Gènes, xxvii
comme malgré vous. Le divin baume empêchera ces agents délétères d'exercer sur vous leur action corruptrice. Odor vitœ in vitam.
Enfin, mes chers amis, saint Ambroise a dit de cette onction qu'elle est le sceau de Dieu : Sigiiacidum Domini^. Votre âme, Tâme d'un confirmé, est un vase d'aromates; il le faut sceller, de peur que Tarome ne s'évapore.
Le sceau de Dieu, c'est la croix : Signum Christi in vitam setemam -. Nous l'avons déjà dit, le confirmé, le parfait chrétien, est un soldat. Il a donc besoin d'être armé. L'arme triomphante, c'est la croix : In hoc signo vinces. Cette croix que la main du pontife va tracer sur vos fronts, portez-la fièrement dans la bataille. Relevez la tête : la croix y resplendit comme au faîte d'un diadème le diamant royal. Soyez à l'épreuve de tous les assauts, traversez toutes les séductions avec courage et grandeur d'âme. C'est la leçon que vous donne l'évêque en touchant vjotre joue du revers de sa main vaillante.
Je dis l'évêque; car, seul, il est le ministre ordinaire du sacrement de confirmation, et le Pontifical veut que je vous en avertisse. Si la raison de cette prérogative était difficile à trouver, je la demanderais à saint Thomas. La confirmation, dit le grand docteur, étant l'enrôlement du chrétien sous les drapeaux, c'est au général à recruter ses soldats et à
1. De Sac7\ I. m, c. ii, — Il paraît prouvé aujourd'hui que cet ouvrage n'est pas de saint Ambroise, encore qu'on le lui ait longtemps attribué.
2. Sacrament. Gelas, ap. Martigny. Dictionnaire des antiquités chrétiennes. Confirmation.
les agréger dans son armée. Or, le général, c'est Tévêque.
Monseigneur,
Il ne tiendra pas à vous que la victoire ne suive toujours notre drapeau. Partout vous allez recrutant les soldats du Christ et enflammant les courages. Oui donc ne serait heureux de vous suivre? Voici, Monseigneur, une nombreuse jeunesse qui accourt à votre appel. Ce qu'il y a de mâle sur votre visage n'efface point le rayonnement qui vient de la bonté. Notre général est un père. Cette vive jeunesse sollicite la faveur de prendre rang dans la grande armée cathohque, et, par ma bouche, elle vous demande les armes qui donnent la \^ctoire.
Voici l'heure, mes chers enfants! Recueillez-vous. L'Esprit de Dieu va descendre dans vos âmes. Avec vous et pour vous nous allons prier. Vos pères et vos mères prient déjà. Ils se souviennent qu'un jour ils ont été acteurs dans une fête semblable. Ils s'unissent par la foi et dans la charité du Seigneur aux divines opérations dont l'évèque est le ministre. Ils s'apprêtent à recevoir une nouvelle effusion des lumières et des dons du Saint-Esprit. Et je leur redis avec l'apôtre saint Paul : « N'oubliez pas, mes frères, de ressusciter en vous la grâce de Dieu qui vous a été conférée par l'imposition des mains ^ »
Ainsi soit-iP.
1. II Tim. I, 6. — Admonco te ut resuscites gratiam Dei, quae est in te per impositionem manuum mearum.
2. Dans notre volume, Chemin de Lumière, voyez le chapitre intitulé: le Progrès de la vie chrétienne.
Rabbi, ubi habitas ?
Maître, où demeurez-vous ?