‹ Travailler a son ameChapitre 149 sur 168 · XI, 1. — Ex yEgjpto vocavi filium meum · texte numérisé non relu

XI, 1. — Ex yEgjpto vocavi filium meum

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plus riche en son blanc vêtement que Saloinon dans sa pourpre royale ; le cep de vigne qui envoie la sève aux pampres chargés de raisin ; la poule et ses poussins; le bon Samaritain et le pauvre blessé ; le bon Pasteur et la brebis égarée; les enfants dans les bras de Jésus ; le prodigue dans les bras de son père; le jeune homme que Jésus aima du premier regard : intuitus eum dilexit ; la résurrection de l'adolescent de Naïm : adolescens, tihi dico, surge; le Thabor et le puits de Sichem ; Bélhanie ; le Cénacle et l'Eucharistie; Jean sur le Sacré-Cœur: Gethsémani ; le Calvaire; le coup de lance; les apparitions du divin ressuscité ; les disciples d'Emmaûs ; la main de Thomas l'incrédule dans la plaie du sacré Côté, et tant d'autres pages qui sont des foyers d'amour et des splendeurs de poésie.

Lisez, relisez, savourez, et, quand vous aurez fini, recommencez encore et toujours. Couvrez de vos baisers ce divin livre ; et, après y avoir imprimé vos lèvres, « livrez-vous à lui, suivant le conseil du P. Lacordaire ', comme à l'âme de votre mère. Votre mère venait de Dieu, et elle vous aimait ; l'Évangile aussi vient de Dieu, et c'est le seul livre qui ait reçu le don d'aimer. » Puis, quelquefois, pensez à Joseph, et dites-vous : Le saint patriarche ayant, par son obéissance, sauvé Jésus, nous lui devons d'une certaine manière l'Évangile,... et remerciez-le 2.

1. Lettres à un jeune homme sur la vie chrétienne. Deuxième lettre, p. 317, t. IX des Œuvres. Edit. in-8. Paris, Poussielgue, 18'Î2.

2. Nous avons consacré dans Jésus-Christ et Satan deux conférences à « la Parole de Notre-Seigneur dans l'Évangile ».

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La meilleure manière de lui prouver votre gratitude^ ( c'est d'imiter son obéissance. Obéissance, vertu difficile qu'on apprend toujours et qu'on ne sait jamais. L'obéissance va jusqu'à la racine de l'être. Elle demande le sacrifice de ce qu'il y a de plus intime en nous, de plus vital, la volonté. L'obéissance immole la volonté, c'est-à-dire la personne elle-même, ni plus ni moins.

Pour bien obéir, habituez-vous, mes chers enfants, à voir Dieu dans vos maîtres, et vous obéirez aveuglément. Si l'on permettait de raisonner Tobéissance, on détruirait par là et du même coup la vie commune. L'obéissance doit être aveugle, non pas du côté de Dieu : car, de ce côté-là, elle est très lumineuse» puisque l'on sait qu'en définitive c'est à lui qu'on obéit ; mais aveugle du côté des hommes : car, de cfr côté, on n'a rien à voir de ce qui est humain; celui qui me commande est-il légitimement mon supérieur ? si oui, obéissons : il représente Dieu.

En obéissant à vos maîtres, ayez l'intention d'obéir à Dieu. Saint Paul disait cela à ses fidèles d'Éphèse : « Obéissez dans la simplicité de votre cœur, comme^ vous obéiriez au Christ ; voyez dans vos maîtres non pas des hommes, mais le Seigneur <. » — « Obéissez, disait-il encore, non pas parce qu'on a l'œil sur

1. Ephes. VI, 0, 6, 7. — Obedite... in simplicitate cordis vestri^ sicut Christo... et non hominibus.

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Yous : non ad ociilum servientes, non pas même pour faire plaisir aux supérieurs : quasi hominibus placentes, mais parce que tous voulez servir Jésus- Christ : sed ut servi Christi. Ce que les créatures sans raison font nécessairement, fatalement, sans mérite, faites-le, vous, librement, amoureusement. Oui, mettez l'amour de Dieu dans votre obéissance, mettez-y votre cœur : facientes voluntatem Dei ex ariinio *, et elle sera prompte, joyeuse, généreuse, parfaite.

Ainsi, comme Joseph, vous accomplirez toute justice : quum esset Justus -, car Tobéissance, nous l'avons dit, résume toute la morale chrétienne, et vous garderez Jésus. Vous le garderez pour vous, pour nous vos pères, pour vos condisciples, pour vos amis et vos parents, pour la Petite-Œuvre et pour rÉglise. Et l'heure viendra où vous remporterez peutêtre en Egypte, dans un monde qui ne le connaît pas, dans ces régions infidèles où vous ont devancés vos frères aînés. En ce temps-là, sur vos pas, les idoles tomberont, comme autrefois, d'après la légende, elles tombaient sur le passage du Seigneur. En ce temps-là, sous des huttes de branchages, au soir de vos journées apostoliques, vous pourrez ensemble raconter vos victoires, les victoires de Tobéissance. Vir obediens loquetur victoriarn^.

Amen.

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