‹ Travailler a son ameChapitre 152 sur 168 · Le 8 septembre 1869. — Voir les Œuvres an tome VI · texte numérisé non relu

Le 8 septembre 1869. — Voir les Œuvres an tome VI

la vierge. Quels admirables reflets de beauté cet j tête modeste de la Vierge ne devait-elle pas envoy. -sur la tête auguste du Sauveur, du Verbe fait chair, c celui dont l'humanité sainte fut le chef-d'œuvre d doigt divin, qui épuisa, pour en former les sacrt linéaments et les proportions adorables, toutes le délicatesses de ses touches, toutes les industries et le ressources de son art infini ! Comme ces deux figure s'embellissent, se perfectionnent lune par l'autre Ecce tupulcher es, dilecte mi, et decorus. Ecce tu j)ul\ <ihra es, arnica mea. » Longtemps auparavant, uil. autre évéque, du nom de Bossuet, avait suavemeni ' écrit, en s'adressant à l'Enfant Jésus : « Aimable En fant, heureux ceux qui vous ont vu, hors de vos langes, développer vos bras, étendre vos petites mains, caresser votre sainte Mère et le saint vieillard qui vous avait adopté, ou à qui plutôt vous vous étiez donné pour Fils ; faire, soutenu, vos premiers pas ; dénouer votre langue et bégayer les louanges de Dieu votre Père ! Je vous adore, cher Enfant, dans tous les progrès de votre âge, soit que vous suciez la mamelle, soit que, par vos cris enfantins, vous appeliez celle qui TOUS nourrissait, soit que vous reposiez sur son sein et entre ses bras ^.. »

Du sein et des bras de Marie, Jésus est descendu à terre. Près de sa Mère, à Nazareth, il a grandi, selon <{u'û est écrit : « L'enfant croissait en sagesse, et en grâce, et en âge, devant Dieu et devant les hommes. » Tout ce que nous savons, ou à peu près, des relations de Marie avec l'Enfant Jésus, le voilà.

1. Ëlévalions su-r les Mystères, vingtième semaine, première Elévation.

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Les soins dont la Vierge-Mère entoura le divin En- ''ant à Nazareth, il est vraisemblable qu'après TAs- " tension elle les prodigua aux petits enfants de Jéru- 'salem. A dire vrai, nous n'en savons rien, et cependant nous en sommes sûrs. Comment douter que les 'îpôtres, et saint Jean en particulier, chez qui demeu- 'ait Marie, ne se soient occupés pas des enfants, espérance de rÉglise en ce temps-là comme en tous les temps? Or, nous savons que la très sainte Vierge prit une large part aux commencements et aux développenents du christianisme. D'autre part, ne croyez-vous 3as que les mères chrétiennes se soient empressées le porter leurs enfants à la Mère de Jésus, comme autrefois elle les portaient à Jésus lui-même?

Un prêtre qui nous a livré ses vues^ des vues sous^ent profondes et toujours charmantes, sur les derlières années de la très sainte Vierge, nous représente Marie sortant de sa maison de Sion, appuyée sur le bras d'une Cléophas et d'une Salomé. « Voici venir, dit-il, une chrétienne qui tient par la main son eune enfant. Elle s'arrête, elle se penche à l'oreille de ce petit baptisé, elle lui dit à voix basse : « Vois- « tu la Mère du Seii^neur Jéjsus ? Regarde-la bien, mon « fils. » L'enfant regarde; soudain il se détache de sa mère; il court à Marie pour la voir de plus près. Marie s'arrête. Elle fait ce que faisait Jésus quand il rencontrait des enfants : elle caresse ce petit ; elle le

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touche au front; elle le bénit; elle Tembrasse. Ou souvenir cette vue a réveillé dans son cœur ! Ce ainsi qu'était Jésus à cet âge ! Ainsi il lui tendait b bras! Ainsi il cherchait sa main et ses lèvres ! Ce pet est pour Marie un second Jésus ; il porte Jésus ave lui, comme un bouton porte et promet une rose Marie croit entendre Jésus qui lui dit, comme a 1'^ Calvaire : « Femme, voici ton fils! il est de notnl''^ « famille; il a reçu de notre sang avec Teau de soil^ « baptême ; il est de ceux que je t'ai confiés; élève-l(|^ « comme tu m'as élevé ; apprends-lui à servir mor « Père en esprit et en vérité K « Oui, j'aime à me figurer la divine Mère entourée d'enfants et les catéchisant. Les enfants l'interrogent, avec la pieuse et vive curiosité de leur âge, sur Bethléem et l'Egypte, sur les bergers et les mages, sur Nazareth, et la divine Mère leur raconte Jésus ! ^

Comme vous auriez voulu, n'est-ce pas, mes chers enfants, faire partie de ce bienheureux auditoire I L'Évangile nous rapporte si peu de chose de la sainte Enfance, et la sainte Vierge devait se complaire en^ ces premières années bénies. Elle n'oubliait rien.l « Elle conservait tout en son cœur, » nous dit saintH Luc : Maria conservabat omnia verha hsec^ coiiferens in corde suo 2. Quels ravissants détails, quels divins épisodes, quelles adorables histoires elle devait raconter aux enfants de Jérusalem ! Heureux, mille fois heureux ceux-là qui ont entendu l'Évangile des lèvres de Marie I

1. L'abbé Perdreau, les Dernières Années de la Iressainte Vierge^ ^ deuxième édition, p. 169. Paris, Oudin, 1883.

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