Luc. XV
Jourdain, sur un geste de son maître, remarque Jésus de Nazareth, il le reconnut comme étant Dieu dans la chair humaine. Bienheureux les cœurs purs : ils voient Dieu * ! Bientôt Jésus l'appelle à Tapostolat. Pour s'attacher à lui, Jean, sans balancer, quitte tout, son premier maître, son père, sa mère, ses filets et sa u^ barque. Partout il suivra le Seigneur. Là où les autres n'entreront pas, il entrera. Vous le voyez au Thabor, à Gethsémani, sur le Calvaire. Il est le premier au sépulcre. Le premier il a reconnu Jésus ressuscité. Au Cénacle, il est seul à reposer sur la poitrine de l'Homme-Dieu. Quelle familiarité ! quelle privante 1 La sainte Église n'en revient pas, pour ainsi dire, et à chaque instant elle redit, dans son office de la wSaint- Jean, ce repos du bien-aimé sur le Sacré Cœur. Jésus a voulu faire de Jean le théologien et le poète de son amour. Il avait déjà répandu sur lui tous ses dons; il veut lui en donner la source même. Tous les dons viennent de l'amour. C'est du cœur que jaillit l'amour. Jésus lui donne son Cœur : « Viens, ô mon cher disciple; je t'ai choisi devant tous les temps pour être le docteur de la charité, viens la boire jusque dans sa f source ; viens y prendre ces paroles pleines d'onction par lesquelles tu attendriras mes fidèles; approche de i ce Cœur qui ne respire que l'amour des hommes; et, pour mieux parler de mon amour, viens sentir de près les ardeurs qui me consument 2. »
Avez-vous remarqué, mes enfants, en lisant le quatrième Évangile, que saint Jean est le peintre des
1. Matlh. V, 8. — Beati mundo corde : quoniam ipsi Deum videbunt.