) est plus rapide. ♦

Des efforts soutenus d’attention épuisent assez vite la cellule nei’veuse ; la fatigue se traduit d’abord par l’inaptitude à l’attention ; l’esprit est paresseux, les associations d’idées sont lentes, la sensibilité* e.st affaiblie, les organes des sens réagissent mal. En épuisant la force nerveuse, le travaj] cérébral épuise par cela même tout l’organisme. De même que la fatigue musculaire entraîne un certain degré d’affaissement nerveux, la fatigue cérébrale provoque la diminution de la force musculaire. On peut le constater au dynamomètre : la pression exercée l>ar la main diminue après une activité intellectuelle excessive.

La dépression nerveuse amenée par la fatigue cérébrale se manife.ste encore par d’autres effets ; les mouvements respiratoires ont moins d’amplitude, les battements du cœur sont moins énergiques, la tension artérielle e.sf inférieure à la normale. En somme, la fatigue cérébrale aboutit à une dépiœssion nerveuse générale. Cette conséquence a peu d’importance quand il .s’agit d’une fatigue passagère, sauf si elle vient

(1) Un sujet d’étude sur lequel on n’est pas entraîné, qu’on connaît mal, exige plus d’attention. Un travail auquel on n’est pas habitué exige aussi jilus d’attention. La fatigue vient donc plus ou moins vite suivant la vigueur cérébrale des individus et suivant qu’ils sont plus ou moins entraînés au genre de travail entrepris, lin enfant, par exemple, ne peut pas longtemps llxer son attention sur le même sujet.

s’ajouter, comme dans bon nombre de cas, à d’autres causes de débilité. Mais quand il s’agit de fatigues répétées nous arrivons au surmenage.

Ce surmenage n’est pas localisé à la fonction cérébrale ; c’est un surmenage nerveux général dont nous examinerons les effets plus loin. Il se confond en effet avec la neura.stliénie : il se traduit par l’insuffisance fonctionnelle de tous les organes et s’accompagne d’une dépre.ssion morale, d’un sentiment de tristesse plus ou moins pénible.

A la fatigue cérébrale vient s’ajouter fréquemment la fatigue, sensorielle. L’excitation vive et répétée de la vue (lumière éblouissante), de l’ou’ie (bruit) augmente l’épuisement nerveux.

Comme fatigue spéciale de la sensibilité, je mentionnerai aussi la trépidation qui semble avoir une action spéciale sur la inoëlle épinière.

La fatigue émotionnelle.

Il y a encore une troisième forme de fatigue nerveuse, c’e.st la fatigue émotionnelle, résultat ordinaire d’une excitation trop vive. Une .émotion vive retentit fortement sur l’organisme ; elle entraîne des troubles circulatoires très nets, comme la rougeur du visage (par vasodilatation) ou au contraire la pâleur, comme les palpitations et même la syncope (évanouissement) ; des troubles de digestion (inappétence, indigestion et vomissement, diarrhée), des troubles menstruels, etc. Ces troubles laissent à leur suite une. fatigue générale.

L’émotion peut être si forte qu’elle se traduise non par une excitation, mais par une dépression (ou fatigue nerveuse) immédiate. La frayeur ])ar exemple « coupe bras et jambes ». Les émotions douloureuses d’ailleurs sont dépressives au maximum (1).

Je dirai de la fatigue émotionnelle ce que j’ai déjà dit antérieurement à propos des autres formes de fatigue. Une dépression morale passagère a d’ordinaire peu d’effets sur la santé, sauf chez les personnes

(1) Ou peut dire que les émotions trop vives sont des émotions douloureuses. Une excitation qui produit des troubles aussi graves que ceux de circulation, de digestion, etc., que j’ai énumérés plus haut, est forcément une excitation pénible à ressentir, quelqu’en soit le de départ. D une

façon générale, toute excitation violente de la sensibilité donne lieu au phénomène de la douleur et est suivie d’une fatigue plus ou moins rapide avec sensation de lassitude, tremblement musculaire, etc., môme lorsqu il n’y a pas eu de réaction violente. On dit dans le public que la douleur est énervante. Elle finit d’ailleurs par s’épuiser ell.e-même. si l’excitation se prolonge trop longtemps. Il est bien entendu que je ne fais aucune distinction entre la douleur dite physique et la douleur dite morale.

