‹ Travailler a son ameChapitre 117 sur 168 · Ps. cm, 30. i · texte numérisé non relu

Ps. cm, 30. i

Dieu. Tout à Theure, sous la main et la parole du pontife, Tonction du divin chrême va buriner, si je puis parler de la sorte, le caractère baptismal plus profondément et le faire resplendir. Du même coup, petits enfants, du même coup, vous allez devenir des hommes. Cette stature virile qui sera la vôtre, nos yeux charnels ne la pourront discerner; mais Dieu la voit. Oui, à supposer qu'il y ait dans cette assemblée un chrétien, âgé de quarante ou de cinquante ans, mais qui n'a pas reçu, par le sacrement de confirmation, ce surcroît de l'être divin, je puis dire de lui que, devant Dieu, c'est un enfant. L'homme, cher confirmé de douze ou de quinze ans, l'homme, c'est vous!... Et vous n'êtes pas seulement un homme, un homme vulgaire, vous êtes soldat, soldat du Ghiùst, défenseur de votre foi, chevalier de Dieul

Comme il importe, n'est-ce pas, mes chers amis, que vous receviez avec intelligence, avec foi, dans la ferveur, ce grand sacrement de confirmation! C'est pour vous aider, c'est pour tenir vos attentions mieux éveillées et vos cœurs plus ardents, que je vais vous rappeler en quelques brèves paroles l'auguste signification des cérémonies par lesquelles la grâce sacramentelle vous sera conférée. Écoutez-moi bien.

La première cérémonie sera l'imposition des mains. Vous le savez, mes enfants, dans l'ancienne loi, les patriarches, avant de mourir, et pour attirer les grâces du ciel, imposaient les mains sur la tête de leurs fils. Lorsque le grand prêtre récitait, aux jours solennels, la formule des bénédictions, il étendait les mains sur le peuple. Noti'e-Seigneur, vous ne l'ignorez pas

davantage, imposait les mains aux petits enfants qu'il bénissait... Oh ! les heureux enfants, n'est-ce pas, qui ont senti sur leurs fronts les mains divines, toutes pleines de caresses et de miracles! Moins heureux que vous, cependant, qui, ce matin, avez senti dans la communion le Cœur de Jésus battant sur votre cœur !

Monseigneur,

Héritier de la majesté des patriarches, de la sainteté du grand prêtre, de la puissance de Jésus-Christ, vous allez étendre sur ces têtes d'enfants vos mains chargées de bénédictions, et appeler l'Esprit du Seigneur. Cet appel, il sera vibrant, nous en sommes sûrs, ardent, irrésistible. Le ciel va s'ouvrir; l'Esprit septiforme va descendre, et des prodiges de rénovation vont s'accomplir.

Et vous, mes chers enfants, et nous tous avec vous, à chacun des appels de notre bien-aimé Pontife, nous allons dire amen. Amen à l'Esprit de sagesse et d'intelligence; amen à l'Esprit de conseil et de force; amen à TEsprlfde science et de piété ; amen à l'Esprit de crainte du Seigneur.

Après l'imposition des mains, le pontife s'avancera vers vous pour passer en quelque sorte la revue de l'armée sainte qui veut s'engager sous les drapeaux du divin Roi. — Ton nom, jeune soldat? — Votre nom, mes chers enfants, votre nom de baptisé est le nom d'un héros qui a combattu le bon combat et remporté la victoire. Il me semble que, durant la cérémonie, il sera debout à vos côtés, sous l'image de votre parrain.

et qu'il vous présentera lui-même pour l'em^ôlement sacré à Tévêque, votre capitaine.

C'est maintenant que le pontife, trempant sa main dans le chrême, fait sur votre front une onction en forme de croix : « Signo te sir/no crucis et confirmo te chrismate salutis. Je te signe du signe de la croix et je te confirme du chrême du salut au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit. » Puis, de ses doigts, doucement, il frappe votre joue en redisant cette parole que Jésus aimait : « Pax ^ecwm.^ Confirmé, paix à toi! »

Pourquoi, mes chers enfants, cette onction mysté rieuse? Ne vous en étonnez pas, c'est en quelque sorte votre sacre. L'Eglise vous traite comme elle traite les rois et les prêtres. Rois, vous ne serez point assujettis aux créatures dégradantes, aux sens pervers, aux anges rebelles. Vous ne serez point dominés. C'est vous qui dominerez. Nulle force adverse ne fera tomber de votre front la rovale couronne, ni de vos mains le sceptre. Enfants, vous êtes rois ; voilà pourquoi le sacre; voilà pourquoi l'onction.

