‹ Travailler a son ameChapitre 160 sur 168 · Luc. XV · texte numérisé non relu

Luc. XV

Jourdain, sur un geste de son maître, remarque Jésus de Nazareth, il le reconnut comme étant Dieu dans la chair humaine. Bienheureux les cœurs purs : ils voient Dieu * ! Bientôt Jésus l'appelle à Tapostolat. Pour s'attacher à lui, Jean, sans balancer, quitte tout, son premier maître, son père, sa mère, ses filets et sa u^ barque. Partout il suivra le Seigneur. Là où les autres n'entreront pas, il entrera. Vous le voyez au Thabor, à Gethsémani, sur le Calvaire. Il est le premier au sépulcre. Le premier il a reconnu Jésus ressuscité. Au Cénacle, il est seul à reposer sur la poitrine de l'Homme-Dieu. Quelle familiarité ! quelle privante 1 La sainte Église n'en revient pas, pour ainsi dire, et à chaque instant elle redit, dans son office de la wSaint- Jean, ce repos du bien-aimé sur le Sacré Cœur. Jésus a voulu faire de Jean le théologien et le poète de son amour. Il avait déjà répandu sur lui tous ses dons; il veut lui en donner la source même. Tous les dons viennent de l'amour. C'est du cœur que jaillit l'amour. Jésus lui donne son Cœur : « Viens, ô mon cher disciple; je t'ai choisi devant tous les temps pour être le docteur de la charité, viens la boire jusque dans sa f source ; viens y prendre ces paroles pleines d'onction par lesquelles tu attendriras mes fidèles; approche de i ce Cœur qui ne respire que l'amour des hommes; et, pour mieux parler de mon amour, viens sentir de près les ardeurs qui me consument 2. »

Avez-vous remarqué, mes enfants, en lisant le quatrième Évangile, que saint Jean est le peintre des

1. Matlh. V, 8. — Beati mundo corde : quoniam ipsi Deum videbunt.

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