tarées (1) : l'émotion peut amener une syncope mortelle pour un cardiaque ; un choc nerveux peut entraîner iinc perturbation grave de l’organisme (hystérie, diabète) chez certains individus, etc. Mais, sauf ces accidents, il faut la rcpcdtion d’excitations dé[)rimantcs pour arriver au surmenage nerveux caractérisé par l’incapacité de réagir. Les déceptions (ambition, jeu, etc.), les soucis (pertes d’argent, préoccupations d’avenir, réprimandes ou peur des réprimandes, etc.), les inalheurs de tous genres (deuils, etc.), p<;uvent aboutir plus ou moins vite à cet état. La misère (chômage, salaires dérisoires, charges familiales) est une cause très importante de dépression morale, avec découragement, allant d’un côté jusqu’à la répugnance à l’attention et à l’effort et de l’autre jusqu'à l’incapacité d’une révolte salutaire.

Dans le surmenage nerveux d’origine émotionnelle, le symptôme ju'édominant c’est VennuL Dané l’état d’ennui on constate la diminution de la force musculaire au dynamomètre, la diminution de l’attention, rabaissement de la tension du pouls, une amplitude plus restreinte des mouvements respiratoires. De même que la fatigue musculaire entraîne la l'épugnance à tout nouvel effort et finit par donner un certain degré d’abattement moral, de même que la fatigue cérébrale aboutit, elle aus.si, à la dépression morale, à son tour l’ennui (ou fatigue morale) diminue l’entrain au travail manuel et mental, il affaiblit la force musculaire et l’attention cérébrale.

Gel retentissement se comprend si l'on admet que les fonctions-* réagissent les unes sur les autres et que toute perturbation, même locale, retentit sur l’organisme entier. Une fatigue ne reste donc jamais localisée, elle entraîne une fatigue générale, autrement dit une insuffîsance fonctionnelle générale. Le surmené moral présente un état d’affaibli-ssement chronique (neurasthénie), qui persiste plus ou moins, longtemps après la cessation de la cause du surmenage.

Cet état d’affaiblissement, conséquence très rapide de la fatigue émotionnelle répétée, peut aussi être amené ou tout au moins facilité Ijar les fatigues d’autre origine, fatigue musculaire, fatigue cérébrale, fatigue .sexuelle. Comme facteurs de neurasthénie (dépression nerveuse chroni<iue), on a même incriminé les troubles digestifs prolongés, certaines affections du foie, etc., et' aussi les intoxications. J’ai mentionné plus haut l'intoxication de la fatigue musculaire, comme cause de fatigue nerveuse, et la « faiblesse irritable » s’observe aus.si bien chez les surmenés ([ue chez les alcooliques.

(1) .Sous une autre forme, on peut din; que la fatigue émotionnelle, souvent non apparente chez les gens sains, quoique cependant bien réelle, se manifeste beaucoup mieux chez dos personnes atteintes de tare chronique du cœur, par exemple. C'est ce que j’ai déjà montré plus haut à propos de la fatigue musculaire. 11 est à remarquer que l’appareil circulatoire est très sensible au.x émotions ; c'est là une connaissance ancienne, et c’est ce qui expliipio pourquoi les littérateurs ont fait du cœur le siège des sentiments.

Nous sommes doiic amenés à envisager non seulement la nécessité du iei>os musculaire, mais aussi ViitiUté du phiisir. La joie est une force, ou, si l’on aime mieux, une excitation bienfaisante, surtout si elle est modérée ; elle est nécessaire au bon fonctionnement de l’organisme ; elle relève l’activité des organes ; elle provoque l’amélioration dans l’état de maladie et aide à la guérison. Dans l’état de plabsir, la force est augmentée au dynamomètre, la ten.sion du pouls se relève. Une bonne nouvelle vient remonter les forces du malade, etc.

D’un autre côté, les individus en bonnp santé et dispos, c’est-à-dire sans fatigue, sont optimistes, actifs et joyeux. La santé et la joie semblent liées et agir l’une sur l’autre.

