Jûan. IV, 14. — Fons aquae salientis in vitam aetemam
temple, jusqu'à ce que vous ayez créé en vous une raison solide, une foi consistante, capables Tune et l'autre de tenir debout dans les orages des passions et dans les aveuglants tourbillons du monde.
Or donc, dès maintenant, autour de vous, opposez à Tenvahissement de Terreur et du mal, — Terreur se glisse partout, et le mal a, pour s'insinuer, des facilités si prodigieuses qu'elles sont parfois déconcertantes, — opposez, ainsi qu'une force vaillante, votre exemple et votre parole.
Jamais de respect humain : c'est une lâcheté.
Haine vigoureuse du mensonge et protestation énergique contre ces paroles qui éveilleraient en vous et dans les autres des révoltes humiliantes.
Soyez forts, soyez fiers, soyez des hommes et des chrétiens...
Voilà votre œuvre; elle est immense; elle vous réclame tout entiers. Ce n'est donc pas la mort qui doit régner au collège, ni même le sommeil ou Tengourdissement des facultés; mais la vie de toutes les puissances de Tàme, la vie intellectuelle, la vie morale, la vie divine, une vie pleine, large et profonde, intense et jaillissante... Et c'est ainsi, chers et bienaimés enfants, que vous croîtrez, comme Notre-Seigneur, en âge, en sagesse et en grâce devant Dieu et devant les hommes. C'est ainsi que vous vous rendrez dignes de votre collège, dignes de vos parents, de la patrie et de Dieu.
Ainsi soit-il.
TRiVÂIL, DOILEUR ET MORT
Avez-vous entendu, mes chers amis, les antiennes que Ton chantait tout à l'heure pendant la distribu- I tion des cendres? « Changeons nos vêtements; couvrons-nous de la cendre et du cilice ; jeûnons et pleurons devant le Seigneur; car notre Dieu est tout miséricordieux, et il nous remettra nos péchés. Entre le vestibule et Tautel, les prêtres, ministres du Sei- ■; gneur, pleureront et diront : « Pardonnez, Seigneur, j « pardonnez à votre peuple, et ne fermez pas la bouche « de ceux qui chantent vos louanges. »
La sainte Église nous rappelle que nous ne sommes, au regard de Dieu, que cendre et poussière, néant révolté, et, par suite de notre rébellion, des condamnés à mort.
A l'origine cependant, lorsque nous sortions des mains du Créateur, ce n'est point de la mort qu'il s'agissait.
C'est même une vérité de foi, mes chers enfants, que, dans le premier plan de Dieu, Thomme, établi dans un paradis où tous les biens abondaient, serait monté au ciel, quand le Maître l'aurait voulu, sans avoir connu les humiliations d'un travail maudit, les angoisses de la douleur et les affres de la mort.
Mais si bon que soit notre Père, du moment qu'il y
a eu révolte, rattribut terrible, la justice, devait apparaître. L'homme sera donc puni.
Toutefois, comme le châtiment va être réglé par l'infinie miséricorde, entre TofTense et la punition vous verrez de divines harmonies. Ce châtiment qui devait broyer la créature, vous verrez le Créateur le transformer en un puissant moyen de régénération.
Méditons, sous forme d'homélie, le texte de la Genèse.
Et Lieu dit à Adam : « Parce que tu as mange' du fruit de V arbre défendu^ la terre sera maudite à cause de toi. Elle te produira des ronces et des épines, et tu mangeras ton pain à la sueur de ton fronts »
Le travail pénible, voilà la première conséquence du péché, voilà la première loi du monde déchu ^.
Dieu avait fait à l'homme une défense. Parmi tant d'arbres et de fruits, était-ce donc si difficile de s'abstenir d'un seul? L'homme était libre : il a voulu faire acte d'indépendance; il était roi : il a voulu étendre, au mépris de Dieu, sa royauté jusqu'à cet arbre et jusqu'à ce fruit. Le crime d'Adam a été un acte d'orgueil. Et voilà que, suivant la grande loi divine, qui s'applique ici déjà pour la seconde fois, le coupable a été puni par où il a péché. Tu veux