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Étudiées dans leur esprit et dans leurjettre môme, ces pages composent sur la personnalité de l'ancien ministre du Commerce, un docunient psychologique 1res expressif. M. Millerand est bien, en effet, Thomme de ses paroles; il les justifie comme elles l'expliquent; à travers son langage pressant et dense, on retrouve la ténacilé opiniâtre qui caraclérisa toujours son action ; la logique même des termes, l'armature des phrases décèlent Tordre de l'esprit, sa discipline, sa méthode, son implacable netteté et jusqu'à la précision concrète des fins où il tend.
Enfin, qu'on en partage ou non l'esprit et les conclusions, ces discours sont avant tout des œuvres de franchise et de loyauté. Des œuvres de franchise, certes : des débats parlementaires dont le souvenir est encore dans toutes les mémoires sont là pour l'attester. Au risque de déconcerter ceux qui pratiquent l'art des hésitations opportunes, M. Millerand, dans toutes les questions vives, a nettement pris position. Plaçant an-dessus des conx^u^Kiç.^^
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de paili Fintérêt supérieur du pays el dç la démocralie, il a donné à ses idées comme à ses convicliôns Texpression la plus ferme, et cela au moment même où Ton n'était que Irop tenlé d'éluder, par Téquivoque, des responsabilités nécessaires.
Des œuvres de loyaulé : la lecture de ces pages en est le plus sûr témoignage. A. quelque catégorie de citoyens qu'il s'adresse, M. Millerand s'efforce de faire connaître toute sa pensée, toute la vérité. Expose-t-il à des travailleurs l'économie d'une réforme qui leur assure des droits nouveaux, il ne manque pas, au même moment, de définir les devoirs qui forment la rançon de ces droits. S'il fait valoir tous les bons effets, il précise aussi, pour ne rien celer, toutes les conséquences économiques et sociales, proches ou lointaines.
L'usage des libertés et du pouvoir, que réclame la démocralie socialiste, ne se peut concevoir que soumis au contrôle d'une raison de plus en plus équilibrée, d'une conscience assez forte pour réfréner les passions et les violences. C'est là un contrat moral tacite qu'on néglige assez souvent, par une
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certaine pusillanimilé, de rappeler au prolétariat. M. Millerand ne s'en fait pas faute cependant; il y revient, il y insiste à maintes reprises. Ces appels confiants et renouvelés h la dignité, à la force morale de la classe ouvrière, donnent le ton de Téloquence que l'ancien ministre du Commerce apporte à défendre la cause du progrès soxîial.
Cette loyauté voulue n'est pas chez lui brusquerie, mais clairvoyance et vue saine des choses. Préoccupé de la prospérité économique du pays, garantie et condition de son évolution sociale, M. Millerand sait distinguer, entre les droits que la loi confère pour sa défense au prolétariat, ceux dont l'exercice est un danger pour la nation. Si incontestablement légitime, si nécessaire même qu'elle puisse paraître, la grève, par exemple, n'en est pas moins un mal dont la fréquence menace l'équilibre môme de l'industrie nationale. Tandis que certains sont portés à la considérer comme une affirmation brutale, prompte et commode de la puissance de la classe ouvrière, M. Millerand n'y veut voir qu'une extrémité redoulable, aux conséquences fatales pour le pays. Pour éviter d'^