Si j’osais me servir d’une comparaison thérapeutique, je dirais que la joie agit comme la caféine (alcaloïde extrait du café), qui est un excitant général, relève la tonicité du cœur et fait ainsi disparaître temj)orairement la fatigue ou éloigne le moment de son apparition. II y a d’ailleurs un excitant populaire, VaJcool employé par les hommes du monde entièr sous différentes formes pour produire un relèvement momentané des forces et surtout pour réveiller la gaîté. On comjirend que les hommes soient porté.? à combattre l’ennui, conséquence de la fatigue, par la consommation exagérée des boissons alcoolisées. L’ennui est certainement un des jirincipaux facteurs de l’alcoolisme chez les misérables et les surmenés. Enfin les « gens du monde » et certaines catégories d’intellectuels emploient, pour combattre l’ennui, l’opium ou jilutôt la morj)hine qui procurent des rêves agréables, mais qui loin d’exciter à l’activité, comme l’alcool ou le café, mènent à l’impuissance organique (musculaire, intellectuelle, etc.). La morphinomanie s’explique donc bien chez les fatigués moraux de la classe oisive.

L’humanité a toujours couru vers le plaisir, c’est-à-dire vers les émotions agréables. Certes, la répétition troj) rapprochée de la même émotion, même agréable, finit par émousser tout l’attrait qu’elle peut comporter. C’est là une nouvelle forme de fatigue émotionnelle. Les oisifs qui recherchent des émotions répétées, sans que ces émotions soient liébs, comme d’habitude, à des besoins matériels ou affectifs, sans que l’excitation à l’activité (ou émotion) ait en but la satisfaction de ces besoins ou la satisfaction d un idéal, arrivent à lasser l’émotion elle-même et à n’éproiiver que la satiété et le dégoût.

Si l’on veut conserver à un acte agréable tout le plaisir qu'il peut donner, il faut être modéré dans son accomplissement. Si je prends comme exem])le l’acte vénérien, il est certain (pie sa répétition trop fréquente en diminue la jouissance. Un fatigué génital ressent de la lassitude mu.sculaires et cérébrale et aussi une certaine tristesse vague. C’est cette tristesse que les individus prennent pai’fois pour du remords,

Siii'toiit. lorsque 1 acte ne s’accompagne pas de sentiments affectifs ou ne conespond pas avec les préjugés sociaux ; mais ils s’emj)ressent

fafim’ l’appétit reparaît. En toute chose la

icitigue (J exces), ne vaut rien, ni pour la santé, ni pour le plaisir.

Avec une activité normale (c’est-à-diie sans fatigue), destinée à la satisfaction moderee de nos besoins, les émotions agréables ne peuvent donnei qu une excitation bienfaisante. Le plaisir est ou devrait être la base meme de l’activité humaine. Des expériences récentes ont montré que le plaisir (du goût) est nécessaire pour la digestion rapide et complété des abnients. Le plaisir vient exciter la secrétion glandulaire comme d excite 1 activité musculaire et l'activité mentale. L’encouragement le sentiment de confiance ou de liberté facilitent le travail et I etude, exaltent 1 esprit d initiative. L’émotion et l’enthousiasme peuvent faire de 1 ouvrier un artiste. I,e découragement, la crainte et l’asser- \is.sement a 1 autorité donnent de mauvais résultats et pour l’éducation des eMant.s et pour l’activité des adultes ; on obtient ainsi du travail mais fait sans goût. Un labeur déplaisant et monotone, tel que le comporte trop souvent la division du travail dans le machini.sme moderne SC traduit par une fatigue plus raiûde (pie le travail attrayant

M Ion con.sidere maintenant le travail moderne, on s’aperçoit que a fatigue nerveuse contribue pour une bonne jiart à la fatigue générale.

professions où la fatigue nerveuse tient la plus grande lace. Ce sont par exemple celles des mécaniciens de précision, des hoilogers, des bijoiitier-s, des sertisseurs, des ciseleurs, des graveurs, des tvjiographes, des correcteurs, des comptables, etc. (1). Mais elle entie en jeu plus ou moins dans toutes les professions où existe le

