XIV INTRODUCTION DE L'ANNOTATEUR
être conduit, il faut courageusement accomplir l'œuvre pratique qui doit rendre inutile et impossible à la fois le geste désastreux de la grève. Et M. Millerand propose de multiplier les organes légaux de conciliation et d'arbitrage^ de fonder k l'usine, en regard de Tautorité patronale, la collectivité ouvrière qui devra <îonfier à ses délégués élus le soin de défendre ouvertement et régulièrement auprès des chefs d'industrie ses intérêts professionnels.
A la grève, k la violence qui fomente ces crises ruineuses d'oti sortent également épuisés patrons et ouvriers, vaincus tous deux par rindustrie étrangère, M. Millerand veut substituer Tordre et la paix laborieuse par l'entente loyale des intérêts généraux et des intérêts corporatifs, étroitement unis. Cette organisation du travail et de la production accompagne sans l'entraver jamais l'évolution économique du pays ; elle tend k réaliser par un ensemble de réformes progressives et appropriées la transformation rationnelle qu'on ne saurait attendre que d'un peuple brave, riche et fort. L'harmonieux accord de la politique économique et de la politique
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sociale, comme aussi Tintelligence de nos grandes traditions et de noire génie propre, ont donc dominé et guidé les actes de l'ancien ministre du Commerce. C'est à celte compréhension exacte des lois du progrès social, d'une pari, et, d'autre part, des exigences de l'évolution française, que ses initiatives doivent d'avoir été particulièrement fécondes.
Au ministère à la tête duquel il demeura placé pendant trois années, M. Millerand a entrepris et mené à bien la réalisation de réformes précises. Les dispositions dont elles ont doté la législation ouvrière ont apaisé bien des conflits et réglé bien des difficultés, en même temps qu'elles accroissaient le patrimoine des travailleurs. C'est le meilleur témoignage de l'esprit de progrès et d'équité qui les animait.
Enfin, dans les interventions fameuses qui ont marqué son passage au pouvoir, M. Millerand s'est inspiré du même souci de Tordre et de l'évolution par la paix. On n'a poinl oublié les redoutables conflits du travail dont fut accompagné l'avènement, pour la première fois au ministère, d'un socîaVv^le îv^wç^^x^-Va^^