Vous êtes prêtres aussi, d'une certaine manière. Qu'est-ce à dire? Entendez, mes chers enfants, que vous devez offrir à Dieu un sacrifice, le sacrifice de tout ce qui est digne de lui : cette création baignée dans sa lumière et dans son amour, les champs et les bois, les fleurs et les fruits, les fleuves et les mers, et les soleils et tous les cieux, tout votre domaine, en un mot, ô rois de la terre, et vos "pères et vos mères, et, pardessus tout, vous-mêmes, vous-mêmes tout entiers, vos veines et votre sang, votre cœur avec ses généreuses aspirations et votre âme avec ses puissances ;

VOUS immolerez tout, dans un holocauste embrasé, enfants à votre père, soldats à votre capitaine.

Cette onction royale et sacerdotale se fait avec le saint chrême, de Ihuile embaumée, de l'huile d'olive mêlée avec du baume. Oh! que la matière est bien choisie! Lhuile s'attache, s'étend, pénètre avec douceur, et c'est ainsi qu'elle exprime la grâce, la grâce que TEsprit-Saiut va faire couler de Jésus-Christ, le chef universel, survous qui êtes ses membres, comme ces parfums dont il est parlé dans un psaume, et qui de la tète du grand prêtre Aaron coulèrent jusque sur la frange de ses vêlements ^

L'huile fortifie. Tel est aussi TefTet de la Confirmation. Elle alTermira la grâce baptismale en vous. Elle y ajoutera une grâce qui lui est propre,- une grâce de perfectionnement, de consommation, de force divine : force de mémoire pour n'oublier jamais les vérités dont vos catéchismes ont imprégné votre âme; force d'entendement pour mieux comprendre encore le dogme et la morale, la solidité inébranlable de la religion catholique, sa beauté sans égale et sa grandeur; force de volonté pour confesser hardiment votre foi, pour lutter contre le respect humain, contre les passions déshonorantes, contre les railleries, les injustices, les scandales de l'impiété et les persécutions, pour tenir, en un mot, haut et ferme, dans la lutte personnelle et dans la mêlée sociale, le drapeau de Jésus-Christ Noire-Seigneur. Vous devinez, n'est-ce pas, comme il importe de recevoir et de bien recevoir

i. Ps. cxxxii, 2. — Sicut unguentum in capite, quod descendit in barbam, barbam Aaron, quod descendit in oiam vestimenti «jus.

ce grand sacrement dans les temps périlleux où nous vivons.

L'huile fortifie. Elle éclaire aussi, s'enflamme et brûle, comme, tout à Iheure, vos âmes, très chers -enfants, quand elles seront la douce proie de cet Esprit que la liturgie appelle du feu : ignis\ un feu-amour : ignis, caritas.

Le baume qui est mêlé à l'huile dolive exhale un parfum très doux. Saisissant emblème du chrétien, qui doit répandre « la bonne odeur du Christ* ». Ckrisma, Christus^ Christiamis. Oh 1 soyez, mes chers confirmés, soyez tout embaumés de Jésus-Christ. Et ce divin parfum, ce parfum qui donne la vie : odor vitx in vitam^, portez-le à vos parents, à vos maîtres, à vos amis... Ce matin, vous avez reçu votre Dieu, le sacré froment de la table sainte. Il me semble qu'après la Confirmation vos pères et vos mères vont dire en vous embrassant ce que le vieil Isaac disait de son Jacob : « Ecce odor filn mei siciU odor agri pleni oui henedixit Doriiimis^. Mon fils sent bon comme un champ de blé; il exhale le parfum des gerbes mûres. »

Le baume n'est pas seulement un parfum : il conservée ; il préserve de la corruption, emhairme les corps. L'Esprit-Saint, mes chers enfants, va embaumer vos âmes. Si vous saviez jusqu'à quel point vous avez besoin de ce préservatif! Vous allez vivre dans le monde, c'est-à-dire dans une atmosphère viciée par •des respirations morbides et que vous aspirerez

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