î'nîv.în'rr- et la précision de l’acte (2), .si menu soit-il,

enti aillent une dépense nerveuse considérable.

peut bien aiouter la profession d’in.stituteur. J’en connais qui ont a Fans des clas.ses de 77 élèves, quoiqu’il ne soit guère possible de s’occui)er .uec piofit que de.0 a 25 enfants (30 au maximum). Qu’on s’imagine donc la niligue du maître, je ne dis pas pour instruire ou éduquer, mais pour garder le troupeau des écoliers entassés dans une pièce qui peut en contenir au idus. 11 semble que l’effort des insiitiiteurs devrait tendre à faire dimuiuer le nombre des eleves par clas.se, aus.si bien dans leur propre intérêt -lue dans celui des enfants.

(2) Précision dans l’espace et dans le temps ; je veux dire que dans le maclnnisme il faut soit arriver toujours à temps pour tel ou tel acte, soit faire des mouvements mesurés rigoureusement.

Comme pour la force musculaire, la dépense nerveuse croît d’une ftart avec les longues journées (et les veillées) et d’autre part avec l’intensivité (ou l'apidité) du travail. De ces deux facteurs, c’est l’intcnsivité qui est la caractéristique du travail indu.striel moderne. Le machinisme exige en effet la rapidité de l’effort et une attention toujours en éveil ; plus l’effort es't rapide et plus l’attention doit être soutenue. Il faut suivre la machine qui marche sans trêve, inexorablement. Il n’y a plus moyen de se distraire, c’est-à-dire de laisser reposer son attention, de se déranger à son gré comme pouvaient le faire les anciens artisans. Elle est bien finie la vieille chanson d’atelier, elle qui avait la réputation de raccourcir le travail, elle qui rythmait le mouvement en laissant reposer l’attention. Elle a été remplacée par le bruit assoui'dissant des machines, et ce bruit est une cause de fatigue sensorielle, qui vient encore aggraver la fatigue générale.

Le machinisme a été Véducateur du travail hdlif moderne. L’entraînement de la vitesse gagne toutes les professions, même celles qui n’ont pas été touchées par le machinisme. La préciintation fébrile avec laquelle on travaille retentit sur tous les actes de la vie.

Dans les grandes villes l’éloignement de l’atelier entraîne la hâte à l'aller et au retour, la bousculade pour les moyens de transport, la l-récipitation dans les repas avalés rapidement. Le temps manque ; on a toujours peur d’arriver en retard, on a constamment l'e.sj-rit tendu , pour arriver au but. On court, on saute hors des tramways en marche, on s’iri'ite d’avoir manqué le train du Métropolitain, quand même l’autre doive arriver tout de suite.

Trop exacte est à notre époque la fameuse formule américaine : « le temps c’est de l’argent ». La hâte fébrile caractérise nos mœurs et I toutes nos façons d’agir, môme en dehors des affaires. Les grandes villes brûlent la vie humaine. Nos sens aussi sont fatigués j-ar des impi-essions multi{)les et changeantes. Tout se combine j)Our nous épuiser.

La dépense nerveuse énorme, qui en est la conséquence, se traduit par une dépression plus ou moins marquée. Cette dépi’ession, qui retentit sur l’organisme entier forme un tableau symptomatique auquel on a donné le nom de neurasthénie. Les écrivains se sont étonnés de la fréquence de cet état morbide qui n’était pas connu autrefois. En réalité, il s’agit non pas d’une maladie no\ivelle, mais d’un surmenage avec insuffisance fonctionnelle que notre façon de vivre a rendu maintenant extrêmement commun.

