II
ii Et vous aussi, mes chers enfants, vous êtes heureux. Qu'est-ce donc que la Petite-Œuvre, si ce n'est Nazareth ou la maison de Sion? Vous êtes chez Marie. Jésus est avec vous chez sa mère, puisqu'il est dans le tabernacle.
Et vous aussi, vous avez Marie pour mère. Elle vous redit souvent cette parole que saint Paul disait de luimême, et qui est bien plus vraie de la Vierge que de l'apôtre : « Filioli mei, quos iten'.m partario^ donec formetur Christus in vobisK Mes petits enfants, je vous enfante tous les jours, jusqu'à ce que le Christ ' soit formé en vous. » Pour cette divine formation elle se fait votre nourrice. « Vous serez allaités, disait le prophète Isaïe, comme les enfants des rois. Mamilla regum lactaberis^, » Elle vous donne la grâce. Elle vous donne l'Eucharistie. Pour vous, si vous le voulez, le pain des anges sera le pain quotidien : Panem angelorum manducavit homo^. Oui, et vous allez le chanter tout à l'heure avec saint Thomas d'Aquin : « Le pain des anges est devenu vraiment le pain des enfants. »
Ecce panis angelorum, Yere panis filiorum...
Ce pain, c'est Jésus, Fils de Marie, c'est sa chair,