Dans ce surmenage nerveux, le premier phénoniène est l’épuisement céi’ébral avec diminution de la volonté. La volonté devient incapable de fixer l’attention qui se relâche, et aussi de régler les impulsions plus ou moins inconscientes qui nous sollicitent. Le surmené est énervé et irritable ; la moindre fatigue sensorielle surajoutée, le moindre brun lui sont intolérables ; la plus minime contrariété, un léger retard pour le repas, suffit à faire éclater sa colère. Il est impuissant à se retenir. La femme, et surtout les enfants à cause de leur turbulence, pâtissent souvent de cet énervement comparable dans une certaine mesure a celui

produit par l’alcoolisme. L’individu au cerveau fatigué a be.soin de repos et de tranquillité (1).

idus accentué, 1 épuisement s’étend à tous les organes. A 1 excitabilité succède la dépression, parfois avec des alternatives de ces deux états. L’individu est épuisé physiquement et anoralement : le sommeil seul est incapable de le reposer, il se réveille fatigué, souvent inème il souffre d’insomnie ; il n’a pas d’appétit et digère mal, il se juaint de palpitations, de maux de tête, etc. Il est surtout découragé et cette lassitude morale est particulièrement pénible.

Cet état diminue la résistance de l’organisme vis-à-vis de l’invasion microbienne. Les gens déprimés contractent facilement la fièvre typhoïde, la tuberculose, etc. L’épuisement nerveux joue surtout un grand rôle dans le cours et l’issue de la maladie ; les complications principalement les complications cérébrales, sont fréquentes dans la fièvre typhoïde, la i)neumonie, le rhumatisme, etc., chez ceux qui ont eu à subir auparavant un surmenage intellectuel ou moral (2).

Dans des cas semblables, la syphilis jiroduit. assez souvent des complications médullaires ou cérébrales, et elle peut se terminer par une espèce de folie (paralysie générale progressive).

D une façon générale, la dépense nerveuse exagérée aggrave les tares nerveuses pré.sentes (chorée, ))aralysie agitante, hystérie, délires, etc.). Elle aggrave aussi les tares nerveuses héréditaires et fait éclater des dé.sordres mentaux (folies) qui auraient pu ne pas se développer chez les sujets à vie tranquille. Déjà elle retentit fâcheusement sur la descendance par l’intermédiaire des j)arents au moment de la procréation, et par l’intermédiaire de la mère pendant la grossesse.

Le surmenage nerveux accélèi'e l’usure de l’organisme. La fatigue nerveuse a un retentissement direct sur le fonctionnement du cœur et des vaisseaux ; les émotions entrainent des oscillations répétées dans' la pres.sion et la vitesse du sang. De la répétition de ces troubles résulte la fatigue du cœur et des artères, et leur usure (artério-.sclérose précoce). On attribue aux occupations intellectuelles et aux soucis le blanchiment des cheveux et la calvitie. Et il est de connaissance vulgaire que les chagrins usent rapidement un individu et qu’ils le vieillissent avant l'âge.

Si ces mauvais effets de la fatigue nerveuse s’ajoutent à ceux de la

(1) L’épuisement céi’ébral, premier phénomène de la fatigue nerveuse, est comme je l’ai déjà dit, la conséquence de toute fatigue quelle qu’elle soit. L’irritabilité .se constate chez tons les surmenés, que leur état provienne d'une fatigue intellectuelle, de la fatigue musculaire on de la fatigue sexuelle. L’énervement est fréquent chez les convalescents, les bles.sés, les femmes au moment des règles ou pétulant la grossesse, etc.

12) Des animaux .soumis à des frayeurs répétées succombent plus vite que des animaux témoins à une infection inoculée expérimentalement. D’autre jiart, chez des malades découragés, le prono.stic médical est généralement plus sombre.

fatigue musculaire, ce qui est ordinairement la règle, on comprend encore mieux combien dans le travail moderne on arrive facilement au surmenage chronique et combien cet état se trouve aggravé lorsque toutes ces causes débilitantes s’associent pour frapper l’organisme en même temps. Un travailleur, astreint tous les jours à une dépense de force musculaire exagérée et à la nécessité d’une attention soutenue, soumis à des préoccupations résultant de conditions précaires, à des soucis sans cesse renaissants, est rapidement usé, si toutefois il n’est pas emporté de bonne heiire jiar des maladies que favorise son état de surmenage chronique.

!V. — Les Accidents du Traoail.

Mais ce n’est pas tout : la fréquence des maladies et le taux de la mortalité sont encore surélevés i)ar une autre conséquence directe de la fatigue, les accidents dç traiHul.

Le preiiiier symptôme de fatigue porte sur la fonction cérébrale, car les éléments nerveux «ont plus sensibles que les éléments mu.sculaires. Le premier effet produit est le relâchement de l’attention.

Dans la vie ordinaire ce relâchement de l’attention n’a pas une très grande importance, c'est simplement un besoin de repos qui se manifeste. Un étudiant qui jiour préparer un examen ou un concours se donne une tâche considérable en calculant sur ce qu’il a pu embrasser le premier jour, doit reconnaître qu’il s’est trompé les jours suivants. Il lui est impossible d’arriver à exécuter la besogne assignée, son esprit se refuse à suivre et à comprendre, l'attention fuit malgré sa volonté ; il lit et relit quatre ou cinq fois la même page machinalement et il s’aperçoit qu’il n’a rien saisi et que les phrases ont défilé devant ses ■ yeux sans laisser aucun sens à son cerveau fatigué. Il lui faut fermer son livre et aller se promener.

L’ouvrier n'a j)as cette ressource, il doit rester au travail. Son attention se relâche sans même qu’il s’en aperçoive ; et au premier moment d’inattention il peut arriver et il arrive en effet que l'accident se produise, inévitable. La machine punit cruellement l’individu coupable de fatigue.

On comprend (jue les accidents sont d'autant plus nombreux (]uc la fatigue augmente. Les deux fatigues, musculaire et nerveuse, s'a.ssocient et combinent leurs doubles effets, chacune d'elle agissant à la fois sur le système musculaire et sur le sy.stème nerveux. Il faut aussi ajouter comme facteur les mouvements inhabiles et saccadés qui résultent de l’épuisement musculaire. Les statistiques, entreprises à la faveur des lois d’assurance contre les accidents du travail, montrent clairement l’influence de la fatigue dans la production de ces accidents.

Voici la répartition horaire de .5.534 accidents de travail, relevés en

l!Kl3 dans neuf départements français (d’après Imbert, prufesscur à la Faculté de médecine de Montpellier, et Mestre, inspecteur du travail dansi l’Hérault) :

110 à 6 heures du matin — 235 à 7 licures — 375 à 8 heures — '420 à

0 heures — 600 à 10 heures — 405 à 11 heures — 55 à 12 heures — 120 à

1 heure après-midi — 420 à 2 heures — 530 à 3 heures — 740 à 4 heures — 750 à 5 lieures — 350 à 6 heures — 95 à 7 heures.

En lfK)4 on a enregistré dans cinq départements 4.532 accidents de travail dont :

110 à 6 heures du matin — 232 à 7 heures — 305 à 8 lieui’es — 310 à

9 lieures — 478 à 10 lieures — 292 à 11 heures — 50 à 12 heures — 132 à

I heure après-midi — 310 à 2 heures — 421 à 3 heures — 588 à 4 heures — 513 a 5 heures — 2.54 à 6 heures — 58 à 7 heures.

Les mêmes auteurs ont fait aussi le relevé des accidents d’après les jours de la semaine et ils ont trouvé en 1904 jiour les industries chimiques de l’Hérault les chiffres suivants :

44 accidents de travail le lundi

46 — — mardi

47 — — mercredi

57 — — jeudi

' 52 — — vendredi

G4 — — samedi

En Belgique, de décembre 1902 à novembre 1903, on a enregistré un total de :

.367 accidents du travail le lundi 385 — — mardi

410 — — mercredi

425 — — jeudi

420 — — vendredi

435 — — samedi

En Allemagne, l’institut municipal d’assurances a fait les mêmes constatations, pour la progression des accidents aussi bien dans le cours de la journée que dans celui de la semaine.

Ces chiffres et ces résultats prouvent bien et les effets de la fatigue et ceux du surmenage. Si le nombre des accidents augmente dans la semaine malgré le repos de la nuit, c’est donc que ce repos est insuffisant à réparer les effets de la fatigue journalière : l'organisme a été empoisonné ; les déchets dont il a été imprégné à la suite des combustions musculaires (et peiit-être à la suite des combustions nerveuses), n’ont pas eu le temps d’être éliminés ; l’usure des tissus n’a pu être complètement réparée. Cette intoxication lente de l’organisme devient évidente par l’accident.

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